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En route pour Gor, suivez-moi… [suite et fin]

 

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Cette euphorie sera brutalement interrompue…

Il pleut des cordes. Nous perdons de la vitesse. Madingring s’éloigne. Gor aussi. Je commence à prendre l’avertissement d’Aziz au sérieux. Si à 16h nous ne sommes pas encore à destination, comment allons-nous rentrer ? Je suis à nouveau interrompu par une bande de singes. Surpris de nous voir, ils courent d’abord le long de la route avant de bifurquer à gauche pour certains et à droite pour d’autres. Sous la pluie, je n’ai pas pu identifier l’espèce. Continue reading

En route pour Gor, suivez-moi…

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J’ai connu de bien pires aventures sur les routes au Cameroun. Yoko, Djoum, Mintom, Beslebot, Ngoro, Ebom Essawo, Lolodorf… ont été de longs supplices. Tous multipliés par deux. Parce que une fois arrivée à destination, il faut faire le même chemin pour rentrer d’où on vient. Pour les cas précédents, j’étais prévenu. Je savais où j’allais. Mais ma dernière sortie en date a ceci de particulier que je n’ai rien vu venir. Il était question d’aller à Ngor. Une localité qui serait pas loin de Garoua. Un collègue nous dit que si effectivement ce n’est pas loin de Garoua, il s’agit de Ngong et non Ngor. Ah très bien, suis déjà passé par là en 2013. C’est tout confiant que nous débarquons à Garoua. Un coup de fil à la personne à rencontrer et elle de nous dire « c’est après Garoua… ». Ok. Très bien. La personne a quelque souci avec le Français. On ne s’en rend pas vraiment compte.

Le matin du départ, on prend notre temps. C’est au petit déjeuner qu’on rappelle quand-même la personne pour lui demander d’indiquer le village. Il dit, « ce n’est pas Ngong, c’est Gor. Sur la route de Madingring ».

Quoi ? Madingring ? C’est où ça ? Allô Google Maps ? Bingo ! C’est à 296Km de Garoua. Bien plus que les 100Km qu’on prévoyait. Et puis il a dit « sur la route de… », donc c’est avant. Si ça se trouve, on fera moins que les 296Km indiqués par Google Maps.

Nous informons le conducteur du véhicule. Sa réaction n’est pas très encourageante. Mais il dit qu’on peut y aller. Très bien. Allons-y. J’ai programmé un tour au Chebiz pour le soir. Je ne peux pas traverser Garoua comme ça. Sans faire un pèlerinage à Yelwa.

Un ami journaliste me dit que je devrais quand-même prévoir qu’il y a une possibilité que nous ne rentrions pas le même jour. « C’est loin hein…. Vous allez traverser de parcs nationaux », me prévient Aziz. Ok. Probablement qu’il est un peu alarmiste.

10h30. Vroooooom, on est parti. Le soleil s’est levé. L’herbe est verte. Le paysage est tout vert. C’est par cette route que nous sommes arrivés de Ngaoundéré la veille. Mais c’était la nuit et je n’avais pas eu le temps d’apprécier ce décor sponsorisé par la saison pluvieuse.

Plusieurs kilomètres après Ngong et l’entrée de Poli, on bifurque à gauche. Première pause à Guidjiba. Je fais le plein de thé chaud. Et j’approche un monsieur souriant qui semble vouloir me vendre quelque chose. En fait il croyait que j’allais à Tcholliré. C’est un « transporteur ». Je lui dis, qu’on va vers Madingring. Sa réaction n’est pas très encourageante. Je lui souhaite un bon voyage. Il me retourne la politesse.

J’avance à pied pour lire une plaque au bord de la route. « Le parc national de la Benoue vous souhaite la bienvenue », dit la plaque. C’est à cet endroit que le voyage reprend. La nationale N13. Une piste en terre. La suite sera donc sans bitume. Début de la deuxième étape. Il est 12h30.

De hautes herbes et des arbustes de part et d’autre de la piste. C’est la savane. Malgré les pluies, la piste est sèche. On roule plutôt bien. Mais vitesse limitée à 60km/h. Les eaux de ruissellement ont creusé des tranchés. Faute de rigoles aménagées. Les ponts sur les « mayo » sont particulièrement vieux.

