Category Archives: Arts et Culture

J’étais au Nguon 2014

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Mon premier Nguon était comme un repas complet ; entrée, résistance et dessert. 3 plats dégustés en 3 jours. D’abord une entrée légère et fine sur un plateau de l’arrondissement de Foumban 3e. Un espace où se décline l’axe économique du Nguon. Toutes les grandes entreprises de divers secteurs y ont un stand. Les PME et les artisans ne sont pas en reste. La présence d’entreprises turques est remarquable. « La Turquie est le pays invité spécial du Nguon cette année », m’informe Idrissou, mon guide ☺
Comme avec tous les événements de ce type au Cameroun il y a un secteur « gastronomie » où il est possible de manger. Et de boire.

La suite c’est ici, sur Visiter l’Afrique. Bonne lecture 🙂

Algérie-Sénégal : La guerre des festivals se poursuit

Chers lectrices/lecteurs, le texte qui va suivre n’est pas de moi. Mais j’ai choisi de le publier ici pour deux raisons. D’abord parce je connais le Fesman et le Panaf, mais je n’avais jamais soupçonné une rivalité sous cet angle. Ensuite, je pense que le texte est écrit avec un style clair et simple que j’aime. Bonne lecture Sourire

 

Wade-Boutef

A travers deux festivals concurrents, le Fesman et le Panaf, les deux pays se disputent le leadership culturel de l’Afrique. Derrière ce combat culturel se cache en réalité une rude bataille idéologique entre deux façons de se libérer du colonisateur et de prendre son destin en main.

 

Entre Alger et Dakar existe un sentiment trouble, le même qu’on peut surprendre entre deux anciens rivaux qui aujourd’hui fument le calumet de la paix, sans pour autant rassurer sur la sincérité de leurs intentions pacifiques.

Rivaux est bien le mot car lorsque, en 1969, l’Algérie réussit à organiser un festival de taille non seulement continentale, mais surtout panafricaine, c’est d’abord pour dénier le leadership politico-culturel de Dakar porté par un Léopold Sédar Senghor que le président du conseil de la Révolution algérienne Houari Boumedienne, à la suite de Ferhat Abbas et d’Ahmed Ben Bella, juge complaisant vis-à-vis du colon français. En organisant le tout premier festival mondial des arts nègres (Fesman), trois ans plus tôt, du 1er au 24 avril 1966, à l’initiative de la revue Présence Africaine et de la Société Africaine de Culture, le Sénégal avait émis au monde un message de paix et de fraternité naïves avec le colonisateur. Un dessein bien ingénu, selon Houari Boumedienne qui, comme tout Algérien qui se respecte, se positionne en faveur d’une rupture radicale des liens coloniaux, étant donné que la moindre tendresse vis-à-vis du colon le conduirait aisément à piéger l’indépendance, donc à partir sans réellement partir. Notez-le bien : Dakar n’avait invité ni le Maghreb ni le Machrek. Henri Lopes le rappelle fort opportunément dans son dernier livre intitulé Ma grand-mère bantoue et mes ancêtres les gaulois.

Dès l’abord donc, le Panaf s’est voulu une réplique, un contrepoint, une réponse à l’initiative dakaroise. Et le message d’Alger était on ne peut plus éloquent : on ne peut pas collaborer avec le colon transformé en néo-colon et prétendre s’ériger en modèle continental voire panafricain. Le Panaf se veut de ce fait l’instance de libération que le Fesman n’a pas été, ses initiateurs étant trop soucieux de soigner leur amitié incestueuse vis-à-vis de la France.

Depuis lors, Dakar n’a pu rééditer l’exploit qu’une seule fois, à Lagos, du 15 janvier au 12 février 1977. Prévue initialement en décembre 2009, la troisième édition n’aura finalement lieu que du 10 au 31 décembre prochains.

Bien sûr, l’Algérie prendra bel et bien part à ce rendez-vous. On le sait depuis qu’une délégation officielle algérienne conduite par le chef de cabinet du ministère de la culture, Mme Zehira Yahi, a eu une série de rencontres à la faveur d’une visite de travail au Sénégal, consacrée à la préparation de la participation algérienne à cette grande manifestation mondiale. Le délégué général du Festival mondial des arts nègres, M. Abdou Laziz Sow, s’est déclaré « impressionné par la qualité du succès du 2ème Festival culturel panafricain (Panaf2009) qui s’est tenu en juillet 2009 en Algérie », n’hésitant pas à exprimer le souhait de bénéficier de l’expérience et du savoir faire algérien en vue de réussir le Festival mondial des arts nègres.

