Category Archives: Ca me wanda!

#EachDayISee: Lettre à la Banque Mondiale

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Je n’en reviens pas. J’ai lu et relu cet article sur le blog de la Banque Mondiale. Je n’en reviens toujours pas.

Cette prestigieuse institution organise un concours de photos sur Instagram. Jusque là, tout va bien. La Banque Mondiale demande aux personnes intéressées de poster leurs photos sur Instagram avec les hashtag #eachdayisee et #chaquejourjevois. Là aussi, tout va bien.
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Pour une carte d’identité, attendez l’année prochaine

– Siouplait madame, j’ai besoin d’une nouvelle carte d’identité

Je vais à quelle porte ?

– Une carte d’identité ? Ce n’est pas possible. Il n’y pas de matériel.

– Euye ! Hein ? Que quoi ?

– Il n’y pas le matériel depuis plus d’un mois.

– Madame, c’est seulement dans votre commissariat ?

– Vous pourriez m’indiquer un commissariat où il y’en aurait ?

– Même à Yaoundé, il n’y en a pas. C’est dans tout le pays. Mais dans les arrondissements un peu reculés, il semble qu’ils ont encore du matériel…

– Donc je dois voyager pour établir une nouvelle carte ? Mince !

– 🙂

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Cameroun : Produits en promotion, produits périmés

CONSOMMATION

Produits en promotion, produits périmés

Tout allait bien. Très bien même. Jusqu’à ce que je m’intéresse au dessous de cette boîte. N’allez pas me demander ce que j’y cherchais. Je suis comme ça. La boîte en question c’est une canette de bière. Il a fallu que je là vide pour voir les inscriptions marquées en rapport avec les dates de fabrication et de péremption. Si je m’en tiens à mes yeux et aussi au rendu de mon appareil photo, cette boisson ne devrait plus être consommée. Elle ne devrait même plus être disponible. Je parle du stock. Car il y est écrit :

Bière périmée (Ph TAMBA)

« BB 10 / 10 516

MF 27 / 01 / 10 1616 »

Je puis affirmer sans risque de me tromper que BB veut dire « Best Before ». Ramener au français, cette expression indique la période avant laquelle il faut consommer le produit. Parce qu’après cette période, les chimistes qui ont fait ces mélanges pensent que leur mixture serait dangereuse. Il vaut mieux se fier à leur avis. Parce que sinon, l’intoxication n’est pas loin. La gastroentérite aussi. Un président de la République, bien connu dans les parages, en sait quelque chose. Mais, c’est dans le meilleur des cas. Au pire, ce peut être un empoisonnement fatal.

Quant aux initiales MF, je crois que c’est une indication de la date de fabrication de cette boisson. C’est donc une bière vielle de plus de 8 mois que je viens d’avaler. Et elle est périmée. Merde. Pourquoi n’ai-je pas regardé plus tôt ? Trop tard. Je convoque la mamselle commise au service. Je ne ris plus : « C’est quoi ça ? Zavez pas vu la date-là avant de nous servir la bière-ci ? ». Elle écarquille les yeux. Visiblement plus surprise que moi. Je gronde encore : « Zaviez pas vu ça comment ? ». Là, mamselle, Yvette qu’elle s’appelle, bafouille. Puis elle tente de me dire que 10 / 10, c’est pour le 10 octobre. Ok, de quelle année ? De toutes les façons, on est justement le 10 octobre 2010. Dans ce cas, c’est toujours « Best Before ».

Dans l’affaire, mon voisin qui consommait la même boisson, à la même table dit que ce n’est pas grave. « Ce n’est pas pour si peu que j’aurai mal au ventre », affirme-t-il. Son attitude me wanda. C’est-à-dire que je suis étonné. Tellement que je mets un terme à ce culte à Bacchus qui avait pourtant bien commencé. « Vous buvez Windhoek ? Ok, Vous payez 2 bouteilles et une troisième vous est offerte », avait annoncé Yvette. Chose promise, chose due. Cependant, la troisième Windhoek de 33cl n’était pas dans une bouteille, mais dans une canette. Pourquoi ? « C’est la promotion, et en rayon, c’est plus cher que les bouteilles », avait dit Yvette. Vu la suite des événements, j’en ai conclu que Guinness Cameroon a trouvé un moyen de se débarrasser des stocks encombrants. Et périmé L

Rebelote

Il faut donc se méfier de toute opération de promotion au Cameroun. Avant mes galères de dimanche dernier, j’en ai fait la triste expérience le 20 août dernier. En route pour Douala, je prends un bus à Garanti Express au quartier Nsam, à Yaoundé. Après avoir acheté mon ticket, je fonce dans la petite boutique de l’entrée pour y acheter des chewing-gums. Et là, je trouve que les gommes que j’aime bien sont à moitié-prix. C’est même affiché. 1000 Fcfa au lieu de 2000 Fcfa. Hé oui, y a aussi les soldes de ce côté du monde. Je prends juste un paquet. Il faut laisser tout le monde en profiter. Une fois dans le bus, je mâchouille en lisant tout ce qui est écrit sur le paquet.

chewing-gum périmé (Ph TAMBA)

 

 

 

Et toc ! Ces chewing-gums sont périmés depuis le 22 février 2010. La mécanique de ma mâchoire s’arrête toute seule. Je rentre à l’endroit de l’achat. Je gronde. « Mais, c’est parce que la date de péremption est proche qu’on vous vend ça moins cher », me lance-t-elle. Imperturbable. J’insiste : « la date de péremption n’est pas proche madame, c’est périmé depuis ». Elle reste sur ses positions : « C’est la même chose ! » Je n’en crois pas mes oreilles. Je sens que le ton va monter d’un cran. Son assistante le sens aussi. Elle s’empresse de fouiller dans le stock, et il en sort un paquet pas encore périmé. « Monsieur, prenez celui-ci. On va retirer les autres du stock », me dit-elle. Je prends. Je me retourne et je pars. A Douala. En disant qu’on ne m’y reprendra plus. Moins de 2 mois plus tard… C’est trop. S’il vous plaît, soyez attentif. L’honnêteté n’est pas la chose la mieux partagée.

