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Tsimi Evouna démolit autour du Palais des sports

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URBANISATION

La désolation encercle le Palais des sports

Les bâtisses  qui jouxtaient le palais des sports  au quartier Briqueterie à Yaoundé sont en démolition depuis jeudi dernier. La Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) reste évasive sur ses projets

Une quarantaine de maisons et des dizaines de boutiques détruites aux abords du palais des sports. Ce lundi 25 août 2008, on se croirait dans un champ de ruine après le largage d’une bombe. Des dizaines de jeunes s’activent à détruire le bâtiment de l’ex hôtel Aurore. Le toit est progressivement démonté et les feuilles de tôles rangées. La charpente et les murs en béton subissent le même sort. Les démolisseurs emploient marteaux et burins. D’autres se chargent de récupérer les matériaux extraits. Gravats, fer à béton, planches, carreaux… sont aussitôt mis en vente sur le bord de la route. Les prix varient selon l’importance et l’état de la marchandise. Un contre-plaqué coûte par exemple entre 1000Fcfa et 2500Fcfa. Un porte-tout rempli de gravats coûte 2000Fcfa. Les frais de transport sont fonction de la distance. ” Donne ce que tu as “,  suggère l’un des vendeurs à une dame excédée par le temps du marchandage.

Les déguerpis, ont désertés les lieux. “Lorsque le propriétaire d’un immeuble a appris que la Communauté urbaine était déjà entrain de casser sa propriété, Il s’est mis à délirer. Il a essayé de monter dans l’immeuble pour y mourir. Mais il a été retenu par des gens. Ensuite, il s’est évanoui. Heureusement pour lui, ses sœurs étaient là pour le conduire à l’hôpital », affirme la tenancière d’un bar à côté. En dépit de cette crise de nerfs, sa propriété a été détruite. Certaines victimes avouent leurs difficultés à se recaser. C’est le cas de M.T qui dit détenir son permis de bâtir  depuis 1967. La croix de Saint-André a été apposée sur sa maison le 20 août 2008. La Cuy est venue démolir deux jours plus tard. Cette dernière se retrouve à la rue avec 8 enfants et petits enfants, dont l’âge varie entre 8 ans et 18 ans. Elle a du s’installer chez un membre de sa famille,   à cause de l’impossibilité de trouver une nouvelle maison sur le champ. Les enfants quant à eux sont dispersés chez d’autres membres de la famille. A deux semaines de la rentrée scolaire, leur mère s’inquiète.

La chefferie démolie

L’inquiétude est aussi de mise chez Marie Mbida, la veuve du défunt chef du quartier Briqueterie,  feu Omer Vincent Mbida. La sœur de ce dernier, âgée de 62 ans, se confie, les yeux larmoyants. « Nous sommes dans ce quartier depuis 1927. Moi même je suis née ici, mon frère aîné qui a 70 ans y a aussi vu le jour. Nous avons cinq maisons dans ce quartier. Ils veulent  nous chasser sans dédommagement. Aucune expertise n’a été faite. Ils n’ont rien prévu pour nous recaser. Nous avons tout  simplement convoqué par la communauté urbaine à l’hôtel de ville Lundi 18 août 2008, pour voir notre titre foncier. Ensuite ils ont dits qu’ils verront notre dossier en fin d’année. Nous avons une marmaille d’enfants qui n’iront pas à l’école à cause de cette situation. Comment le chef de l’Etat peut accepter une telle situation ? » S’interroge Adelaïde Amougou Belinga.

La Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) déguerpit les alentours du futur Palais des sports pour divers projets. Parkings payants et autres espaces de loisirs y sont annoncés. Des indiscrétions croient savoir que les démolitions vont se poursuivre et s’étendre. Ajoutant que bon nombre de propriétaires fonciers ont été dédommagés. Le directeur des services techniques de la Cuy reste évasif. « Nous sommes encore entrain de mener des études. Vous serez informés le moment venu », déclare Arnaud Philippe Ndzana.

Edouard TAMBA

et Édith DJUIDJE