On rencontre 2 soldats du BIR. Assis. Au sol. Vu la couleur des pierres à leurs pieds, ils y ont fait du feu. Ils y ont probablement passé la nuit. Plus loin, c’est des militaires et des gardes-forestiers que nous croisons. Ils sont sur deux motos. Les militaires ont des kalachnikovs, tandis que les éco-gardes sont armés de fusils ressemblant à des MAS 36. Comment peuvent-ils repousser des braconniers qui très souvent sont aussi armées de Kalach ? En tout cas, rassurant de savoir que l’Armée les assiste.

Nous croisons d’autres motocyclistes sur le chemin. Maradi, Gouga, Taparé… les villages défilent et se ressemblent. Murs en terre. Toits coniques en paille. Et très souvent ces cases sont dans une clôture de natte tissée. Les commerçant ne manquent pas à l’appel. Carburants, callbox, produits manufacturés et à manger. L’agriculture ici règne en maitre absolu. Chers activistes du genre, ne me demandez pas pourquoi on ne dirait pas « l’agriculture ici règne en maitresse absolue ». Je ne sais pas. Je suis surtout préoccupé par le temps qui passe.

C’est peut-être une impression, mais on dirait que chaque village a une école primaire. Je reviens sur le décor pour constater que des plantations apparaissent. Maïs. Mil. Cotons. Arachide. En plus des cases, ça change un peu de cette savane et son vert infini. Il y a aussi au loin des chaines de montagnes. Et j’allais oublier les piétons et le bétail. Beaucoup de femmes et d’enfants portant des charges. Du bois, de l’eau… Ici les bororos et leurs calebasses de lait frais sont faciles à reconnaître. Beaucoup de moutons. Quelques chèvres. Des bœufs. En troupeaux et en duos pour servir de machine à retourner la terre, avant les semailles.

Les villages continuent de s’enchaîner. Jusqu’à ce qu’on arrive à Tcholliré. Tristement célèbre grâce à sa prison. Il est 14h. Les montagnes tout autour lui donne un certain charme. C’est la plus grande agglomération de cette deuxième étape de notre voyage. Compagnie de gendarmerie. Brigade de gendarmerie. Sous-préfecture. Des écoles, des bâtiments administratifs. Une usine de la Sodecoton de l’autre côté du Mayo Galke. Couverture en 3G du réseau MTN. Tcholliré n’est pas un village. Krouc si. C’est juste après. Il y a une entrée qui mène à l’un des campements du parc de Bouba Ndjida. L’une des plus grandes réserves fauniques d’Afrique centrale. Avant de devenir un parc national, c’était le territoire de chasse du lamido Rey Bouba. C’est dans ce parc qu’a été aperçu le rhinocéros noir pour la dernière fois en Afrique. L’extinction de lespèce a été annoncée en 2006.

Aires protégées. Zones de chasse. La signalétique s’intensifie. Et une plaque nous fait savoir qu’on est à 78Km de Madingring. Il est 15h. Gor où on va n’est pas sur le chemin de Madingring, c’est après. Plus loin. En roulant à 40-50Km/h, on est parti pour au moins 2h de route encore. Le village se raréfient à nouveau. La verdure de la savane à perte de vue. Quelques oiseaux. Et subitement, le chauffeur ralenti. Il dit avoir vu une girafe. Il me faut quelques secondes pour distinguer le pelage de ce géant, que les arbustes cachent. Waouh ! Je vois sa tête. Elle n’est pas seule. Le véhicule avance lentement. Je maudis ces arbustes.