Edouard TAMBA

Pius Njawé et la prévention routière

PIUS NJAWE

Gars tu es au courant?” “Gars ton ancien boss est mort” ” Gars blablabla“… Le réveil a plutôt été brutal. Et triste. Tout ces coups de fils pour parler du décès de Pius Njawe, Directeur de publication du quotidien Le Messager au Cameroun. Mon patron trois années durant. Je reviendrais probablement sur l’homme que j’ai connu. Mais ce matin, je voudrais publier cet article sur mon blog. J’en suis l’auteur, à une époque où j’étais stagiaire au quotidien Le Messager. C’est à l’occasion de cet conférence que je le rencontre vraiment pour la première fois. Le coordonnateur de la rédaction à l’époque, Jean François Channon me présente et il me lâche son traditionnel “ça va?”. J’ai choisi cet article pour illustrer la cruauté du sort. Ce n’était pas suffisant de perdre sa compagne dans un accident de la circulation. Il a fallu qu’il y passe aussi. Et pourtant, il avait fait de la prévention routière un cheval de bataille…

R.I.P Dp

PRÉVENTION ROUTIÈRE

Les usagers de la route sensibilisés à Yaoundé

La Fondation Jane and Justice (Fjj) a rencontré les médias de la capitale hier, 21 décembre 2006

Face à la gravité de la situation, le modérateur, Jean-Célestin Edjangue, commence son propos par des chiffres issus d’une étude menée par la Fondation Jane and Justice. On apprend alors que près de 1200 personnes en moyenne ont perdu la vie sur les routes en 2005 au Cameroun. Au regard de ces statistiques, il est question de “ savoir si notre société est prête à mener une guerre totale contre l’inconscience et le laxisme ”, poursuit-il. Car, “ il n’est pas question que je me suicide avec la complicité de quelques chauffards ”, lance Kouokam Narcisse, représentant de la société civile. Cet humoriste tient à aller au cimetière à pas lents.

Ce combat est aussi mené par la Fjj à travers la semaine de la prévention routière. Le thème retenu porte sur : “ Jeunesse, médias et prévention routière ”. Mais, “ plus on en parle et plus les gens meurent sur la route ”, déplore Pius Njawe, le secrétaire exécutif de la Fjj. Pour illustration, il indique qu’autour de la ville d’Edéa, les accidents de la circulation sont la deuxième cause de mortalité, derrière le paludisme. Les chiffres du secrétariat d’Etat à la défense (Sed) sont plus précis : 875 accidents mortels dont 1150 décès et 6245 blessés pour l’année 2005. Dans son propos, le Lieutenant-colonel Bidja Henri Robert, représentant du Sed, signale que plus de 47.000 infractions au Code de la route ont été recensées par la gendarmerie nationale.

Selon le représentant du ministère des Transports, Ngoumbe Zacharie, 20 % des accidents sont causés par des problèmes techniques. Les données issues de leurs radars annoncent que 80 % des particuliers roulent en excès de vitesse. Pour ce qui est des causes, le représentant du Sed pense qu’il faut s’interroger sur l’état des routes, des véhicules, des chauffeurs et des hôpitaux. A propos de ces hôpitaux, il affirme que seulement 20 à 25 % des victimes meurent sur le champ.

Au cours de la rencontre, de nombreuses accusations sont formulées contre les transporteurs. Leur représentant, Tonfak Charles, s’en défend : “ Nous avons toujours la malchance d’être indexés. ” Il avoue qu’ils sensibilisent leurs chauffeurs et “ nous promettons de ne pas nous fatiguer de prodiguer les conseils ” dans le cadre de l’Association des professionnels du transport interurbain des personnes du Cameroun (Aprotipcam). Pour lui cependant, l’action n’est pas encore visible et “ Nous avançons lentement parce que nous sommes pressés ”, explique-t-il. Devant cette “ courbe des accidents ascendante, tous les acteurs sont interpellés ”, reconnaît le Commissaire divisionnaire Hamadou Kary, représentant de la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn).
Dans la même lancée, Le représentant du Mintransports appelle à une implication plus effective de tout le monde, et rassure que son département ministériel soutient toutes les initiatives de prévention routière. Mais, pour plus d’efficacité, ce dernier souhaite que “ chacun joue son rôle ”, comme dans un orchestre de musique. Les médias, cibles particulières de cette rencontre, se sont plutôt faits rares.

Cette troisième édition de la semaine de la prévention routière s’achève aujourd’hui par un défilé de motos – taxis à Douala. Dans ce cadre, un atelier de formation réunit des journalistes dans la capitale économique en début de semaine. Et plusieurs activités ont été menées depuis le 18 décembre, avec la distribution des prospectus et autocollants portant des messages de sensibilisation. Tout ceci pour “ arrêter l’hécatombe ”.