Renaissance africaine

N’écoutez pas trop ce discours qui est davantage celui de la paix des braves car, Alger aura, au passage, court-circuité Dakar, en organisant du 5 au 20 juillet 2009, la deuxième édition du Panaf sur le même thème de la Renaissance africaine, thème choisi au préalable par Dakar pour la troisième édition du Fesman prévue pour décembre de la même année. Nouveau malaise dans l’axe Ouest-Nord, malaise que Mme Zehira Yahi a tenu à dissiper avec une habileté peu convaincante au Burkina Faso, lors de l’édition 2009 du Fespaco: « Il n’y a pas de concurrence entre nous et le Fesman. D’ailleurs, nous collaborons avec les organisateurs de ce festival et nous avons établi des passerelles entre Panaf 2009 et la manifestation de Dakar ».

Sous la cendre le feu. La convivialité de façade des organisateurs des deux événements culturels panafricains ne manque pas d’étonner, puisque ces derniers s’échangent inlassablement des fleurets mouchetés à distance. Ceux du Fesman indiquent avec une fierté non moins dédaigneuse qu’ils tiennent en main « le plus grand rassemblement mondial des arts et cultures noirs » et ne manquent aucune occasion pour le souligner que ce rendez-vous est panafricain. Alger, qui colle le vocable panafricain à son festival comme l’écorce à l’arbre, n’en démord pas non plus : « le festival panafricain d’Alger est organisé sous l’égide de l’Union africaine et cadre bien avec le Nouveau partenariat africain pour le développement… »

Des flèches et des venins. Mais aussi des défis, les plus monumentaux surtout. Dans l’establishment algérois, ils sont nombreux à penser que le président Abdoulaye Wade a de la suite dans les idées. Et pour cause, le monument de la Renaissance africaine qu’il a érigé à Dakar à l’occasion de la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance du pays de Léopold Sedar Senghor n’est en réalité qu’une réponse à distance spatio-temporelle au supposé larcin algérois de 2009, lorsque le Panaf subtilisa habilement le thème (la renaissance africaine) de la 3ème édition du Fesman.

En fait de leadership, Dakar est prêt à payer le prix. Après avoir dépensé plus de 14 milliards Fcfa pour ledit monument, on hisse désormais la barre très haut au Sénégal, en injectant 20 milliards dans le Fesman III. Résultat des courses, l’organisation annonce les couleurs : un spectacle d’ouverture grandiose dominé par une chorégraphie géante de 2.500 danseurs pour conter «la formidable aventure des peuples africains», un énorme travail faisant recours aux dernières technologies du virtuel et des projections en 3D. Tout cela sans contrepartie financière, les droits d’entrée et de retransmission étant gratuits.

Divergence idéologique

Le défi de la magnificence, ce n’est pas le Panaf 2009, mais bel et bien les Jeux olympiques de Beijing 2008 et la coupe du monde sud-africaine 2010. Ce n’est pas trop tôt. Dakar veut rentrer dans l’histoire à son tour. A distance donc, les deux pays se livrent une guerre de leadership culturelle. C’est à qui tiendra le bon bout dans cette douce rivalité dont l’enjeu est de savoir qui sera le leader culturel de l’Afrique.

Mais, derrière ce combat culturel se dessine une guerre de type idéologique. Deux pays, un seul colon, deux façons de se libérer du colon. Dakar, symbole d’une décolonisation par la ruse voire la compromission, joue la carte de sa crédibilité face à un pays fier d’avoir conquis son indépendance dans le sang, en refoulant jusqu’au dernier pied-noir de son territoire. Aujourd’hui, la forte prégnance du système néocolonial français dans les pays africains au sud du Sahara à travers les réseaux de la Françafrique montre, s’il en était encore besoin, que le colon ne part jamais, mais qu’on le chasse à coup de violence. Dakar a-t-il les couilles aussi solides qu’Alger ? Toujours est-il qu’il a davantage la queue entre les jambes, autant que le Gabon, en tant que niche de réseaux françafricains. Sur les traces de Jean-Marie Bockel, Jean-Christophe Ruffin peut en dire long, lui qui a été obligé de rendre son tablier parce que le président Wade ne voulait plus de son acharnement à apporter un coup de neuf aux relations avec la France. On comprend dès lors pourquoi Abdoulaye Wade tient au succès de la troisième édition du Fesman. Ce serait donc le message le plus éloquent lancé en direction de son rival culturel de toujours.

