Tag Archives: Dr Okala Raphaël

Opération épervier : Dr Maurice Fezeu chez le juge d’instruction

OPERATION EPERVIER

Maurice Fezeu entendu chez le juge

Après le l’ex ministre de la Santé publique, Olanguena Awono, des coaccusés commencent leur ballet chez le juge d’instruction. C’est à cet effet que l’ex secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le sida (Cnls) a passé la journée d’hier, 30 octobre 2008, au tribunal de grande instance de Yaoundé. Avant, le procureur de la République près cette juridiction a dû délivrer une ordonnance pour que Dr Maurice Fezeu soit extrait de sa cellule à la Prison centrale de Yaoundé. L’ex secrétaire permanent du Cnls s’y est d’abord rendu le 29 octobre, soit un jour plus tôt. Mais il n’a pu être entendu. Des sources indiquent que le magistrat instructeur était visiblement surchargé et a demandé à l’entendre le lendemain.

Dr Fezeu s’explique probablement à la suite des déclarations de Urbain Olanguena Awono. L’ex Minsanté a effectivement été aperçu à « Guantanamo » à plusieurs reprises. Si les sources restent muettes quant au contenu de l’audition, tout porte à croire qu’il s’agit d’une affaire de dissipation de plusieurs centaines de millions affectés à la lutte contre certaines maladies au Cameroun. L’arrestation de d’autres responsables conforte cette thèse. Ce qui amène à croire que après Dr Maurice Fezeu, les autres suivront. Principalement les secrétaires permanents des Comités nationaux de lutte contre le paludisme (Dr Raphaël Okala), la tuberculose (Dr Wang).

Ceux-ci sont sous mandat de détention préventive à la prison centrale de Yaoundé. Ils y ont été internés depuis le 9 avril 2008 après a voir été inculpés de détournement de deniers publics, complicité de détournement etc. La mise en détention provisoire était survenue à la suite d’une dizaine de jours de garde à vue à la Direction de la police judiciaire à Yaoundé. D’autres responsables sont accusés dans cette affaire. C’est le cas de l’ex directeur de l’hôpital provincial de Nkongsamba, et ex responsable de l’Unité provinciale pour le paludisme dans le littoral, Dr Antoine Mouangue. Il est aussi sous mandat de détention préventive à la prison centrale de Yaoundé ; ce depuis le 7 septembre 2008.

Il y est arrivé en compagnie d’un certain Tseck Moïse, prestataire de service mêlé à l’affaire. Ce qui laisse croire que d’autres prestataires, à l’instar du président du groupe parlementaire du Rdpc, Ndongo Essomba, y seront bientôt sollicités. Pour certaines sources proches du dossier, l’information judiciaire en cours en entrée dans sa dernière ligne droite. Ce qui annonce l’imminence d’une ordonnance de renvoi donnant à lieu à un procès devant le tribunal de grande instance de Yaoundé.

Edouard TAMBA

Le directeur de l’hôpital de Nkongsamba en prison

OPÉRATION  ÉPERVIER

Le directeur de l’hôpital de Nkongsamba  en prison

Dr Antoine Mouangué a été placé en détention préventive jeudi dernier à la prison centrale de Yaoundé. Il serait impliqué dans les malversations financières liées aux fonds destinés à la lutte contre le paludisme. Le pénitencier continue de subir l’assaut des rumeurs

La justice n’a pas fini d’interpeller les suspects ayant flirté avec la gestion  des fonds de la santé publique au Cameroun. Deux nouveaux prévenus sont aux arrêts depuis jeudi dernier, 7 septembre 2008, à la prison centrale de Yaoundé (Pcy). Il s’agit de Dr Mouangue Antoine et Tseck Moïse. Le premier était jusqu’à son interpellation, directeur de l’Hôpital provincial de Nkongsamba et responsable de l’Unité provinciale pour le paludisme dans le littoral. Quand au second, il serait prestataire de service auprès d’un cabinet appartenant au frère du Dr Okalla Raphaël, ex secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le paludisme. Ces derniers sont pour l’instant en dans une cellule de passage à la Pcy. En attendant d’être affectés dans les quartiers du pénitencier.

