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Sortez Le Messager de son ghetto!

pius njawe

Je suis à ma troisième expérience du Messager. D’abord comme jeune lecteur dans les années 1990. Ensuite comme journaliste en service dans ce quotidien. Enfin comme lecteur et observateur de l’univers des médias. De toutes ces expériences, il me reste difficile de dissocier Le Messager de Pius NJAWE. Et pour cause…

J’observe encore plus Le Messager depuis le décès de son Fondateur. Je n’ai plus entendu parler de faim du mois interminable. Chapeau aux successeurs qui sont la famille, l’équipe managériale et les travailleurs du quotidien (journalistes, graphistes, monteurs…). J’ai aussi noté que le journal a gardé son ton. Impertinent. Bravo au « Coach » qui joue sa partition après le départ brutal du Général en chef. J’utilise ici un terme martial pour rappeler ici que Le Messager est un journal de combat ; « à l’écoute du Peuple ».

Les derniers chiffres de Messapresse se passent de tout commentaire. Si le Peuple est resté attaché à ce journal, il est impératif de mieux le servir. Cela commence par la relecture. J’ai parfois l’impression que chacun écrit dans « son » français et les articles passent comme lettre à la poste. Ecouter le Peuple c’est aussi le respecter en lui servant de la qualité. Et pourquoi pas de la quantité en passant à 16 pages ? Yes you can !

Je m’en vais vous demander plus. Parce qu’être à l’écoute du Peuple, c’est aussi venir vers lui avec les informations collectées çà et là. Qu’avez-vous fait de votre site web ? Comment le premier journal camerounais à aller sur Internet n’y est plus ? Que faites-vous de ces milliers de Camerounais et autres lecteurs à travers le monde ? Ils ont soif de savoir ce qui se passe au Cameroun. Vous n’avez pas le droit de les en priver. Il ne s’agit pas d’un luxe. Il s’agit d’une nécessité.

La génération des années 1980-1990 qui permettait au Messager de tirer plus de 200 mille exemplaires est en train de passer. Une nouvelle génération de lecteurs arrive. Elle est mobile, pressée, localisable, connectée et équipée de gadgets qui font tout. Elle a aussi besoin d’informations. Le devoir du Messager de l’après NJAWE, c’est la maîtrise de cette ancienne génération et la conquête de ce nouveau public.

Comprendre les nouveaux enjeux, les nouvelles pratiques et les modèles économiques qui vont avec. Je puis confier ici que Pius NJAWE y pensait. Sérieusement. Comme un architecte qui souhaite apporter une nouvelle touche à un édifice inachevé. Rendez-lui hommage en matérialisant ce vœux, rêve et projet. Sortez Le Messager de son ghetto !

Par Edouard TAMBA

(Ancien journaliste au quotidien Le Messager)

 

PS Ce texte est supposé paraître dans Le Messager de ce matin, 12 juillet 2011. Je l’ai écrit à la suite d’une sollicitation de la Rédaction. Une façon de commémorer le premier anniversaire du décès de Pius NJAWE.

1 Comment

  1. [...] aux allures spéciales du 12 juillet ira jusqu’à mobiliser ses anciens reporters comme Edouard Tamba dont le billet sera émouvant, révélateur et incitateur. Pour certains internautes, c’était [...]

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