YAOUNDE, 22 DEC. 2006
© Edouard Tamba | Le Messager

Toutes les femmes sont des sorcières

SAGESSE

Toutes les femmes sont des sorcières

Une sorcière

Que veulent réellement les femmes? Je dois avouer que je me suis souvent posé cette question. Et je pense que, chacun en fonction de ses galères avec les descendantes d’Eve, a sa réponse. Quoi qu’il en soit, la question a été posée à un roi… il y’a très longtemps. Je n’étais pas là. On me l’a raconté… par mail. Et je vous là raconte aussi. Histoire de partager cette affaire avec vous chers lecteurs. Les lectrices comprendront que je ne partage pas forcément les opinions émises ici.

Le jeune Roi Arthur, dans une bataille, se fait capturer par le monarque d’un royaume voisin.

– J’aurais pu te tuer, mais comme tu es jeune, je te propose un marché. Je te laisse la vie sauve si tu réussis à trouver la réponse à une question très difficile.

Arthur aurait un an pour trouver la réponse; si au bout d’un an, il revenait avec la réponse, alors il serait libre, sinon, le monarque le tuerait.

La question? Que veulent réellement les femmes?

Une telle question rendrait perplexe n’importe quel homme d’expérience, mais pour le jeune roi, la réponse paraissait impossible à trouver.

Arthur accepte malgré tout la proposition et promet de revenir dans un an avec la réponse à cette difficile question.

Il retourne dans son royaume et interroge tous ses sujets: la princesse, les prostituées, les prêtres, les sages, les courtisans, les soldats. Personne ne peut lui répondre.

On lui conseille de consulter une vieille sorcière qui, seule,
pourrait connaître la réponse, mais le prix est élevé. La sorcière connaît sa valeur et exige beaucoup d’argent.

Le temps passe, Arthur n’a plus le choix et il consulte la sorcière. Elle accepte de répondre à sa question, à la condition qu’il lui accorde d’épouser Gawain, le plus noble des chevaliers de la Table Ronde, et son ami le plus cher.

Arthur est horrifié : la sorcière est bossue et hideuse, elle n’a plus qu’une dent, sent l’eau croupie et émet des bruits obscènes. C’est la créature la plus répugnante qu’il ait jamais rencontrée.

Il refuse d’imposer une telle ignominie à son ami.

Gawain, en apprenant le prix proposé par la sorcière,
affirme à Arthur qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour préserver la vie de son roi et l’existence de la Table Ronde.

La sorcière approche de l’oreille d’Arthur…
– Ce qu’une femme veut réellement, c’est de pouvoir être maîtresse de sa destinée.
Tout le monde sut alors que la sorcière venait de
dévoiler une profonde vérité et que la vie d’Arthur
était sauve. Et ainsi en fut-il.

Le monarque voisin épargna la vie d’Arthur et lui redonna sa liberté. Au mariage, Arthur est déchiré entre le soulagement et le désespoir. Autant Gawain est parfait, gentil et courtois, autant la vieille sorcière est dégeulasse.

La nuit de noce approche : Gawain, prêt pour une nuit d’horreur entre dans la chambre. Surprise! Allongée sur le lit, c’est la plus belle femme du monde qui l’attend.

– Qu’est-ce qui se passe? Qui es-tu?
– Comme tu as été gentil et généreux avec moi quand j’étais la vieille sorcière, je serai tantôt répugnante, tantôt créature de rêve. À toi de choisir comment tu me veux le jour et la nuit.

Gawain réfléchit… Durant le jour, une femme ravissante à montrer à ses amis mais la nuit, dans l’intimité de sa maison, l’enfer. Ou bien l’inverse, un monstre le jour et un pétard la nuit.

Quel serait votre choix?

Vous trouverez la réponse de Gawain plus bas, mais ne la
lisez pas avant d’avoir fait votre propre choix.

Le noble Gawain répond qu’il lui laisse le choix. À ces mots, elle lui annonçe qu’elle sera toujours une ravissante jeune femme car il l’avait respectée et laissée prendre
en main son propre destin.

Quelle est la morale de cette histoire?

La morale de cette histoire? PEUT IMPORTE QUE VOTRE FEMME SOIT JOLIE OU LAIDE, À L’INTÉRIEUR, C’EST TOUJOURS UNE
SORCIÈRE!

Le cas Paul Le Guen

INSUFFISANCES

Le cas Paul Le Guen

“Les limites de Le Guen commencent à apparaître… elles pourraient s’étaler tout à l’heure, surtout qu’il ne sait plus coacher quand son équipe est menée :(“