Ces compagnons de malheur se retrouvent en prison après un passage chez le juge d’instruction. Ils y ont été entendus le 6 septembre 2008. C’est ensuite que le magistrat a délivré des mandats de détention préventive contre eux. Dr Antoine Mouangue et Tseck Moïse rejoignent ainsi d’autres personnes interpellées dans le cadre de la même affaire. Il s’agit notamment de l’ex ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono, des secrétaires permanents des comités nationaux de luttes contre le paludisme, le sida et la tuberculose… Tous mis sous mandat de détention préventive le 9 avril dernier.

Rumeurs en tout genre

Ces nouvelles interpellations surviennent alors que la Pcy fait l’objet de toute sorte de rumeurs. Tentatives d’évasion d’anciens hauts cadres, détenus en colère, changement de cellules pour certains… Des commissaires en service aux Renseignement généraux ont même interrogé quelques responsables de la prison pour en savoir plus. Eux aussi seraient tombés dans le panneau. « Ce sont des histoires que les gens racontent », observe le régisseur de la Pcy, Nkemanda Lebule Francis. « Je me demande à qui profite ce genre de rumeur », poursuit-il. Le régisseur assure que les anciens ministres nouvellement mis en détention dans son pénitencier n’ont jamais changé de cellule. Ce que confirme plus tard un gardien de prison. « Abah Abah est au quartier spécial 12. Mebara et Olanguena sont ensemble au quartier spécial 7 », confie-t-il.

Des indiscrétions affirment que les sommes saisies lors de la dernière fouille n’ont pas été remises aux détenus. Le régisseur n’y voit aucun problème. D’abord, « le règlement intérieur de la prison n’autorise pas le détenu à avoir plus de 20 000 francs sur lui », rappelle-t-il. Et d’ajouter : « Nous avons un registre où c’est consigné. Quand ils ont besoin d’argent, ils font une demande et on les sert. Certains se sont aussi rendus compte que leur argent est plus en sécurité ici ». Dans le même temps, des détenus ont été transférés à la prison principale de Yaoundé le 29 août 2008, toujours au quartier Kondengui. Ils sont au nombre de 130, tous des condamnés. « Comme on vient d’aménager, c’est un peu mieux qu’ici. Mais il faut préciser que ce n’est pas pour une catégorie spéciale de détenu », indique Nkemanda L. Francis. Démentant ainsi l’idée selon laquelle les locaux de l’ex police secrète seront réservés aux anciens commis de l’Etat victime des serres de l’Opération épervier.

Par Edouard TAMBA

Perquisition au domicile de Abah Abah

OPERATION EPERVIER II

Perquisition au domicile de Abah Abah

Les auditions des personnalités interpellées le 31 mars dernier à Yaoundé se poursuivent. La police continue ses enquêtes.

