Rostant TANE: “La Crtv n’a pas les mains libres”

ROSTANT TANE

« Avec Sporfive ces droits n’auraient pas excédés 66 millions de Cfa »

Consultant en veille stratégique et intelligence media, il revient sur la non retransmission du match Cameroun-Maroc par la Crtv , et les contours du marché de l’acquisition des droits des images


Rostant taneMalgré l’obtention des droits de diffusion, la Crtv n’a pas pu diffuser la 1ere manche du match Cameroun-Maroc. Comment s’explique cette défaillance?

De sources internes et officielles à la Crtv , l’on a parlé des problèmes techniques qui se résumeraient au brouillage des ondes et l’absence du signal dans les coordonnées données par le détenteur des droits (Sport Global Management – Sgm). Mais en tant que spécialiste en intelligence média, nous nous sommes étendu sur la question : ce qui fait prévoir plusieurs scenarii. Premièrement, le brouillage évoqué est possible, dans la mesure où plusieurs canaux destinés aux transmissions audiovisuelles satellitaires supposés être libres  sont occupées pas des fournisseurs d’accès Internet à la connaissance de l’Art. Les câblo-opérateurs /Mmds /câbles en souffre et ce n’est pas la première fois que la Crtv est face à ce problème qui la met dans l’incapacité de communiquer avec l’extérieure.

Deuxièmement, le second problème est lié soit à l’inexpérience de Sgm dans les transmissions des flux audio, en réalité les techniciens de la Crtv estiment avoir peiné sans succès à retrouver le signal dans les coordonnées transmises par le détenteur des droits. Cela pose en filigrane un problème de manque de professionnalisme des gestionnaires des droits et acteurs impliqués dans la filière. Ce qui s’explique par le fait que les délais d’octroi des droits étaient trop limités au point de ne pas laisser le temps aux interlocuteurs de faire des tests de réceptivités.

En fin, reconnaissons aussi le manque de pro activité des techniciens de la Crtv. Certains câblo-opérateurs ont pu prendre le match dès le début sur la chaîne Al Maghribiya, deuxième chaîne marocaine à vocation internationale diffusant sur la Nss 7. L’on évoquera la question des droits, il n’en n’est nullement pas question dans la mesure où l’Etat camerounais a acquis ces droits au second détenteur qui est lié au premier Sport Five. Ce dernier a l’obligation de produire le signal pour les chaînes partenaires et par conséquent ne saurait permettre à la chaîne marocaine de réclamer les droits dûment acquis auprès de Sgm. Pour ainsi dire qu’une parabole motorisée aurait été immédiatement déployée dès constatation du problème.

Pourquoi la Crtv se fait-elle devancer par des intermédiaires lors de la phase d’acquisition des droits?

La question de la gestion des droits sportifs est complexe. J’aimerais relever avant toute chose, que contrairement à ce que pense l’opinion, la Crtv n’a pas les mains libres quant à la conduite d’une opération d’acquisition des droits sans l’assistance du Premier ministère. C’est la pratique dans les entreprises parapubliques qui voudrait qu’au delà d’un certain montant, on doit avoir l’aval et l’assistance du Premier ministère.  Ce qui est déjà un boulet au pied de la Crtv. Et cela s’ajoute au problème de lenteurs administratives au Cameroun dans la conduite des dossiers urgents.

L’on note également un manque d’anticipation dans le management, fruit de la mauvaise organisation ou le manque de renseignement opérationnel et stratégique qui aurait permis de balayer l’incertitude et de décider en temps réel sur l’acquisition desdits droits au premier détenteur. En réalité ces droits acquis par Sgm n’auraient pas excédés 100 000 Euros (environs 66 milliosn de Fcfa), contre les 400 000 Euros (environs 260 millions de Fcfa) versés auprès de Sgm, si la Crtv avait approché Sporfive avant Sgm. En réalité c’est le manque de d’anticipation qui nous a conduit à des telles situations Un responsable de  SportFive affirmait que la Crtv représentait un grand potentiel client dans la commercialisation des droits de la coupe de monde phase qualificative mais très difficile à gérer et imprévisible.

Est-ce normal que ces images soient en général cédées à des entreprises qui n’ont pas les moyens de diffuser les matchs? N’est-ce pas un marché sans transparence?

La question ne se pose même pas. Les droits ont une valeur marchande respectant toutes les règles commerciales. L’acquéreur ne doit pas forcement être producteur ou diffuseur.

Interview réalisée (via Internet) par

Edouard TAMBA

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