Il se profile ainsi une instrumentalisation du fait culturel à des fins politiques. Investir dans la culture pour s’attribuer la raison politique. Tel est le modus vivendi de la rivalité idéologique entre Alger et Dakar. Les deux places politiques refusent de se livrer à une polémique sur le rapport au colonisateur d’hier, mais préfèrent déporter le débat sur le plan culturel et s’impliquent à fond pour attirer l’intérêt du monde. Mais la réalité est têtue : autant la bonne santé économique de l’Algérie n’a d’égale que son intention génétique et historique de refouler le colon loin des frontières et de prendre son destin en mains, autant l’influence des réseaux françafricains reste nuisible à l’autodétermination de l’élite politique sénégalaise dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ploie encore sous le poids du complexe colonial.

Maurice Simo Djom,

Université de Yaoundé I

Waka Waka: Shakira en flagrant délit de mensonge

WAKA WAKA

Shakira en flagrant délit de mensonge

Non! J’aurais des cheveux que je me les arracherais après avoir écouter ça. Shakira n’a pas composé l’hymne officiel de la coupe du monde de football 2010. D’accord pour les paroles. En attendant que quelqu’un d’autre les revendique. Pour ce qui est de la musique, et et du refrain,  voici la version orginale de la chanson des Golden Sound intitulée Zangalewa. C’est une chanson made in Cameroon.

La compétition est certes achevée, mais la chanson va continuer de tourner sur les platines. Ce qui veut dire que les droits d’auteurs vont tourner aussi. Lors d’une conférence de presse à Douala en juin dernier, Ze Bella de Zangalewa et ses collègues disaient qu’ils ont trouvé un arrangement avec la chanteuse colombienne. Et que cette dernière n’a fait qu’une adaptation. Sauf que, la vidéo de Waka Waka n’indique nulle part les Golden Sound comme auteurs compositeurs. Quid donc des droits patrimoniaux?

Edouard TAMBA

Les oreilles tournées en contre-la-montre à Yaoundé

CINÉMA

la scène des retrouvaille (Ph Acajou Films)

la scène des retrouvaille (Ph Acajou Films)

Les oreilles tournées en contre-la-montre

Le concours de court-métrage 7 jours pour 1 film a rendu son verdict lors de la cérémonie d’ouverture du festival Écrans noirs

Le compte à rebours est lancé. Plus que cinq jours pour Gilbert Tio Babena. C’est le temps qu’il reste à ce réalisateur en herbe pour tourner, monter et faire diffuser son premier film. Un court-métrage intitulé « Les oreilles ». L’équipe de tournage est à pied d’œuvre depuis lundi matin, 1er juin 2009. Et les populations quartier Kondengui s’en sont rendues compte. Découvrant à leur réveil, une autre « prison centrale », non loin du célèbre pénitencier. L’une des séquences du court-métrage s’y déroulent. Caméra professionnelle, microphone perché, conciliabules, « ça tourne ! » Un acteur sort de la prison, présente son ordre de levée d’écrou aux geôliers en faction avant de prendre dans ses bras, une créature féminine qu’on devine être son aimante. La foule s’est massée autour du lieu de tournage. Certains n’hésitent pas à lancer des boutades lorsque l’ex prisonnier et sa dulcinée s’embrassent. « Coupé ! » La scène des retrouvailles sera reprise. Une deuxième fois. Puis une troisième fois.

« Vous êtes des amoureux, ce n’est pas une prise de judo que tu lui fait », lance Pascal Judelewicz à l’acteur dont le geste semble avoir manqué de finesse. On éclate de rire ça et là, puis on recommence. Le climat n’a pas été clément. Du coup il faut se servir d’autres instruments pour améliorer l’éclairage des gros plans. Mêmes acteurs, même lieu, mêmes gestes plus tard. Sauf que la camera s’est déplacée de l’autre côté de la route. Le trafic des piétons et des véhicules ne facilitent pas la tâche à l’équipe de tournage. « Ventousage, Ventousage », crie l’une des membres de l’équipe. « Il faut ventouser », poursuit-elle. La réaction de ses collègues laisse imaginer qu’il s’agit d’une expression pour demander le blocage de la circulation de part et d’autre de la scène. Le couple cède ensuite la place à un élève, Brian. Il marche devant le pénitencier, avec son sac à dos.