La nuit a dû être longue pour les personnalités interpellées lundi à Yaoundé. Ces dernières ayant dormi du 31 mars au 1er avril 2008 en détention à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Il s’agit de Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, les Dr Maurice Feuzeu et Raphaël Okala. Quand à Luc Evariste Etogo Mbezele, il serait interné dans un hôpital de la ville suite à des ennuis de santé. Hier matin, l’ambiance est quasi similaire à celle de la veille. Une trentaine d’usagers sont regroupés à la droite du bâtiment. Attendant d’être appelés. Quatre policiers sont postés devant ce qui sert de parking à la Dpj. Mitraillette au poing. Ils dévient tous les passants et usagers. ” Les avocats ne sont pas encore là. Attendez là-bas “, répond un gardien de la paix au reporter aux environs de 9h. ” Les auditions se poursuivent à l’intérieur “, affirme une source plus tard, sans plus de détails. Ce que confirme Me Nouga, conseil de Abah Abah, face à la presse dans l’après midi.
L’avocat reste avare en déclarations, quant à la procédure et les charges pesant sur les personnes interpellées. ” Mon client, tout au moins, est en garde à vue, et est détenu dans les conditions de garde à vue des cellules camerounaises. Il a difficilement accès à ses avocats et à sa famille. Avec notre intervention, il réussit quand même à rencontrer sa famille et ses avocats “, indique Me Nouga. ” Les enquêtes sont en cours, et vous saurez le reste le moment venu. Pour des besoins professionnels, vous comprenez qu’en ce moment, je ne puisse pas donner la moindre information s’agissant de cette enquête. Elle relève du secret professionnel “, poursuit-il. Me Nouga se montre plus prolixe pour dénoncer des irrégularités dans la procédure en cours. Il dit ne pas comprendre qu’on interpelle quelqu’un avant de chercher les preuves pour l’accabler. Et de se plaindre : ” Nous avons passé la journée d’hier à attendre les faits pour lesquels M. Abah est interpellé “.
Me Nouga accuse…
Comme si cela ne suffisait pas, les médias en rajoutent, selon lui. ” Mon client est jeté à la vindicte des médias. Une personne arrêtée ne doit pas faire l’objet de commentaire aussi tendancieux “, estime l’avocat. Il pense que son client ne serait pas aussi riche que le prétend des journaux de la place. ” Dans cette bataille, la presse peut être facilement instrumentalisée, au bénéfice de la pauvreté, du ‘gombo’… “, croit Me Nouga. Ces mêmes médias, selon lui, ” indiquent une certaine inimitié entre Abah Abah et le délégué général à la Sûreté nationale “. Raison pour laquelle il avoue sa gêne quant au fait que l’enquête soit menée par les services de la police. L’avocat appelle la presse à soutenir une justice crédible. ” Sans une justice crédible, il ne peut avoir de lutte contre la corruption et les détournements. Je voudrais engager une bataille pour une justice crédible dans ce pays “, lance-t-il.
Et ” pourquoi la justice va être sérieuse seulement avec Abah Abah ? Pourquoi une telle prise de position alors que d’autres personnalités à l’instar de Edzoa Titus, Ondo Ndong, Engo Désiré, Mounchipou Seïdou… en souffrent ? ” lui demande les journalistes. ” Je suis sorti au moment où je me suis senti concerné. Il m’a constitué, et j’entends faire de la même manière pour ceux qui me constitueront. Je voudrais une justice crédible pour Abah, Paul Biya ou le dernier des vandales (…) A l’heure actuelle, notre justice court un risque “, se défend Me Nouga, pressé de rejoindre son client, Abah Abah. Le domicile de ce dernier est perquisitionné depuis hier aux environs de 17h, par les soins des policiers. Ils savent certainement ce qu’ils cherchent. Wait and see.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 02-04-2008

Abah Abah, Olanguena Awono… interpellés à Yaoundé

OPERATION EPERVIER II

Cinq hauts fonctionnaires dans les filets de la police

La police a procédé à l’interpellation d’ex membres du gouvernement et autres hauts commis de l’Etat. Dix-sept personnes seraient sous la menace des serres de l’épervier, de la Justice

 

Ce n’est pas un poisson d’avril. Et la foule est sortie nombreuse pour en avoir le cœur net. La circulation au niveau de la Direction de la police judiciaire (Dpj) s’en trouve troublée, depuis 9h du matin. « Des prévenus de luxe » sont retenus à l’intérieur, selon un confrère présent sur les lieux. Deux anciens membres du gouvernement sont aux arrêts depuis hier, 31 mars 2008. Il s’agit de l’ex ministre de l’économie et des finances, Polycarpe Abah Abah., et de l’ex ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono. Une autre source affirme que l’ex trésorier payeur général du Centre, Etogo Mbezele s’y trouve aussi. Le flou règne sur l’identité des personnes effectivement interpellées, et les faits qui leurs sont reprochés. La pression des avocats auprès des policiers reste vaine. « Vous ne pouvez pas entrer », s’entendent-ils dire. « Ce n’est pas normal », rétorquent-ils en cœur.