J’ai tenu ces propos sur mon profil facebook hier à 12h08. Ce n’était pas pour jouer les oiseaux de mauvaises augures. Encore moins de me là jouer devin en possession d’une boule de cristal. N’allez même pas imaginer que je n’aime pas le foot, ou alors que je n’aime pas nos Lions indomptables. Les réguliers de ce blogs et de mes écrits du temps ou j’exerçais au quotidien Le Messager en savent quelque chose. A la suite de mes propos sur Facebook, l’un de mes facebookfriends m’a demandé quelles étaient les limites de Paul Le Guen. Une question à laquelle mes dires apportaient un début de réponse. Je le dis encore, Le Guen ne sait pas coacher quand son équipe est menée à la marque. Et plus grave, cette équipe des Lions indomptables ne sait pas courir après le score quand l’adversaire mène. Mais, restons sur le cas Le Guen, puisque c’est de lui qu’il s’agissait au départ.
Ce coach arrive au Cameroun avec pour mission de qualifier l’équipe nationale au premier mondial en terre africaine. A ce moment, les quadruples champions d’Afrique sont derniers du groupe A des éliminatoires Can/Mondial 2010, derrière le Maroc, le Togo et le Gabon. Et avant son arrivée, l’encadrement technique de cette équipe n’a fait que balbutié. Avec l’aide des pouvoirs publics que représentent le ministère des sports et la fédération. C’est donc une sorte de messie qui pose ses valisent chez les Lions. Accueil pompeux. Gaspillage des fonds publics. Appel à l’Union sacrée… La presse baisse la garde. Le Guen s’en retrouve en état de grâce. Forte tête, il s’empresse de virer le vieux capitaine Rigobert Song, celui par qui le Cameroun remporte la Can 2000 et celui par qui la même équipe là perd en 2008. Tout un monument dont on ne souviendra que des méfaits. La vie est comme ça… Manquez l’occasion de sortir par la grande porte et vous serez un mouton noir à vie dans les mémoires. Quelque soit la grandeur de votre oeuvre 🙁 Pour rester sur Le cas Le Guen, il a tôt fait de retirer le brassard à son ancien collègue du championnat français. Et voilà Samuel Eto’o Fils capitaine. On applaudit.
Le Guen, poursuit sur sa lancée en décidant de virer le même Song du stade. Pas de quoi s’inquiéter. On en a un autre. Plus jeune. Très en jambe. Dans la foulée, les jeunes Bassong et Assou-Ekotto sont de nouveau sollicités. Ils répondent à l’appel de la Terre chérie. On applaudit. On aurait dû attendre un peu. Puisque la première confrontation Cameroun-Gabon à Libreville voit le dinosaure, aux 7 Can à l’époque, revenir sur l’aire de jeu. Entretemps, il ya eu cette longue et chaude explication entre Le Guen et Rigobert Song. Le jeune Bassong, titulaire dans un club qui ne joue pas les seconds rôles en Premier league anglaise, est donc sacrifié. Au profit d’un autre qui n’a plus rien à prouver. Là, il y a une faute de management qui met Le Guen devant un mur. Il cède. Les résultats vont en faveur des Lions. Ils se qualifient pour le mondial sud-africain. Mais tout observateur lucide peut remarquer que cette équipe est physiquement à bout de souffle. Elle roule les mécaniques et jouit de son influent passé comme avantage psychologique. Le fighting spirit fait le reste. On applaudit.
Le temps de la Coupe d’Afrique arrive. Les équipes entrent en stage. Le Guen finit par publier sa liste des 23. On y voit Joël Matip et on applaudit. On aurait dû attendre. La suite de la liste a des curiosités telles que l’absence de Bassong et la présence de Mohamadou Idrissou. Les mines changent. Les Lions sont en vadrouille. Les autres peaufinent leur stratégie d’équipe. L’affaire se corse avec une blessure annoncée chez Assou-Ekotto et des problèmes administratifs pour le cas Matip. Le Guen s’empresse d’appeler Binya pour remplacer le latéral gauche de Tottenham. Il aurait pu demander à la Fédération camerounaise de football de vérifier cas. Et Matip? on tourne en rond. Le Guen est plus occupé à gérer ses consultations chez Canal +. Jusqu’à sacrifier le stage des Lions. Ils partiront sans la traditionnelle onction du peuple à Mfandéna. Les joueurs ayant relâché physiquement pendant que l’autre pérorait à la télé, les bobos sont vites arrivés chez Mbia, Eto’o et Alexandre Song. Dans la foulée, le Togo est traumatisé par une attaque d’insurgés angolais. Le Guen à nouveau, étale ses qualités de leader rassembleur pour proposer que les Lions abandonnent la Can.
Arrive le premier match du Cameroun dans cette Can. On voit dès les premières minutes, une équipe de camerounais suffisants, face aux revanchards gabonais. Mené à la marque dès la 17e minute, le Cameroun sombre et ne peut faire le siège chez les Panthères. Les remplacements opérés par Le Guen n’y font rien. Rien de surprenant quand on l’a vu opérer en France et en Ecosse. Manque de finesse dans les décisions et les choix. Et il y a lieu de s’inquiéter. Car avec 22 joueurs dont quelques uns sont sans doublure, sucer la Can 2010 pourrait avoir un goût bien amer… Quant à la Coupe du monde, c’est une autre histoire.

Edouard TAMBA

PS Je vous recommande ce post que j’ai découvert ce matin même, après avoir rédigé ma chronique.

Avis aux femmes… règles d’or pendant la Coupe d’Afrique

Avis aux femmes…
Règles d’or pendant la Coupe d’Afrique

Avis extrêmement important et recommandations pour les femmes, petites amies, fiancées, mères, sœurs, filles etc. Ces règles doivent être communiquées avant la Coupe du Monde 2010 ou la coupe d’Afrique 2010…

Règle n°1 :
Pendant la durée de la compétition, vous devriez lire les pages sports des journaux afin d’être au courant de ce qui se passe et ainsi être en mesure de vous joindre intelligemment à une conversation. Si ce n’est le cas, vous seriez totalement ignorée. NE PAS vous plaindre si vous ne recevez aucune marque d’attention de notre part dans ce cas de figure.

Règle n°2 :
Pendant la compétition, la télévision m’appartient (ou du moins celle qui dispose du plus grand écran) tout le temps sans exception. N’essayez même pas de jeter un œil sur la télécommande vous risqueriez de le perdre (l’œil)

Règle n°3 :
Si vous devez passer devant la télé durant un match, cela m’importe peu, du moment que vous le faites en rampant sur le sol et sans me distraire.

Règle n°4 :
Si vous décidez de vous mettre nue devant la télé, assurez-vous d’avoir des vêtements à portée de main afin d’éviter un refroidissement car je n’aurai pas le temps de vous emmener chez le docteur ou de m’occuper de vous pendant le mois que durera la compétition.