« Il s’est vite adapté. Au début ce n’était pas un acteur, mais il ressemblait à mon personnage principal. J’ai dû composer avec son feeling, et il a compris l’importance du projet », confie le réalisateur à propos de son acteur principal âgé de… 10 ans. Le petit n’a plus de complexes face la camera. Ce qui réjouit le réalisateur. Pour le reste, « ça va. Il n’y a pas trop de pression », confie-t-il. « En fait, les tâches sont partagées. Et depuis le matin, il n’y a pas de pleur. Le tout c’est de travailler. C’est comme un bâtiment qu’on doit livrer à temps, sinon on perd le contrat », poursuit le réalisateur. Selon lui, la mise en œuvre de son projet semble moins compliquée que la préparation. Surtout que ce n’est que depuis samedi, durant la cérémonie d’ouverture du festival Ecrans noirs, que son projet a été choisit au détriment de 11 autres.

Il triomphait ainsi à l’initiative « 7 jours pour 1 film », lancé en décembre 2008 par P. Judelewicz d’Acajou Films et des partenaires tels que Arice Siapi, Bassek Ba Kobhio… Selon Arice et Pascal, les projets de films arrivés en finales étaient tous de bonnes qualités. Mais, Gilbert a eu l’avantage d’avoir un film réalisable dans un délai de 7 jours. Mais encore l’histoire de ce petit garçon qui cherche son père, « est sentimentale, émotionnelle et universelle. Ca parle à tout le monde », relève P. Judelewicz. Il partage l’optimisme du réalisateur en affirmant qu’il n’a « jamais eu l’ombre d’un doute qu’on projettera ce film samedi soir ». Le public pourra alors découvrir ce court métrage qui est tourné et monté presque simultanément. Ce avec la présence des autres candidats au concours dans l’équipe de tournage.

Edouard TAMBA

Pascal JUDELEWICZ:”Il faut que l’Etat nous aide”

Interview – Pascal JUDELEWICZ

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“Il n’y a pas encore l’argent de l’Etat camerounais, et ce n’est pas normal”

Au terme d’un atelier d’écriture organisé à l’intention des 12 lauréats, le concours de court-métrage, “ 7 jours pour 1 film ”, est rentré dans l’avant-dernière phase du planning annoncé. Il s’agit pour les candidats d’apporter chacun la touche finale à son scénario.  L’initiateur du projet, producteur et responsable d’Acajou films évalue les travaux à mi-parcours.

A l’issue du stage d’écriture des lauréats du projet “ 7 jours pour 1 film ”, que pensez-vous de la qualité des scénarios retenus ?
C’est déjà une sélection, parce qu’on en a reçu plus de 150. On en a choisi 12. C’est dire qu’il y avait déjà beaucoup de qualité. Nos critères de choix exigeaient d’abord que ça raconte une bonne histoire. Que le film soit faisable dans le temps alloué au projet. C’est-à-dire le temps de fabriquer le film pendant la période des Ecrans noirs [7 jours, ndlr]. Troisièmement parce qu’on a beaucoup de festival de par le monde et avec des télévisions associées, qu’il ait la possibilité d’être projeté sur toutes les télévisions du monde. On a travaillé ici pendant une semaine, et ça a été formidable. Ils ont été extrêmement attentifs. On leur a dit dès le début : “ on est pas là pour refaire vos scénarios. On est juste là pour vous donner des conseils. On est 4 intervenants avec des sensibilités différentes. Il faut que vous avaliez toute cette matière et que vous en fassiez votre film à vous ”. Certains ont encore à travailler. Ils ont jusqu’au 20 avril pour remettre leurs projets. Et d’autres ont fait des efforts incroyables. Donc, il y a eu des phases de travail très profondes de remise en question de leurs projets et aujourd’hui, je dirais que 9 projets peuvent gagner, et même les 12 si d’ici le 20 avril, les trois autres font le travail qu’il faut.

Ces films pourront-ils se distinguer sur des tribunes internationales ?
Je ne pense qu’à ça. Les 4 intervenants étaient de sensibilités différentes. Scénaristes, metteurs, et je suis producteur. La seule chose que je vois, c’est faire un film que va pouvoir acheter une télé coréenne, une télé argentine, un festival de cinéma à Paris… C’est ça que je vise, que ce film puisse être regardé partout. Mais qu’il ait une vraie identité camerounaise, peut-être par l’histoire. Il doit pouvoir être vu partout parce que le cinéma doit se vendre, doit être exporté. Ce n’est pas fait juste pour son microcosme, c’est un langage absolument universel. C’est pour cela qu’on est passé à une nouvelle phase. Ce qu’ils doivent nous renvoyer avant le 20 avril, c’est non seulement un scénario fini, mais un vrai projet de cinéma avec des acteurs, des techniciens, des repérages… Il faut que tout soit organisé pour que le soir où on va désigner le gagnant, qu’il soit prêt à tourner.