Aux environs de 10h, la petite querelle est interrompue par l’arrivée d’un autre haut responsable de l’administration publique. Dr Okala Raphaël Marie-Thérèse, secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le Paludisme. Il avance en claudiquant, la cheville gauche bandée. Des hommes en civil le soutiennent jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière la grille. Rejoignant ainsi son homologue du Comité nationale de lutte contre le sida, Dr Feuze Maurice. Les avocats continuent de ronger leur frein. Jusqu’à ce qu’intervienne l’adjoint au directeur de la Police judiciaire. « Vous ne pouvez pas encore entrer, il faut attendre. Nous sommes entrain de prendre des dispositions matérielles et sécuritaires », explique-t-il aux avocats. La foule ne désemplit pas autour de la Dpj. Les commentaires vont bon train. Des policiers veillent, armes aux poing. D’autres filtrent les usagers, et repoussent la population.

 

Abah Abah et la Tva

C’est alors qu’une rumeur annonce que les flics « sont allés chercher Mebara [Atangana Mebara, ex ministre des relations extérieures, ndlr], ils vont bientôt arriver avec lui ». Suffisant pour retenir le monde présent. Deux avocats parviennent enfin à entrer. Et ressortent moins d’une demi-heure plus tard. « On venait d’ouvrir une audition tout à l’heure, mais elle a été suspendue. Pour l’instant on est entrain d’entendre quelqu’un d’autre », confie Me Bilong, membre du conseil de Abah Abah Polycarpe. Il précise que « c’est maintenant que le commissaire lui dit sur quoi on veut l’entendre. Ils disent que quand il était directeur des Impôts, il a reversé la Tva au Crédit foncier et que l’Inspection générale a constaté des irrégularités. Pour l’instant, c’est sur ces irrégularités qu’on voudrait l’entendre ».

Une affaire qui date de l’époque où l’ex Minefi occupait le poste de Directeur général des Impôts. A en croire Me Bilong, « c’est encore une enquête. Ce n’est pas une inculpation ». Raison pour laquelle, « pour l’instant nous n’organisons pas encore la défense », ajoute-t-il. Vers 16h, Etogo Mbezele sort de la Dpj sous escorte. L’ex Minsanté fait de même une heure plus tard. Ce à destination de son domicile pour des opérations de perquisition. Jusqu’à 18h hier, pas l’ombre de l’ex ministre des relations extérieures à la Dpj. En fin de soirée, Me Nouga, un des avocats de l’ex Minefi joint au téléphone, s’insurge contre la procédure. « C’est l’instrumentalisation de la justice. On va continuer demain. Je pars sans savoir de quoi on l’accuse. Ils parlent seulement de détournement de deniers publics. C’est ridicule », se plaint-il. Le même flou règne sur le cas des quatre autres.


Abah Abah : de la rumeur aux arrêts

« Peut-être que ça va arriver. Mais pour l’instant je suis encore chez moi », lançait Abah Abah aux journalistes le 20 mars 2008, devant le portail de sa résidence au quartier Odza à Yaoundé. C’est donc arriver hier, 31 mars 2008, au petit matin. Il a été sorti de son lit douillet à la demande des éléments du Groupement spécial des opérations (Gso), conduit par leur commandant Martin Claude Foh Soua. Ce dernier lui demande de mettre une tenue convenable. Puis Abah Abah se met au volant de sa Peugeot 307 pour suivre les flics. La première halte a lieu au siège du Gso au quartier Ekounou. Près de trois quarts d’heure plus tard, le cortège s’ébranle en direction de la Dpj. Abah Abah y entre vers 9h, et n’en est pas sorti jusqu’à 20h hier.

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 01-04-08