PENDANT LES MATCHES…

Règle n°5 :
Pendant les matches je serai aveugle à vos gestes, sourd à vos demandes ou muet si vous désirez une conversation. Les seules exceptions seront pour demander une bière ou quelque chose à manger. Pour le
reste, n’espérez pas que je réponde au téléphone, que j’aille ouvrir la porte ou que j’aille chercher le gosse qui vient de tomber du 2ème. Ça n’arrivera pas.

Règle n°6 :
Ce serait une bonne idée de votre part de vous arranger pour qu’il y ait toujours une douzaine de bières au frigo ainsi que des beignets haricots en tout genre à portée de main. Ne tirez pas la tête à mes amis qui viendraient voir un match. En échange d’un comportement responsable de votre part, vous seriez autorisées à regarder la télé de minuit à 6h, sauf en cas de rediffusion d’un match que j’aurais raté par mégarde.

Règle n°7 :
S’il vous plait ! Si vous me voyez énervé à cause d’une des équipes que je supporte, NE PAS venir me dire “allez, ce n’est qu’un jeu” ou encore “t’inquiètes pas, ils gagneront la prochaine fois”. Le seul fait de dire cela ne ferait que me mettre encore plus en colère et je vous aimerais encore moins. Souvenez-vous que vous
n’en saurez jamais autant que nous sur le football et que vos “mots d’encouragements” ne feront que nous mener à une rupture ou un divorce.

Règle n°8:
Vous êtes la bienvenue si vous désirez vous asseoir parmi nous afin de regarder un match. Vous pouvez nous parler pendant la mi-temps, au moment du passage des pubs et uniquement si le score nous agrée. Notez que j’ai dit “un” match et qu’il n’est pas question de prendre la Coupe du Monde comme excuse afin de “passer un peu de temps ensemble”

Règle n°9 :
La rediffusion des buts est très importante. Je me fous de savoir si je les ai déjà vus ou pas, je veux les revoir. Plusieurs fois.

Règle n°10:
Dites à vos amies de NE PAS avoir la moindre fête en rapport avec leurs gosses ou quoi que ce soit qui impliquerais ma présence car :
1° je n’irai pas
2° je n’irai pas
3° je n’irai pas

Règle n°11 :
Les résumés des moments forts des matchs sont aussi importants que les matches eux-mêmes. Ne pensez même pas à dire des choses du genre “mais tu as déjà vu ça. Pourquoi on ne regarderais pas autre chose ensemble ?” la réponse serait: “merci de vous référer à la règle n° 2 de cette liste”

Règles n°12 :
Finalement, épargnez-nous les expressions comme “Dieu merci, ça ne se passe qu’une fois tous les 4 ans”. Je suis immunisé contre cette phrase car après ceci, viendra la Champions League, le championnat anglais, espagnol, italien, etc., etc.

Règle n°13 :
Eviter toute forme d’humour sur l’équipe favorite de monsieur surtout lorsqu’elle perd… Il y’a des choses avec
lesquelles on ne plaisante pas…

Merci de votre coopération,
Les Hommes du Monde

Royal Air machin…

GALERE

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Royal Air machin…

Aéroport de Casablanca au Maroc. Il ne fait pas bon être en transit ici. J’en fais la triste expérience avec l’aide de Royal Air Maroc, la compagnie de transport aérien e souveraineté du coin. Parti de Yaoundé le 3 octobre à 1 heure du matin, on y arrive à 7h10, heure locale. C’est une foule immense qui se faufile à travers les différentes portes de sécurité de l’aéroport Mohamed V. Il s’agit des passagers en transit. « Dakar ? Allez au 26 »,  me lance une dame de la compagnie. Plus bas, le 26 est plein à craquer. On se bouscule. On se marche sur les pieds. Vu que mon vol est prévu à 22h20, je laisse les plus pressés jouer de leurs coudes. Ca traîne tellement que je finis par rentrer au point de départ. Mais là, il faut traverser le poste de contrôle dans le sens inhabituel. Une dame en uniforme de policier me rassure que je peux y aller. J’y vais donc. « Ho monsieur là », lance un autre flic. Je m’arrête et me retourne. «Vous allez où ? Vous n’avez pas le droit de passer », tempête-t-il. « Oui mais votre collègue là-bas m’a demandé de passer. Je vais au guichet prendre des renseignements pour mon transit, je vais à Dakar », s’entend-il dire de ma part.

J’y fonce donc. Le visage fermé. « Oui monsieur », m’accueil un agent avec son sourire figé. « Je vais à Dakar. Mon vol c’est à 22h20. Qu’est-ce que je fais ? », demande-je. « Allez au 26 », lance-t-il, laconique. Je ne peux m’empêcher de gronder : « Je vais rester là-bas jusqu’à 22 heures ? Qu’est-ce que ça veut dire ? ». Le commercial sourire de l’autre disparaît. « Allez y, un bus va vous amenez en zone de transit. Il y a à manger là-bas et vous pouvez y prendre une douche », explique-t-il. Retour au 26. Re-contrôle, re-fouille, re-question etc. L’endroit est vide cette fois. Je suis approché par un agent en veste noire qui n’arrête pas de parler dans son walkie-talkie. Juste le temps de me demander où je vais et de m’inviter à m’asseoir ensuite. Après ses multiples va-et-vient, « New York, New York », lance-t-il. Ne me sentant pas concerné, je ne bouge pas. « Ho monsieur, vous aussi venez », me dit-il. Nous voilà dans un bus en direction de je ne sais où. Arrêt. « Only New York », insiste une dame. Le bus se vide. Laissant trois passagers.