Au terme du concours, il y aura 11 malheureux. Quels mécanismes avez-vous prévus pour qu’ils puissent trouver des producteurs ?
A ce propos, j’invite tous les producteurs camerounais à venir vers nous. Parce que les onze autres finalistes auront des produits formatés pour le niveau international, avec des gens super motivés, avec une bonne écriture, un bon scénario, une équipe, des acteurs…Ils seront prêts à tourner. Il suffit de les prendre en main et de les tourner, ces films. Ce n’est pas compliqué, même s’il faudra un peu de sou. D’autant qu’ils ont accepté de tourner dans des conditions précaires. Et moi, je ne réclame rien de ça, je n’ai pas les droits des films. Il faut qu’ils lisent les scénarios, et qu’ils traitent directement avec celui qui les intéresse. Ils ne nous doivent rien si ce n’est de nous remercier dans le générique.

Le projet est à sa première expérience, mais est-il déjà possible d’envisager plus d’argent pour la production du film gagnant qui ne perçoit que 1500 des 40 000 euros du projet ?
Il faut d’abord pérenniser ce projet, et pérenniser les partenaires. Parce qu’il y en a quelques-uns, mais pas assez pour couvrir les 40 000 euros. Je me suis lancé dans cette opération en la finançant tout seul, en espérant que des partenaires me rejoindrons. Ce qui est vrai, les affaires étrangères, le Consulat ici nous ont aidé pour les billets d’avion. La Sodeg au Canada nous a aidé sur le billet d’avion, la Communauté française de Belgique nous a aidé pour des frais. On va avoir des partenaires ici tels que Ringo, et une banque qui va nous aider. Canal + Horizon va nous aider… On a un certain nombre de partenaires, mais on n’a pas encore couvert le budget. Et pourquoi, parce qu’il n’y a pas encore l’argent de l’Etat camerounais, et ce n’est pas normal. C’est une opération camerounaise, avec des Camerounais, il faut que la culture camerounaise nous aide. J’espère qu’ils vont nous aider pour l’opération de cette année. Et surtout, qu’on va réfléchir ensemble à pérenniser cette opération, afin qu’elle se reproduise chaque année. Et aussi faire une répartition du budget où on pourra allouer plus d’argent pour le film en lui-même ; bien que ce ne soit pas vraiment le nerf de la guerre. Il faut aussi envisager un avenir plus grand. On finance un film, on pourrait en financer trois l’année prochaine. On peut aussi franchiser cette opération, elle peut être faite dans toute l’Afrique. L’idée serait partie du Cameroun et ce serait formidable. Surtout qu’une telle initiative n’existe pas ailleurs. C’est la première fois au monde qu’on fait un truc comme ça, exactement sous cette forme. Il existe d’autres systèmes pour aider le court-métrage. Et ça c’est Camerounais, même si je l’ai fait, ça appartient aux Camerounais.

Entretien avec

Edouard TAMBA
In Le Messager du 02-04-2009

Les 12 lauréats de 7 jours pour 1 film

CINÉMA

Les lauréats de 7 jours pour 1 film

Ils sont douze. Des scénaristes en herbes sélectionnés dans le cadre de l’initiative 7jours pour 1 film. Selon le site web du projet, « Gaspard Ulliel, Pascal Judelewicz, François Chaillou, Bassek Ba Kobhio, Arice Siapi, Yves Hanchar, et Denis Chouinard se sont réunit au Festival International du Film d’Amour de Mons pour sélectionner 12 lauréats qui participeront à l’Atelier 7 jours pour 1 film ». Durant cette rencontre tenue le 16 février dernier, « André Ceuterick, Directeur Général du Festival du Film d’Amour de Mons, était exceptionnellement remplacé comme membre du Jury par Olivier Giscart, chargé de production au sein de la Direction Générale des Affaires culturelles de la Province de Hainaut ». Ces derniers ont exploré 71 scénarios, proposés par une soixantaine de candidats. « Je voudrais les féliciter et les encourager. Parce qu’il y avait pas mal de candidats, beaucoup de ont postulé. Donc la lutte a été rude entre les différents candidats. Ce n’était pas facile », confie Yves Hanchar, auteur et réalisateur Belge.