Et surprise quelques mètres devant. Il y’en a une qui est bien visible. Je suis comme en transe. Je descends du véhicule. Armé de mon appareil photo. Je shoote sans arrêt. Je rate toutes mes photos. L’émotion. Je m’en rends compte. La girafe me regarde. Comme étonné de me voir là. Les autres membres du groupe se sont éloignés. Elle pose, tel un mannequin. C’est parti pour une nouvelle rafale. Elle se retourne et se met à manger des feuilles. Il est 15h45. Le spectacle a durée moins de 3mn. Nous repartons. Je suis encore charmé. C’est la première fois que je filme un animal sauvage, en liberté. Dans son milieu naturel. Je m’aperçois à la une de National Geographic. Je viens de gagner la coupe du monde. Cette euphorie sera brutalement interrompue…

#kmertour: A la découverte du restaurant Iya Buea

#kmertour: Comment préparer une ascension du Mont Cameroun

Sur un flanc du Mont Fako... février2015, @ETAMBA

Sur un flanc du Mont Fako… février2015, @ETAMBA

Il ne pleut pas depuis quelques semaines sur une partie du Cameroun. C’est un moment qu’affectionnent les touristes. Et plus encore les randonneurs. C’est le moment d’aller à l’assaut de quelques flancs de montagnes. Manengouba, Alantika, Mbatpit, Fako, Bamboutos, Batcha/Batchingou, Eloumden… et le plus majestueux de tous, le Fako aka Mont Cameroun.

Mais avant d’y aller, quelques conseils et précautions à prendre pour que la plaisante aventure ne tourne pas au cauchemar.

D’abord la préparation physique. Conquérir ces sommets exige quelques kilomètres. A pied. Cette marche va faire appel à vos pointes de pieds, vos talons, vos genoux, votre dos, vos poumons, votre cœur, votre cerveau. Il vaut mieux se préparer un peu. Un peu de jogging et de marche sportive quelques semaines avant ne vous feront pas de mal. Au contraire.
Puis le repérage afin de se faire une idée du parcours, du niveau de difficulté et trouver des compagnons de route à défaut d’un guide. N’y allez jamais seul. Vous pouvez vous perdre ou alors avoir un bobo.

Ensuite l’équipement. Le parcours, la pente, le sol, la végétation et le climat ne sont pas identiques d’une montagne à l’autre.

Le choix des chaussures est donc déterminant. Dans tous les cas, des chaussures fermées et pas neuves sont recommandées. Elles glissent moins sur la verdure, la poussière et les petits cailloux et les grandes pierres. Les chaussures de course que vous avez souvent portées feront l’affaire parce qu’en plus d’être légères, vos pieds et plus particulièrement vos orteils les ont déjà apprivoisés.

Il vaut mieux être entièrement couvert. De la tête aux pieds. Sauf si vous êtes un sportif qui arpente monts et vallées en courant. Plus vous montez et moins il fait chaud. Si vos articulations prennent froid, vous allez souffrir. Surtout en descendant. Et probablement trébucher plusieurs fois et même tomber.

Armez-vous d’une canne. Un manche à ballet fera l’affaire. Vous vous rendrez compte du fait que vos deux pieds ne suffisent plus pour l’équilibre. Autant en montant qu’en descendant. Surtout quand vous vous arrêtez pour :

– Reprendre votre souffle
– Prendre une gorgée d’eau
– Admirer la végétation environnante et le paysage
– Prendre une selfie
– Essayer de comprendre comment un gosse de 14 ans ou une mémé de 73 vient de vous dépasser sans avoir l’air essoufflé.

Prévoyez un petit sac : banane, bandoulière ou à dos. Vous y mettrez une bouteille d’eau. Quelques fruits. Peut-être du sucre en carreau ou des barres plus vitaminées. Et d’autres accessoires comme un téléphone, un gps, une torche, un appareil photo, une canne à selfie, du papier hygiénique (oui oui)…

Autre point, la veille de l’assaut. Dormez tôt. J’en connais qui se fichent pas mal de ce conseil.

ngimbis

Dormez tôt. Au dîner, mangez léger. Evitez les produits laitiers. Evitez boissons alcoolisées et repas qui pourraient perturber votre digestion. Une diarrhée ça coûte cher en hydratation et donc en énergie.

