Le cas Paul Le Guen

INSUFFISANCES

Le cas Paul Le Guen

“Les limites de Le Guen commencent à apparaître… elles pourraient s’étaler tout à l’heure, surtout qu’il ne sait plus coacher quand son équipe est menée :(“

J’ai tenu ces propos sur mon profil facebook hier à 12h08. Ce n’était pas pour jouer les oiseaux de mauvaises augures. Encore moins de me là jouer devin en possession d’une boule de cristal. N’allez même pas imaginer que je n’aime pas le foot, ou alors que je n’aime pas nos Lions indomptables. Les réguliers de ce blogs et de mes écrits du temps ou j’exerçais au quotidien Le Messager en savent quelque chose. A la suite de mes propos sur Facebook, l’un de mes facebookfriends m’a demandé quelles étaient les limites de Paul Le Guen. Une question à laquelle mes dires apportaient un début de réponse. Je le dis encore, Le Guen ne sait pas coacher quand son équipe est menée à la marque. Et plus grave, cette équipe des Lions indomptables ne sait pas courir après le score quand l’adversaire mène. Mais, restons sur le cas Le Guen, puisque c’est de lui qu’il s’agissait au départ.
Ce coach arrive au Cameroun avec pour mission de qualifier l’équipe nationale au premier mondial en terre africaine. A ce moment, les quadruples champions d’Afrique sont derniers du groupe A des éliminatoires Can/Mondial 2010, derrière le Maroc, le Togo et le Gabon. Et avant son arrivée, l’encadrement technique de cette équipe n’a fait que balbutié. Avec l’aide des pouvoirs publics que représentent le ministère des sports et la fédération. C’est donc une sorte de messie qui pose ses valisent chez les Lions. Accueil pompeux. Gaspillage des fonds publics. Appel à l’Union sacrée… La presse baisse la garde. Le Guen s’en retrouve en état de grâce. Forte tête, il s’empresse de virer le vieux capitaine Rigobert Song, celui par qui le Cameroun remporte la Can 2000 et celui par qui la même équipe là perd en 2008. Tout un monument dont on ne souviendra que des méfaits. La vie est comme ça… Manquez l’occasion de sortir par la grande porte et vous serez un mouton noir à vie dans les mémoires. Quelque soit la grandeur de votre oeuvre 🙁 Pour rester sur Le cas Le Guen, il a tôt fait de retirer le brassard à son ancien collègue du championnat français. Et voilà Samuel Eto’o Fils capitaine. On applaudit.
Le Guen, poursuit sur sa lancée en décidant de virer le même Song du stade. Pas de quoi s’inquiéter. On en a un autre. Plus jeune. Très en jambe. Dans la foulée, les jeunes Bassong et Assou-Ekotto sont de nouveau sollicités. Ils répondent à l’appel de la Terre chérie. On applaudit. On aurait dû attendre un peu. Puisque la première confrontation Cameroun-Gabon à Libreville voit le dinosaure, aux 7 Can à l’époque, revenir sur l’aire de jeu. Entretemps, il ya eu cette longue et chaude explication entre Le Guen et Rigobert Song. Le jeune Bassong, titulaire dans un club qui ne joue pas les seconds rôles en Premier league anglaise, est donc sacrifié. Au profit d’un autre qui n’a plus rien à prouver. Là, il y a une faute de management qui met Le Guen devant un mur. Il cède. Les résultats vont en faveur des Lions. Ils se qualifient pour le mondial sud-africain. Mais tout observateur lucide peut remarquer que cette équipe est physiquement à bout de souffle. Elle roule les mécaniques et jouit de son influent passé comme avantage psychologique. Le fighting spirit fait le reste. On applaudit.
Le temps de la Coupe d’Afrique arrive. Les équipes entrent en stage. Le Guen finit par publier sa liste des 23. On y voit Joël Matip et on applaudit. On aurait dû attendre. La suite de la liste a des curiosités telles que l’absence de Bassong et la présence de Mohamadou Idrissou. Les mines changent. Les Lions sont en vadrouille. Les autres peaufinent leur stratégie d’équipe. L’affaire se corse avec une blessure annoncée chez Assou-Ekotto et des problèmes administratifs pour le cas Matip. Le Guen s’empresse d’appeler Binya pour remplacer le latéral gauche de Tottenham. Il aurait pu demander à la Fédération camerounaise de football de vérifier cas. Et Matip? on tourne en rond. Le Guen est plus occupé à gérer ses consultations chez Canal +. Jusqu’à sacrifier le stage des Lions. Ils partiront sans la traditionnelle onction du peuple à Mfandéna. Les joueurs ayant relâché physiquement pendant que l’autre pérorait à la télé, les bobos sont vites arrivés chez Mbia, Eto’o et Alexandre Song. Dans la foulée, le Togo est traumatisé par une attaque d’insurgés angolais. Le Guen à nouveau, étale ses qualités de leader rassembleur pour proposer que les Lions abandonnent la Can.
Arrive le premier match du Cameroun dans cette Can. On voit dès les premières minutes, une équipe de camerounais suffisants, face aux revanchards gabonais. Mené à la marque dès la 17e minute, le Cameroun sombre et ne peut faire le siège chez les Panthères. Les remplacements opérés par Le Guen n’y font rien. Rien de surprenant quand on l’a vu opérer en France et en Ecosse. Manque de finesse dans les décisions et les choix. Et il y a lieu de s’inquiéter. Car avec 22 joueurs dont quelques uns sont sans doublure, sucer la Can 2010 pourrait avoir un goût bien amer… Quant à la Coupe du monde, c’est une autre histoire.

Edouard TAMBA

PS Je vous recommande ce post que j’ai découvert ce matin même, après avoir rédigé ma chronique.

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