Et de poursuivre : « on se retrouve à Yaoundé à la fin du mois de mars. On va travailler sur ces scénarios, et réfléchir à la mise en scène. Ca ne pourra être que très intéressant et très enrichissant pour tous les candidats, et moi-même ». Côté pratique, « tous les lauréats, dès qu’ils reçoivent l’e-mail, doivent se mettre en contact avec nous pour organiser le transport et le logement à Yaoundé », indique Pascal Judelewicz producteur, responsable d’Acajou films. Les lauréats ne devraient pas trop vite se réjouir. Car de l’avis de ce dernier, « grosso modo, tous les films sont longs, il va falloir les réduire pour pouvoir les tourner dans le temps donnée ». Il en profite pour exhorter les candidats présélectionnés à  venir « à Yaoundé avec un maximum de réflexions, un maximum de données sur ce que vous voulez faire ».

Ces candidats auront en principe jusqu’au 20 avril prochain pour peaufiner leurs scénarios et les envoyer de nouveau par courrier électronique aux organisateurs. Le courrier en question devra avoir des précisions sur « La dernière version de leur scénario, la présentation de l’équipe et une note à la réalisation ». L’identité du vainqueur final sera rendue publique lors de la cérémonie d’ouverture du prochain festival Ecrans noirs à Yaoundé. « Le matériel de tournage et de post-production lui sera alors fourni ainsi qu’une enveloppe de 1000 euros pour ses frais de production, à redistribuer à sa guise… Le film sera tourné en vidéo. Deux techniciens européens accompagneront le réalisateur et son équipe, l’un pendant le tournage, l’autre pendant la post-production », annonçait le staff du concours lors de la conférence de presse tenue à Yaoundé en octobre 2008. Puis la projection aura lieu lors de la clôture du festival Ecrans noirs.

Édouard TAMBA


La liste des lauréats
* J.Bekilé – Effet Indésirable
* E.S.Fomat – La Méprise
* A.Yougang – La fille de mes rêves
* A. Njoya – L’Ambassadeur
* G.B. Samie Moukhat – Etia
* Benjamin Nana – Le prix du pouvoir
* Gilbert Tio Balbena – Les oreilles
* Adrien Tafen – Opération Vautour
* Amélie Messaga – Ma première fois
* Gilbert Koloko – Jamais sans ma cuillère
* Landry Mbassi – Maï
* Marie Paule Langle Sene – Organes Téléphoniques

Valéry Ndongo se prend pour James Black

SPECTACLE

Valéry Ndongo se prend pour Black… James Black

Appelez-moi...

Appelez-moi...

Je suis mort. De rires seulement. J’ai déjà prévenu mes proches. Ne me cherchez pas jeudi soir. Encore moins vendredi.  Je serais au Ccf de Yaoundé. Depuis le temps que j’attendais un spectacle de Valéry Ndongo, et bien je suis servi. Je considère cet humoriste-comédien comme le plus doué de sa génération. C’est ce qui se fait de mieux actuellement au Cameroun. SI vous avez manqué “Sé pa koi jouer”, ou encore les histoire d’Atangana qui a recruté pour boy son cousin du village malgré les conseils avertis de son ami, rattrapez-vous avec Black, James Black. Valéry Ndongo, excusez du peu, c’est du talent à l’état pur avec un style rappelant un peu Essindi Mindja. Raison pour laquelle, je serais aux répétitions, et aux deux projections annoncées. Pour une fois qu’on peut se permettre des overdoses 😀

E.T.

Première de “Dans l’ombre d’une autre”

CINEMA

Francine Kemegni contre l’ombre des parents

affiche-du-film-dans-lombre-dune-autre-de-francine-kemegni« Mon gars tu vis dans le mensonge ! », lâche Bertrand à Alain Nono, son ami d’enfance. Ce dernier vient de lui raconter les derniers événements de ses vies conjugales. Il a finit par épouser Laurence, la fille qu’il aime. Une citadine claire de teint et au caractère trempé. En signe de désapprobation du choix de leur fils, les parents d’Alain n’étaient pas au mariage. « Je t’ai dit que mon père est malade, ma mère est restée à son chevet », a-t-il expliqué à Laurence. Elle ignore que Alain a une autre « épouse ». Une fille soumise qui lui a été imposée par sa mère, Maffo. Marie vit chez les parents de son mari, au village, et sait qu’elle a une coépouse à Yaoundé. Elle a accepté de vivre « dans l’ombre d’une autre ». Sa belle-mère l’arrose de conseils du genre « l’homme utilise l’amour pour avoir le sexe. La femme utilise le sexe pour avoir l’amour ».