Avant-dernier point, grignotter quelque chose avant d’y aller. Attaquez en marchant. Continuez en marchant. Ecoutez votre cœur et permettez-lui de vous garder en vie. N’essayer pas d’aller au rythme des autres. N’essayer pas d’arriver absolument où les autres sont arrivés. Votre seul adversaire, c’est vous. Et ne l’oubliez pas, plus vous montez et plus difficiles sera la descente. La partie la plus dangereuse des randonnées en montagne. Si vous avez ménagez vos chevilles et vos genoux en montant, ils vous aideront à descendre dignement. Sinon, ce sera une série de roulades en boule.

Derniers points, faites de l’exercice au lendemain de la randonnée. Marchez sur quelques kilomètres. Sinon, vos douleurs au corps vont vous sembler éternelles… J’en connais aussi qui en savent quelque chose.

Edouard TAMBA

Nukeboard: La plateforme made in Cameroon pour la gestion des offres d’emploi

Screenshot

Screenshot

Vous comptez lancer un site web dédié à l’emploi ? La plate-forme Nukeboard.co pourrait vous aider à gagner du temps. Nukeboard c’est le nouveau bébé de Njorku.com. Une sorte de WordPress pour la gestion des offres d’emplois qui peut intéresser les individus, les agences spécialisées en ressources humaines et les entreprises. Le site web Buea Jobs est une illustration des possibles usages du nouveau service.

Au détour d’un court séjour de Churchill Mambe Nanje à Douala, je l’ai rencontré pour qu’il nous apporte plus d’informations à propos de Nukeboard. Une petite interview improvisée et réalisée avec mon téléphone. D’où les soucis que vous noterez avec le son et la stabilité des images 🙁

Churchill est déjà un vétéran du jeune écosystème du numérique au Cameroun. Basé à Buea, il est derrière Afrovisiongroup.com, Njorku.com et désormais Nukeboard. Ce dernier né bénéficie probablement de l’expérience acquise grâce à Njorku. Car tout y est automatisé. Probablement grâce à l’algorithme du moteur de recherche Njorku.com qui se raffine et s’adapte aux évolutions des usages et des technologies.

Edouard TAMBA

Pour une carte d’identité, attendez l’année prochaine

– Siouplait madame, j’ai besoin d’une nouvelle carte d’identité

Je vais à quelle porte ?

– Une carte d’identité ? Ce n’est pas possible. Il n’y pas de matériel.

– Euye ! Hein ? Que quoi ?

– Il n’y pas le matériel depuis plus d’un mois.

– Madame, c’est seulement dans votre commissariat ?

– Vous pourriez m’indiquer un commissariat où il y’en aurait ?

– Même à Yaoundé, il n’y en a pas. C’est dans tout le pays. Mais dans les arrondissements un peu reculés, il semble qu’ils ont encore du matériel…

– Donc je dois voyager pour établir une nouvelle carte ? Mince !

– 🙂

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Les chiffres du transport aérien au Cameroun de 2011 à 2013

Saviez-vous que 17742 vols en 2013? Comparé à 2012, c’est un croissance de 16,3%. Ce type de chiffre au Cameroun c’est plutôt rare. Du coup, je dis merci à l’Autorité aéronautique civile du Cameroon pour le contenu de son dernier bulletin. On y trouve assez de datails sur les types de vol pour chaque aéroport du pays. Je vous invite à consulter le document ici-bas pour plus de détails:

Je ne saurais sortir de ce post sans interpeller les gars du code et/ou les data journalists. Ca vous dirait pas de vous servir de ces données pour des visualisations plus jolies?

Edouard TAMBA

Randonnée au lac du mont Mbapit

J’ai fait le tour du “lac mystique” Mbapit à Foumbot. A pied. Ce n’était pas une randonnée prévue dans mon agenda du 29 juin 2013. J’ai dit haa! Et j’ai foncé. J’avais même pas les godasses qu’il faut pour affronter les flancs de montagnes. J’ai dit haa! Et je suis parti.