J’ai le temps de voir sur le tarmac, un avion aux couleurs d’une boisson bien célèbre. Ce qui me permet de déduire que le trophée de la Coupe du monde de football est de passage au Maroc. Vêtu d’un maillot des Lions indomptables, je me surprends à éprouver (par anticipation ?) de la compassion pour les Marocains. « Il faut bien qu’ils se contentent de voir passer le trophée. Cela peut faire office de lot de consolation. Vu qu’ils ont la malchance d’être dans la même poule que le Cameroun. Ils ont intérêt à battre le Gabon lors de la prochaine journée pour espérer au moins une place à la Coupe d’Afrique des Nations. L’unique place pour la Coupe du monde étant prise par qui vous savez 😀 », pense-je. Nouvel arrêt. Tout le monde descend. « Royal Air Maroc, Bienvenue au salon de transit », peut-on lire à l’entrée. Un salon d’accueil ? Un salon vraiment. Bancs et sièges moelleux pour s’allonger. « Vous pouvez vous coucher, prendre une douche. Il y a le petit déjeuner là-bas et vous avez Internet dans la salle là », raconte un autre agent de la RAM.

Son baratin ne marche pas à tous les coups. Il a en face de lui un Congolais qui dit mériter mieux. « Je ne veux pas rester ici. Vous devez me loger à l’hôtel, c’est la loi », revendique-t-il.  « Je vous ai dit que l’hôtel est plein. Si vous voulez rentrez là-bas d’accord, mais c’est à vos risques. Vous allez passer la journée dans l’aéroport », tente de le dissuader l’agent. L’autre tient bon. Moi pas. J’ai encore de mauvais souvenirs de l’aéroport  Johannesburg. « Eto’o, ton vol c’est à quelle heure ? » me lance une dame assise à la cafétéria. Son bébé et elle se rendent au Cameroun. Et moi non. N’empêche qu’on partage la table pour les petits déjeuners et déjeuners qu’offre la compagnie de transport à ses passagers. Des rations que bouderaient certains nécessiteux. Pas grave. Entre Camerounais, on digère ça en papotant. Elle vit aux Etats-Unis et va rendre visite à sa famille au pays. « Quoi ? Que Mebara est en prison ? C’est pas possible ! Mebara ? », s’exclame-t-elle.

Bien de nouvelles du pays la surprennent. Ce qui est un peu normal, dans la mesure où chez l’Oncle Sam, elle est plus occupée par ses études universitaires, ses jobs et son foyer conjugal dans le Massachusetts. Une Togolaise venant elle aussi des Usa nous rejoint. Cette dernière est visiblement remontée après l’agence par laquelle elle a obtenu son ticket de voyage de Richmond à Lomé. « Ce sont des escrocs, comme tous les Américains. Ils sont trop malhonnêtes », se plaint-elle. Cela fait plus de 24h qu’elle est en route, elle n’avait pas eu les détails de toutes ces longues escales. Arrivent une troisième « larron ». Partie de Milan où elle est mariée à un Italien, elle se rend à Lagos au Nigeria, son pays natal. La conversation vire sur les trucs de filles.  « Quand tu as les fesses comme ça, et la poitrine comme ça, les Américains aiment. Nos formes ci sont très rares chez eux. D’ailleurs j’ai une collègue qui a décidé d’aller se faire opérer pour avoir de plus grosse fesses », raconte l’une d’elles.

« En fait, ils sont gros, mais gros partout. Il n’y a pas de différence entre la poitrine, le ventre et tout ça. C’est aussi parce qu’ils mangent trop gras. Moi je fais ma bouffe à la maison et je vais manger au bureau. Je ne bois pas de soda », poursuit la Togolaise. Le trio se vante d’être comme il faut. Elles en profitent pour se payer la tête des afro-américaines qui ont du mal à reconnaître leur africanité. Et moi quoi dans tout ça ? Je commence à me sentir de trop dans cette conversion où je suis passif. Il est temps d’aller voir la salle d’Internet. Quatre ordinateurs connectés. Je m’y mets. Revue des blogs. Tour rapide sur les sites d’information du Cameroun. Je vire ensuite sur les réseaux sociaux. Quelques compatriotes et amis sont en poste. Ce qui rétabli mon équilibre mental. Les trois autres machines sont régulièrement prises d’assaut par les policiers du salon de transit. Je ne peux m’empêcher d’observer ce qu’ils font. 123Love et autres. Ma présence sur l’une de ces machines semble les gêner aux regards qu’ils me lancent. Je ne tarde pas à me retrouver seul dans la salle.

Content d’être débarrassé de leurs conversations bruyantes, je ne vais pas sourire longtemps. Black out ! Les ordinateurs s’éteignent. Délestage ? « C’est encore quelle version de coupure d’électricité ça ? Les lampes au plafond brillent ». Et à l’extérieur, les téléviseurs continuent de montrer des images de programmes en arabe. Pas de doute. C’est donc un complot ! Ils ne sont pas foutu de bien s’occuper des gens en terme de d’hébergement, de nutrition, de politesse… Il faut en plus qu’ils m’empêchent d’échapper à leur prison via Internet. Mes compagnonnes de galère sont toutes parties ? Coupd ‘œil rapide et… la Togolaise s’est affalé dans une chaise pour un culte à Morphée. Autant mieux allez faire de même. Je choisi un canapé. Je m’allonge. Il est déjà 17h. Le sommeil ne tarde pas en m’emporter. Jusqu’à ce qu’arrive un de ces malpolis agents…*

Edouard TAMBA

*A suivre

L’alcool a-t-il autant de vertus que le Yoga?