Le mécanisme mis en place par Alain est réglé telle une horloge. Mais le temps va se charger de faire apparaître les défauts de fabrication. Deux ans déjà que les assauts répétés d’Alain sur son épouse de la ville ne produisent que des orgasmes. Le ventre de Laurence reste désespérément plat. Elle pense que la pharmacopée traditionnelle pourrait faire mieux que l’hôpital. Alain en a marre. Il est convaincu que la personne stérile ce n’est pas lui et le dit à son épouse. « J’ai un enfant », annonce-t-il à Laurence. Elle apprend alors l’existence de Marie, cette fille qui lui avait été présentée comme « la bonne à tout faire ». C’est dans les bras de… Bertrand, qu’elle va chercher consolation. L’autre en profite avant de la ramener chez Alain. Le couple retrouve son harmonie en attendant l’accouchement de Laurence. Junior après quelques mois de vie souffre d’anémie. Son père manque un infarctus en apprenant que le groupe sanguin de l’enfant ne correspond pas au sien.

Si Laurence lui a pardonné pour Marie, sa décision est sans appel. Répudier son épouse et aller chercher celle du village. Un malheur ne vient jamais seul. Alain l’apprendra dès son arrivée. C’en est trop, il décide de se pendre… Ainsi s’enchaînent les rebondissements de la fiction, « Dans l’ombre d’une autre ». Le premier long métrage de Francine Kemegni, allie suspens et humour avec une vitesse dans le récit qui amène le spectateur à imaginer la suite. Images stables, plans variés et même des travellings agrémentent les 100 minutes que dure le film. A cela s’ajoutent un jeu d’éclairage et des musiques adaptés aux contenus des différentes séquences. Au terme de la première projection du film, c’est une salve d’applaudissements qui salue l’œuvre.

« J’ai fait ce film pour décrier le fait que les parents soient toujours entrain d’intervenir dans les choix. Il faut qu’ils prennent un peu de distance dans les décisions qui engagent la vie de leurs enfants. L’acte de mariage c’est le seul acte qu’un homme signe dans sa vie », explique Francine Kemegni. Le coût du film ? « Honnêtement, je ne peux pas vous le dire parce que je ne sais pas », poursuit-elle. Solidarité et disponibilité des professionnels tels que Francis Noukiatchom, Honoré Noumabeu, Barry Amayen… ont été pour beaucoup selon la réalisatrice. La fermeture des salles de cinéma pourrait nuire à la projection du film. La réalisatrice se dit préoccupée par la question, et pense qu’en fait, « la fermeture des salles n’est pas une mauvaise chose pour le cinéma africain et camerounais. Ces salles ne vivaient pas de notre cinéma. Nous l’avons compris, nos films vont rouvrir les salles ». En attendant, Francine a la tête au Burkina Faso. Son film est en projection dans la catégorie Panorama au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou.

Édouard TAMBA

Concours de la police : Le corrigé des épreuves

LIVRE

Concours de la police : Le corrigé des épreuves

Comment aborder le concours d’entrée dans la police ? Un nouvel ouvrage propose des épreuves corrigées ainsi que des conseils pratiques

1ere-de-couverture-du-livre-le-corrige-aux-concours-de-la-police-de-bebey-ekindiComment se préparer aux concours d’entrée à la police comme élève-commissaire et élève officier de police ? La question est d’actualité avec les concours annoncés. Certains candidats à ces concours ne savent pas à quoi s’attendre quand on parle de culture générale, de dissertation juridique et de résumé de texte. L’une des pistes de solutions pourrait se trouver dans « Le corrigé des concours de la police. Commissaires et officiers. Session de 1996/1999/2001 ». L’ouvrage de Bebey Ekindi tombe à point nommé. Ou presque. Puisque l’une des cibles a subi les épreuves du concours les 7 et 8 février dernier au Lycée général Leclerc à Yaoundé. Quelques jours avant la sortie de l’opuscule. Il s’agit des candidats comme élèves-commissaires. Les autres ont encore le temps de se frotter aux anciens épreuves, précédées de « conseils pratiques ». En culture générale, l’élaboration du sujet « a pour corrélats la compréhension du sujet, le bilan des connaissances, l’organisation des idées, la mise en œuvre du plan du point de vue du contenu et de la forme, et la rédaction proprement dite », précise l’auteur, expert en sécurité internationale et conflits.