Bleu ou vert, je ne sais plus. Il avait l’ai bleu le jour là 😛

D’abord un taxi pour aller de Tamdja à Djemoum. C’est 2 quartiers de la ville de Bafoussam. C’est curieux, mais vous donnez même deux pièces de cfa100 à un taximan, il trouve le moyen de vous rembourser cfa50. Des fois, vous lisez sur le visage la culpabilité de ne vous avoir pas tout simplement rendu l’autre pièce de cfa100. Bafoussam me wanda toujours. Revenons à Djemoum. Plusieurs agences de voyages desservant le département du Noun sont installées. Après avoir payé cfa500 pour Foumbot, me voici dans un car de Didango. Une demi-heure plus loin, on est arrivé. Débarquement au marché de Foumbot. Et on fait quelques achats. Une façon de vous dire que je ne suis pas seul dans cette aventure. Continue reading

Pourquoi la téléphonie mobile coute cher au Cameroun

Ceux qui ont l’habitude de se déplacer hors du Cameroun le savent mieux. Les appels téléphoniques au Cameroun ont des pris plutôt élevés. Comment procèdent des pays tels que le Sénégal pour faire mieux que le Cameroun? A quoi sert l’Agence de régulation des télécommunications? Et le rôle du ministère des postes et télécommunications? Où est passé la révision de la loi sur les télécoms au Cameroun? La suite de ce post n’a pas vraiment les réponses à ces questions. Je profite juste d’un texte reçu de ce ministère pour les poser à nouveau. Pour ce qui est du texte ci-dessous, il s’agit d’une réponse aux questions des députés à propos des prix des télécoms au Cameroun. En l’absence du Minpostel vendredi 19 novembre 2010 au Parlement, Bello Bouba Maïgari est venu répondre son collègue et successeur Jean Pierre Biyiti bi Essam. Je ne ferais pas de commentaires sur cette sortie, de peur de biaiser quelque conclusion. Bonne lecture…

 

Monsieur le Président, Honorables Députés,

L’un des objectifs du Gouvernement, au moment où il engageait la grande réforme du secteur des Télécommunications/TIC en 1998, était et demeure de le développer, afin de permettre à tous les citoyens  de pouvoir bénéficier des avantages liés à l’utilisation des Télécommunications et TIC, à des prix abordables, quelle que soit leur localisation géographique sur l’ensemble du territoire national.

La géographie du secteur se présente à ce jour ainsi qu’il suit :

– un opérateur de téléphonie fixe (CAMTEL) ;
– deux (02) opérateurs de téléphonie mobile (MTN-Cameroon et Orange-Cameroun) ;
– de nombreux fournisseurs d’accès à l’Internet ;
– plus de sept millions d’abonnés fixe et mobile.

Ces opérateurs, pour exercer leurs activités dans notre pays, ont payé un droit d’entrée, en vue d’obtenir leur licence et consenti de lourds investissements pour mettre en place les infrastructures terrestres des Télécommunications sur l’ensemble du territoire. Le retour à l’investissement est un impératif pour ceux-ci.

Outre ces lourds sacrifices financiers, il faut ajouter les problèmes récurrents d’énergie, dus aux nombreux délestages et coupures de courant qui les contraignent la plus part du temps, à utiliser des sources d’énergie secondaires (groupes électrogènes, batteries d’accumulateurs).

Il convient de rappeler pour mémoire, qu’au moment de la mise en exploitation des licences de téléphonie mobile des opérateurs sus-évoqués dans notre pays en 2000, le coût de la communication était de 500 F la minute. Ce prix est passé entre 2003 et 2005 à 350 F la minute.

Après les malheureux événements que notre pays a connus en février 2008 contre la vie chère, le Gouvernement a prescrit à tous les départements ministériels, chacun en ce qui le concerne, de tout mettre en œuvre pour faire baisser les coûts des produits de première nécessité, y compris les tarifs des télécommunications.

C’est dans ce contexte qu’il a été demandé à l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), structure chargée d’encadrer les prix des opérateurs, d’engager des négociations avec les opérateurs aux fins de baisser les tarifs des communications.

Une première baisse, concédée par les opérateurs et basée sur les aléas des bonus et des cadrages horaires, a été jugée insuffisante par le Gouvernement. C’est à ce titre qu’il a encore été prescrit à l’ART, de poursuivre les discussions avec les opérateurs, pour faire baisser davantage les prix.