INCROYABLE

L’alcool fait de la concurrence au Yoga

J’ai reçu par mail d’un ami un peu déjanté. Je dirai même vraiment déjanté. Il ne cessera jamais de me faire rire. Il doit avoir un don pour ça… Hein Massa Luc 😉 Je ne ferai aucun commentaire. A chacun de consulter et de tirer ses conclusions.

“DES RECHERCHES SCIENTIFIQUES ONT PROUVE QUE BOIRE DE L’ALCOOL APPORTE LES MÊMES BENEFICES QUE LE YOGA EN TERME DE RELAXATION !!!

LA PREUVE EN IMAGE

Savasana
Position de relaxation totale

Balasana
Position qui apporte une sensation de paix et de calme

Setu Bandha Sarvangasana
Cette position apaise le cerveau et étire vos jambes

Marjayasana
Cette position stimule le bas du ventre et la colonne vertébrale

Halasana
Excellent pour les douleurs du dos et les insomnies

Dolphin
Excellent pour le bassin, Thorax, jambes et bras

Salambhasana
Très bon exercice pour stimuler les lombaires, les jambes et les bras.

Ananda Balasana
Cette position est excellent pour le bassin

Malasana
Cette position pour les genoux et muscles du dos

Alors commençons à boire !!!

Vous êtes fixés? Si oui, très bon weekend 🙂

Farce de l’ordre en vagabondage nocturne

SANS BLAGUE

Farce de l’ordre en vagabondage nocturne

Je n’arrête pas de fouiller partout. Je fouille sous la table rien! Je fouille au salon, rien! Je fouille dans la chambre, rien! Je fouille dans les fringues, rien! Je back au salon, rien! Je repars dans la chambre, rien! Ca commence à durer. Un quatuor de personnes trépigne d’impatience. “Gars, c’est comment non? Tu fais quoi?“, me lance Prince. “Les gars attendez-moi. Je falla ma ndan*”, rétorque-je. “Quoi?», demandent-ils en coeur. Et moi d’expliquer. “Je vous dis que je cherche ma carte nationale d’identité“. Ils me suggèrent ensuite de prendre ma carte professionnelle ou mon passeport. “Non les gars, je ne veux pas de blem avec les nyè**”. C’est finalement dans le classeur à côté des verres à boire que je retrouve cette carte, après une demi-heure de recherche assistée. La réunion familiale qui vient de s’achever peut donc s’offrir des prolongations nocturnes plus mouvementées. Surtout que nous ne nous voyons pas beaucoup. Il faut donc en profiter. “Taxi, Flamenco nous tous que tu vois-là“. “Pimpim“, klaxonne-t-il pour nous demander d’entrer. Nous arrivons à destination aux environs de 22h20. “Ajoutez 50 50, vous ne savez pas que le taxi coûte 250 à partir de 22h?“, nous lance le conducteur. On s’empresse de lui ajouter ce qu’il réclame. Et l’un de mes frères de relever qu’on est monté dans le taxi avant 22h. “Haaaaka, laisse. Il va faire quoi avec?” s’entend-il répondre.

Le lieu grouille de bars, snack bars, snack bars dancing… Tellement que la musique parvenant à nos oreilles changent de rythme à chaque pas effectué.  Il y a aussi pleins de truc à bouffer. Maquereau braisé, poulet, porc, brochette de viande, les légendaires brochettes de porcs qu’on ne trouve qu’à cet endroit… et les prostituées. Oui, les consommateurs de cette chaire-là ont l’embarras du choix. Vieilles, jeunes, femmes enceintes, albinos, adolescentes, grosses, maigres etc. Sur ce terrain, Flamenco rivalise avec les autres points chauds de Yaoundé. Après avoir pris le pouls du coin, cap sur le Bateau. Un lieu d’ambiance situé plus bas. Nos gorges se tapent quelques mixtures infectes et de plus en plus chères que produisent les sociétés brassicoles ça et là. Nos yeux se régalent de la vue imprenable qu’offre Yaoundé by nigth depuis un balcon. Nos langues s’activent autour d’histoires drôles et incroyables. Ce qui oblige nos oreilles à faire le grand écart entre la musique ambiante et nos insolites. Mais le corps semble avoir pris fait et cause pour la musique ambiante. Même assis, ça danse. Mais pourquoi se taper un supplice de tantale alors qu’il est possible de se lever, et de danser. Tout simplement. Il est bientôt minuit quand nous prenons la piste d’assaut. Je ne sais pas ce que Hugo Nyamè veut absolument ouvrir la porte de sa dame-là. Nous on sort seulement les touches. Il appelle même les pompiers en disant qu’il y a le feu. Nous quoi sur ça? “Au secours ventilateur… Mettez!” On mets seulement. “Elegencia, la danse des mignons…”, là alors, la vantardise veut tuer quelqu’un sur la piste.

Vient alors l’inévitable couper-décaler. Une série de près d’une heure. “Bobaraba hé bobaraba”. Nous rivalisons d’ingéniosité sur la piste. “Mets un peu le ventre en avant, mets un peu les fesses en arrière…” On fait. “Glissement o glissement o glissement o tchakatchakatcha…” Nous usons nos semelles sur le plancher. “Position de une heure du matin, deux heures du matin, trois heures du matin…” Les genoux commencent à afficher des signes de fatigue. L’autre qui se prend pour un Dj continue avec ses couper-décaler. Il est déjà 3h. Certains se découragent. “Gars ça c’est même quoi? Rentrons“, lance Prince. “Niet. Je dois d’abord danser le bikutsi avant de rentrer. On n’a même pas mis Tsimi Toro“, lâche-je.  Vers 3h20, je découvre une chanson bien curieuse en dansant. “Mbéré kaki you go die hoo, you go die ho! Mbéré kaki you go die hoo…” Mon répertoire de « touches » n’est pas épuisé. J’engage mon bal à terre. Le volume de la musique diminue au fur et à mesure que je descends. “Chers clients, nous vous prions de ne pas sortir. Il y a rafle dehors. Restez dans la salle“, lance une voix au micro. Et la musique remonte. Mais une minute plus tard, je parviens à distinguer un coup de sifflet de la sono ambiante. Les flics sont dans la salle. “Tout le monde dehors! Sortez!“, ordonnent-ils. L’entrée principale est bloquée. Tout le monde passe par derrière. Une fois dehors, le comité d’accueil est composé d’une dizaine de policiers et trois cars; les fameux “gentils cars” encore appelés “sans payer”. Sauf qu’avec le temps, ils sont plus confortables et avec des portières.