Mais encore, le candidat devra absolument suivre un plan avec introduction, développement et conclusion. Pour illustration, plusieurs épreuves sont proposées avec corrigés. « Notre administration publique a besoin de cadres compétents et dévoués pour relever avec efficacité les nombreux défis qui interpellent nos pays en développement. Commentez et discutez ». Sujet proposé en 2001 aux concourants élèves-commissaires de police. En 1996, ils ont été invités à commenter la décolonisation en Afrique. L’ouvrage contient aussi des épreuves proposées aux concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam), et l’Institut des relations international du Cameroun (Iric). La même approché est utilisée par l’auteur pour expliquer au candidat ce qu’on attend de lui : comprendre le sujet, construire le plan en continuation ou en opposition, rédiger… « Le candidat doit bannir le plan consistant à traiter dans une première partie le premier terme de la comparaison. Un tel plan traduit l’incompréhension du sujet qui n’a rien à voir avec l’addiction de deux questions », prévient l’auteur.

Pour l’épreuve de résumé de texte, il ne s’agit pas de faire « une note critique ou un commentaire de texte », encore moins « une présentation explication ou interprétation de la pensée de l’auteur », ou « un résumé partiel », déconseille l’auteur. Selon lui, le résumé de texte consiste à « faire ressortir l’idée générale du texte, condenser exclusivement les idées contenues dans le texte sa déformer la pensée de l’auteur… », en respectant le plan de l’auteur. L’auteur affirme sa volonté « d’apporter simplement sa contribution aux efforts déjà entrepris par les candidats eux-mêmes », dans son avis aux lecteurs. Car, « on a constaté des lacunes graves chez certains candidats tant sur le plan de la méthode que du contenu », relève-t-il. C’est le premier du genre dans le domaine. Et pour Bebey Ekindi, il est question à travers l’ouvrage de 114 pages, « d’accompagner le candidat dans la maîtrise du style et de l’organisation des connaissances en vue de la production d’un devoir de qualité ».

Edouard TAMBA

Bebey Ekindi

Le corrigé des concours de la police Commissaires et officiers Session de 1996/1999/2001

Edition 2009

114 p.

Jack Djeyim cherche son chemin à Yaoundé

NOUVEAUTE

Jack Djeyim demande le chemin

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Le guitariste camerounais Jack Djeyim a-t-il perdu son chemin ? En tout cas, le titre de son nouvel album en donne l’impression : « Show me the way ». Il s’agit d’un opus de 17 titres que le public camerounais découvrira samedi prochain, 10 janvier 2008. D’abord à l’occasion de la conférence de presse prévue à 16h, au Cabaret Lysa & Christopher au quartier Tsinga à Yaoundé. Accueillera en soirée la cérémonie de dédicace de cet album. A l’instar de ses trois premiers albums, Jack Djeyim emmène mélomane et auditeurs ordinaires dans une balade de jazz. S’il ne cache pas d’avoir été influencé par des guitaristes tels que Jackson Brown, Barclay James, Cat Stevens et Bob Marley sa musique ne manque pas de personnalité.

Il s’agit de fusion avec les mélodies de son ouest natal de Jack Djeyim. Les spécialistes parlent d’afro-jazz-fusion. Il s’agit selon ses proches, d’une musique qui « nous suggère la proximité des sentiments mus par les mêmes désirs de paix et de bonheur que les humains partagent d’un bout à l’autre de la planète ». En terme de contenu, « le guitariste né à Douala réalise le rêve qui habitait depuis quelque temps son esprit depuis quelque temps son esprit : un album presque entièrement instrumental, partagé en deux volets distincts et arrangés autour du jeu de sa guitare électrique, inspirée, généreuse », confier l’équipe de production.

Pour cette dernière livraison, « j’ai pu travailler dans des conditions exceptionnelles », se réjouit l’artiste. La composition de l’équipe de production en dit long. Que des cadors à la bass : Guy Sangué, Etienne Mbappé, Raymond Doumbè et Noël Ekwabi. Brice Wouassi, Valérie Lobè et Denis Tchangou assurent à la batterie. Les claviers portent les signatures de Patrick Bebey, Don Dieu divin et Mario Canonge. L’album porte aussi les traces de Manu Dibango et Irissa Fiop, les invités de marque. Que du beau monde pour un chemin tout tracé avec « les ambiances oniriques du rocker aux élans débridés ou la mélancolie vibrante des bardes mandingues »…

Edouard TAMBA