Ces négociations ont abouti, depuis le début de l’année 2010, à une baisse des prix dont la fourchette se situe actuellement en  dessous  de 100 F la minute, pour les trois (03) opérateurs.

En somme, nous sommes passés de 500 F la minute en 2000 à moins de 100 F la minute en 2010. Mais au regard des prix pratiqués par les opérateurs des autres pays de la sous-région, moins nantis que le Cameroun, ces prix sont encore trop élevés pour nos populations et une nouvelle baisse est encore nécessaire.

Il y a deux (02) semaines, le Ministre des Postes et Télécommunications a présidé une réunion à laquelle ont pris part l’ART et tous les opérateurs du secteur. L’objectif de cette réunion était  d’examiner le plan tarifaire des opérateurs et de sensibiliser ceux-ci pour une nouvelle baisse des tarifs des communications.

Au terme de cette réunion, l’ART a été instruite de commander un audit indépendant auprès des opérateurs, pour s’assurer que les tarifs appliqués par ceux-ci, reflètent les coûts. Une autre réunion est prévue dans quelques jours, au cours de laquelle les opérateurs viendront  avec des propositions concrètes.

Mais force est toutefois de relever, Honorables Députés, que pour atteindre l’objectif essentiel du Gouvernement qui est de mettre les TIC à la portée de tous les camerounais à moindre coût, les seules négociations ne suffisent pas.

A cet effet, le Gouvernement a engagé un vaste programme de modernisation de son infrastructure des télécommunications à travers  un projet de déploiement de la fibre optique sur l’ensemble du territoire national. Ce projet, qui est déjà en cours d’exécution, porte sur la pose de 3.200 kilomètres de câbles à fibre optique, portant ainsi notre réseau de câbles à fibre optique à 5.000 kilomètres.

Notre pays est aussi engagé, sous la coordination de la CEMAC, dans un projet de mise en place d’une infrastructure des télécommunications à fibre optique sous régionale de l’Afrique Centrale : il s’agit du projet Central African Backbone (CAB).

Parallèlement à ces projets de modernisation de notre infrastructure des télécommunications au niveau national et sous régional, le Cameroun est en pleine négociation avec les grandes firmes internationales des télécommunications, pour l’instauration d’un partenariat public/privé, dans le cadre de la construction des points d’atterrissement des câbles sous-marins, le long des côtes maritimes camerounaises. La construction de ces points d’atterrissement permettra  à notre pays d’augmenter la capacité de connectivité et d’augmenter ces points d’accès au réseau international. Ceci va rendre plus compétitifs les coûts de communications.

Je ne saurais terminer mon propos sans signaler que le Gouvernement a entrepris la refonte du cadre juridique du secteur des télécommunications/TIC. Une nouvelle loi régissant les communications électroniques est en cours d’élaboration.

L’entrée en vigueur de cette  nouvelle  loi, va révolutionner le secteur des Télécommunications. Elle va permettre aux pouvoirs publics, dans un proche avenir, de délivrer des licences multiservices voire des réseaux de téléphonie mobile de 3ème et de 4ème génération. L’introduction des nouveaux opérateurs dans ce segment de marché de téléphonie mobile le rendra plus compétitif et baissera davantage les coûts de communications.

Je vous remercie pour votre aimable attention./-

Cameroun : Produits en promotion, produits périmés

CONSOMMATION

Produits en promotion, produits périmés

Tout allait bien. Très bien même. Jusqu’à ce que je m’intéresse au dessous de cette boîte. N’allez pas me demander ce que j’y cherchais. Je suis comme ça. La boîte en question c’est une canette de bière. Il a fallu que je là vide pour voir les inscriptions marquées en rapport avec les dates de fabrication et de péremption. Si je m’en tiens à mes yeux et aussi au rendu de mon appareil photo, cette boisson ne devrait plus être consommée. Elle ne devrait même plus être disponible. Je parle du stock. Car il y est écrit :

Bière périmée (Ph TAMBA)

« BB 10 / 10 516

MF 27 / 01 / 10 1616 »

Je puis affirmer sans risque de me tromper que BB veut dire « Best Before ». Ramener au français, cette expression indique la période avant laquelle il faut consommer le produit. Parce qu’après cette période, les chimistes qui ont fait ces mélanges pensent que leur mixture serait dangereuse. Il vaut mieux se fier à leur avis. Parce que sinon, l’intoxication n’est pas loin. La gastroentérite aussi. Un président de la République, bien connu dans les parages, en sait quelque chose. Mais, c’est dans le meilleur des cas. Au pire, ce peut être un empoisonnement fatal.