On y est tous entassé. Quatre à cinq personnes par rangée. Direction le quartier Tsinga, au commissariat central n°2. Une fois dans la cours, “tout le monde descend!” Et voilà le hall du commissariat plein à craquer. Une cinquantaine “d’ambianceurs” aux arrêts. “Vous savez qui est mon père?” demande une jeune fille. Le policier qui la force à entrer dans la grande salle, lui répond par des coups du plat de sa main sur les parties de sa peau qu’offre son décolleté. Elle en prend de partout, éclate en sanglots, et refuse d’obéir. Un compagnon de malheur s’ajoute. “Vous allez me sentir le matin. J’ai des relations. Vous allez voir mon grand frère le matin”, menace un autre noceur récalcitrant. Des coups de matraques lui indiquent la direction à prendre. Un policier invite tous ceux ayant leur carte d’identité nationale à les lui remettre. Et que les personnes n’ayant pas cette pièce officielle inscrivent leurs noms sur une feuille blanche. Une fois l’opération terminée, nous sommes scindés en deux groupes.  Un groupe d’étudiants congolais n’arrête de maugréer sur la police camerounaise. Celui qui promettait d’appeler son grand frère au secours continue de gueuler. Et pan! Une gifle. “Vous me giflez pourquoi?”, interroge-t-il. Re-pan! Répond l’officier de police 2e grade. Les policiers de plus en plus nerveux, l’emmènent à côté. “Présentez-vous!” lui demande un inspecteur. “Je suis étudiant à Soa, je suis en maîtrise”, dit-il. “Qu’est-ce que vous faites là-bas?” poursuit l’inspecteur. “Je suis étudiant en chimie“, affirme l’autre. “Quoi? Chimie? Vous blaguez ou quoi? Donnez-moi votre carte“, lance le flic, visiblement interloqué. “Mais vous êtes artisans, c’est ce qui est écrit ici”, relève le policier.

La tension monte d’un cran. L’étudiant est convoqué derrière l’espèce de comptoir ou dorment les policiers. Celui qui promettait la fureur de ses relations dans l’armée contre les policiers s’y retrouvent à …genoux. “A beg ma grand. Je suis un camerounais comme vous non. Je me débrouille seulement“, implore-t-il. Ce face à un policier qui monte sur ses grands chevaux, et une foule partagée entre rires et peur et indignation. Le commissaire et ses cinq étoiles arrivent enfin. “Ceux qui n’ont pas les carte d’identité, vous allez en cellule”, annonce-t-il. “Les autres, on va vous garder ici jusqu’au matin pour vagabondage nocturne. On va vous libérer le matin après une corvée“, assène-t-il. 13 personnes prennent la direction des cellules de  détention. La fille hystérique d’il y a un moment est dans le contingent. Ses cris, de plus en plus  aigus nous rejoignent dans le hall quelques minutes plus tard. Des policiers rappliquent dans la grande salle. “Où est la soeur de la fille qui est asthmatique-là? Venez vous occuper d’elle“, lance un des policiers. L’on apprendra plus tard que la fille en question a été conduite vers un centre hospitalier, en compagnie de sa soeur. Bientôt 5h du matin et pas moyen de piquer un roupillon. l'”étudiant en chimie” à Soa n’arrête pas de gueuler. “Je suis un wadjo, c’est nous qui avons le pouvoir dans ce pays. Dès que Paul Biya part, la présidence remonte chez-nous. Je vais tous vous nommer vous serrez des directeurs et des ministres, votez-moi“, raconte-t-il.

C’est le délire dans la salle. On se fend en rire. Mais ma position m’en empêche. Je suis debout, adossez à cette espèce de comptoir. Les jambes, usées par la danse, ne tiennent plus. Je me résous à m’asseoir. A même le sol. C’est dans cette position que je vais somnoler jusqu’à 6h. Je rejoins d’autres “détenus” à l’extérieur, le temps de dégourdir nos jambes. Les filles sont d’abord sollicitées par les policiers en service. “Venez balayer ici“, lancent-ils. Les filles s’exécutent une par une. Vient ensuite le tour des garçons pour… laver le sol. Nous nous exécutons. A chacun ses 4 à 6 carreaux à cirer à l’aide de t-shirts transformés en serpillières. Le commissaire arrive aux environs de 6h30 et procède à l’appel en lisant sur les cartes d’identité. Les 41 personnes en règle, mais coupables selon la police du délit de vagabondage nocturne sont ainsi libérées. Les 12 autres, détenus en cellule pour le même motif doublé de défaut de carte d’identité nationale auront la galère plus intense. Car après cette nuit dans une cage infecte et malodorante, la tondeuse à fric des flics passera dans leurs poches… Vous parlez d’une farce de l’ordre? On dit ici que ce sont des forces de l’ordre.

Edouard TAMBA

* Carte nationale d’identité

** Policier