Quand le web change la donne dans la presse

PRESSE

Quand le web change la donne

Les participants aux 41e assises  de l’Union de la presse francophone s’interroge sur les influencent issue d’Internet sur le journalisme

Où va le journalisme ? La question mérite d’être posée. Car l’affaire ne s’arrête plus au niveau de la presse écrite, la radio et la télévision. Il fut un temps où l’on présentait la radio comme étant « le média de l’immédiat ». Un célèbre adage, souvent attribué à Hubert Beuve-Mery, affirme que « la radio annonce, la télévision montre et la presse écrite explique ». Et Internet alors ? Et ce web 2.0 avec ses blogs, ses citizen journalist et ses réseaux sociaux ? Quid des devoirs du journaliste, de la liberté d’expression et des droits du public ? L’affaire est aussi vaste que complexe. N’empêche, l’Union de la presse francophone (Upf) a saisi l’occasion de ses 41e assises internationales à Yaoundé au Cameroun, pour aborder le sujet. « Internet change-t-il la donne ? »

Question posée à des panélistes. Haman Mana, directeur de publication du quotidien Le Jour s’insurge contre le fait que les productions de ses collaborateurs soient pillées sur la Toile. Il s’en prend au site www.cameroon-info.net auquel il a intenté une action infructueuse en justice. Cet espace n’étant pas le seul à se livrer au piratage des articles de presse, le chef d’entreprise qu’il est s’interroge : « Comment faire pour capter les retombées financières inhérentes à la production éditoriale en ligne ? » Une question montrant de son point de vue, que la donne a changé. Les exemples de Philippe Dessaint de Tv5 vont dans le même sens. Que faire des journalistes/bloggers ? « Vont-ils devenir des marques grâce à Internet », demande-t-il en référence à l’article faisant la Une de la dernière édition de La Gazette de la presse francophone.

Quid des commentaires de ces derniers face à la ligne éditoriale du média qui les emploi ? La confusion n’est pas si éloignée. Ce dernier ne manque pas d’évoquer le problème de la rapidité pour ce qui est de la diffusion des nouvelles. Les étapes du recoupement en prennent un coup avec le web. Ibrahim Koné est encore plus affirmatif, voir militant. Pour lui, Internet permet d’inventer, d’innover et de protéger le pluralisme de l’information face à de systèmes politiques de plus en plus « présidentialistes ». Avec le web, « notre métier ne peut plus être pratiqué comme une affaire d’initiés. Le journaliste n’a plus le monopole de l’opinion », argue-t-il. Conséquence, « Internet change la donne », assène Ibrahim Koné, et « nous voici remis à notre place », celle de chercher, fouiner, vérifier, mettre en forme, hiérarchiser et diffuser.

Et si la place dont parle Ibrahim correspond au journalisme tel qu’il doit être pratiqué ? La lecture croisé des différentes évolutions dans les textes fixant les libertés que fait Pr. Tjadé Eone montre bien que droits et devoirs restent les mêmes. L’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 en France, le premier amendement de la constitution américaine, l’article 19 de la déclaration universelle des doits de l’Homme et des peuples et du Pacte internationale relatif aux droits civiques et politiques… les constitutions et loi nationales etc. réaffirment la liberté d’expression tout en rappelant le devoir de responsabilité.

Internet ou autre chose, « ce qui est important, c’est l’homme ou la femme qui utilise ces outils. Notre travail reste le même. Nous tous, chacun est responsables de l’utilisation de cette liberté », ajoute la président da la section Croatie de l’Upf. Mais il se trouve que les entreprises  de presse, quoique de service public, ont des visées commerciales. Les nouvelles technologies rendent les anciens modèles économiques inopérants. Et à ce niveau, il serait bien compliqué d’affirmer que Internet de change pas la donne.

Edouard TAMBA

2 thoughts on “Quand le web change la donne dans la presse

  1. oniN

    Certains des mes sites le font, et j’imagine le préjudice que ça peut poser, mais si Haman Mana met une bannière rouge sur son site, en citant explicitement les sites incriminés et en leur demandant de ne plus copier ses articles, ils ne copieront plus…

    Des fois, on a plus peur de l’humiliation publique que d’une action en justice dont on sait que le Jour, basé au Cameroun, ne gagnera pas contre Cameroon-Info, hébergé aux USA…

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