Quant aux initiales MF, je crois que c’est une indication de la date de fabrication de cette boisson. C’est donc une bière vielle de plus de 8 mois que je viens d’avaler. Et elle est périmée. Merde. Pourquoi n’ai-je pas regardé plus tôt ? Trop tard. Je convoque la mamselle commise au service. Je ne ris plus : « C’est quoi ça ? Zavez pas vu la date-là avant de nous servir la bière-ci ? ». Elle écarquille les yeux. Visiblement plus surprise que moi. Je gronde encore : « Zaviez pas vu ça comment ? ». Là, mamselle, Yvette qu’elle s’appelle, bafouille. Puis elle tente de me dire que 10 / 10, c’est pour le 10 octobre. Ok, de quelle année ? De toutes les façons, on est justement le 10 octobre 2010. Dans ce cas, c’est toujours « Best Before ».

Dans l’affaire, mon voisin qui consommait la même boisson, à la même table dit que ce n’est pas grave. « Ce n’est pas pour si peu que j’aurai mal au ventre », affirme-t-il. Son attitude me wanda. C’est-à-dire que je suis étonné. Tellement que je mets un terme à ce culte à Bacchus qui avait pourtant bien commencé. « Vous buvez Windhoek ? Ok, Vous payez 2 bouteilles et une troisième vous est offerte », avait annoncé Yvette. Chose promise, chose due. Cependant, la troisième Windhoek de 33cl n’était pas dans une bouteille, mais dans une canette. Pourquoi ? « C’est la promotion, et en rayon, c’est plus cher que les bouteilles », avait dit Yvette. Vu la suite des événements, j’en ai conclu que Guinness Cameroon a trouvé un moyen de se débarrasser des stocks encombrants. Et périmé L

Rebelote

Il faut donc se méfier de toute opération de promotion au Cameroun. Avant mes galères de dimanche dernier, j’en ai fait la triste expérience le 20 août dernier. En route pour Douala, je prends un bus à Garanti Express au quartier Nsam, à Yaoundé. Après avoir acheté mon ticket, je fonce dans la petite boutique de l’entrée pour y acheter des chewing-gums. Et là, je trouve que les gommes que j’aime bien sont à moitié-prix. C’est même affiché. 1000 Fcfa au lieu de 2000 Fcfa. Hé oui, y a aussi les soldes de ce côté du monde. Je prends juste un paquet. Il faut laisser tout le monde en profiter. Une fois dans le bus, je mâchouille en lisant tout ce qui est écrit sur le paquet.

chewing-gum périmé (Ph TAMBA)

 

 

 

Et toc ! Ces chewing-gums sont périmés depuis le 22 février 2010. La mécanique de ma mâchoire s’arrête toute seule. Je rentre à l’endroit de l’achat. Je gronde. « Mais, c’est parce que la date de péremption est proche qu’on vous vend ça moins cher », me lance-t-elle. Imperturbable. J’insiste : « la date de péremption n’est pas proche madame, c’est périmé depuis ». Elle reste sur ses positions : « C’est la même chose ! » Je n’en crois pas mes oreilles. Je sens que le ton va monter d’un cran. Son assistante le sens aussi. Elle s’empresse de fouiller dans le stock, et il en sort un paquet pas encore périmé. « Monsieur, prenez celui-ci. On va retirer les autres du stock », me dit-elle. Je prends. Je me retourne et je pars. A Douala. En disant qu’on ne m’y reprendra plus. Moins de 2 mois plus tard… C’est trop. S’il vous plaît, soyez attentif. L’honnêteté n’est pas la chose la mieux partagée.

Edouard TAMBA