Pius Njawé et la prévention routière

PIUS NJAWE

Gars tu es au courant?” “Gars ton ancien boss est mort” ” Gars blablabla“… Le réveil a plutôt été brutal. Et triste. Tout ces coups de fils pour parler du décès de Pius Njawe, Directeur de publication du quotidien Le Messager au Cameroun. Mon patron trois années durant. Je reviendrais probablement sur l’homme que j’ai connu. Mais ce matin, je voudrais publier cet article sur mon blog. J’en suis l’auteur, à une époque où j’étais stagiaire au quotidien Le Messager. C’est à l’occasion de cet conférence que je le rencontre vraiment pour la première fois. Le coordonnateur de la rédaction à l’époque, Jean François Channon me présente et il me lâche son traditionnel “ça va?”. J’ai choisi cet article pour illustrer la cruauté du sort. Ce n’était pas suffisant de perdre sa compagne dans un accident de la circulation. Il a fallu qu’il y passe aussi. Et pourtant, il avait fait de la prévention routière un cheval de bataille…

R.I.P Dp

PRÉVENTION ROUTIÈRE

Les usagers de la route sensibilisés à Yaoundé

La Fondation Jane and Justice (Fjj) a rencontré les médias de la capitale hier, 21 décembre 2006

Face à la gravité de la situation, le modérateur, Jean-Célestin Edjangue, commence son propos par des chiffres issus d’une étude menée par la Fondation Jane and Justice. On apprend alors que près de 1200 personnes en moyenne ont perdu la vie sur les routes en 2005 au Cameroun. Au regard de ces statistiques, il est question de “ savoir si notre société est prête à mener une guerre totale contre l’inconscience et le laxisme ”, poursuit-il. Car, “ il n’est pas question que je me suicide avec la complicité de quelques chauffards ”, lance Kouokam Narcisse, représentant de la société civile. Cet humoriste tient à aller au cimetière à pas lents.

Ce combat est aussi mené par la Fjj à travers la semaine de la prévention routière. Le thème retenu porte sur : “ Jeunesse, médias et prévention routière ”. Mais, “ plus on en parle et plus les gens meurent sur la route ”, déplore Pius Njawe, le secrétaire exécutif de la Fjj. Pour illustration, il indique qu’autour de la ville d’Edéa, les accidents de la circulation sont la deuxième cause de mortalité, derrière le paludisme. Les chiffres du secrétariat d’Etat à la défense (Sed) sont plus précis : 875 accidents mortels dont 1150 décès et 6245 blessés pour l’année 2005. Dans son propos, le Lieutenant-colonel Bidja Henri Robert, représentant du Sed, signale que plus de 47.000 infractions au Code de la route ont été recensées par la gendarmerie nationale.

Selon le représentant du ministère des Transports, Ngoumbe Zacharie, 20 % des accidents sont causés par des problèmes techniques. Les données issues de leurs radars annoncent que 80 % des particuliers roulent en excès de vitesse. Pour ce qui est des causes, le représentant du Sed pense qu’il faut s’interroger sur l’état des routes, des véhicules, des chauffeurs et des hôpitaux. A propos de ces hôpitaux, il affirme que seulement 20 à 25 % des victimes meurent sur le champ.

Au cours de la rencontre, de nombreuses accusations sont formulées contre les transporteurs. Leur représentant, Tonfak Charles, s’en défend : “ Nous avons toujours la malchance d’être indexés. ” Il avoue qu’ils sensibilisent leurs chauffeurs et “ nous promettons de ne pas nous fatiguer de prodiguer les conseils ” dans le cadre de l’Association des professionnels du transport interurbain des personnes du Cameroun (Aprotipcam). Pour lui cependant, l’action n’est pas encore visible et “ Nous avançons lentement parce que nous sommes pressés ”, explique-t-il. Devant cette “ courbe des accidents ascendante, tous les acteurs sont interpellés ”, reconnaît le Commissaire divisionnaire Hamadou Kary, représentant de la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn).
Dans la même lancée, Le représentant du Mintransports appelle à une implication plus effective de tout le monde, et rassure que son département ministériel soutient toutes les initiatives de prévention routière. Mais, pour plus d’efficacité, ce dernier souhaite que “ chacun joue son rôle ”, comme dans un orchestre de musique. Les médias, cibles particulières de cette rencontre, se sont plutôt faits rares.

Cette troisième édition de la semaine de la prévention routière s’achève aujourd’hui par un défilé de motos – taxis à Douala. Dans ce cadre, un atelier de formation réunit des journalistes dans la capitale économique en début de semaine. Et plusieurs activités ont été menées depuis le 18 décembre, avec la distribution des prospectus et autocollants portant des messages de sensibilisation. Tout ceci pour “ arrêter l’hécatombe ”.

YAOUNDE, 22 DEC. 2006
© Edouard Tamba | Le Messager

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