Quand le gouvernement accuse le laxisme du régulateur des télécoms

TÉLÉCOMMUNICATIONS

« Performances » du Minpostel épingle le laxisme de l’Art

L’édition octobre-décembre 2009 de magasine d’information du Minpostel, “Performances des P&T” est dans les kiosques. Arrêts sur la campagne d’identification des abonnés à la téléphonie mobile, l’évolution du projet Cab…

Il y a une affluence particulière autour des opérateurs de téléphonie mobile à travers leurs agences et autres points agréés. Il ne s’agit pas de clients sollicitant des abonnements. Ils en ont déjà. Ils veulent juste se conformer à un arrêté du ministre des postes et télécommunications (Minpostel) invitant les usagers de la téléphonie mobile à s’identifier. Si le texte date du 27 mai 2009, l’actuel saisit l’occasion de la parution de la publication de son département pour expliquer le bien fondé de cette mesure. C’est une opération visant à « rendre le secteur de la téléphonie plus sûr au Cameroun », affirme Jean-Pierre Biyiti bi Essam à travers l’éditorial du n° 5 de « Performances des P&T ».

Mais encore, il est question d’ « assurer la sécurité et la protection des citoyens », car, « le constat est clair : de nombreuses infractions sont de plus en plus commises par le biais du téléphone – et même d’Internet », poursuit le ministre éditorialiste. Mais pourquoi avoir attendu autant de temps ? N’y aurait-il pas un événement particulier qui aurait poussé les pouvoirs publics à prendre cette mesure ? Dans une interview, le Sous-directeur de la réglementation au Minpostel assure que « c’est juste un simple rappel des opérateurs à l’ordre… Nous ne savons pas pour quelles raisons [ils] ont abandonné cette clause de leur contrat ».

Et cette négligence des opérateurs a été accompagnée du laxisme de l’autorité en charge de la régulation, apprend-on. « Dans la situation actuelle, le ministre de peut pas se croiser les bras. Il faut qu’on le sache, le ministre a interpellé le régulateur sur la situation qui prévaut pour lui rappeler que c’est son devoir de rappeler les opérateurs à l’ordre. Le ministère a attendu sa réponse en vain. Il n’a pas eu vent qu’une réunion a été convoquée avec les opérateurs pour faire respecter les textes », révèle Etitane Bélinga Emmanuel dans les colonnes de Performances des P&T. Entre accusations et explications, la publication s’intéresse aussi aux avis des abonnés. Mais surtout, au sujet qui attire l’attention de tous les acteurs des télécommunications au Cameroun : la fibre optique.

Projet Cab

L’on y rappelle qu’un accord de financement/prêt a été signé en juillet dernier entre les autorités camerounaise et chinoise, pour un montant de 26 milliards de Fcfa. Ce, pour « construire un réseau de câble de fibre optique sur une longueur de 3200 Km afin de doter le Cameroun d’infrastructures modernes pour le développement des Technologies de l’information et de la communication (Tic)… Le projet est financé à 85% par la partie chinoise ». En attendant que ce projet s’achève en février 2010, « quel est l’état des lieux de la couverture nationale en matière de télécommunication ?», la réponse attendue du directeur de la planification et du développement des postes et télécommunication vire sur un exposé des dispositions de la loi régissant les télécoms au Cameroun.

Et le précédant éditorialiste de se prononcer sur la fibre optique, le temps d’une interview en double page centrale. Biyiti bi Essam fait le point en ce qui concerne le projet Central african backbone dont le Cameroun sert de base « Le véritable objectif de ce projet est l’interconnexion des pays de l’Afrique centrale par un réseau à fibre optique haut débit pour permettre, entre autres, aux pays enclavés de la sous-région d’avoir accès au câble sous-marin à fibre optique Sat-3 à partir du point d’atterrissement de Douala », indique le Minpostel. La publication de 46 pages en quadrichromie s’arrête aussi le réseau des Télécentres communautaires polyvalents au Cameroun, « les antennes de téléphonie mobile et notre santé », le contre parental comme filtre de sécurité sur le Web… On y annonce aussi la disponibilité du Guide pratique de financement des projets du Fonds spécial des télécommunications. Inutile d’aller s’en procurer. Selon le rédacteur en chef de Performances des P&T, Amadou Bello, les stocks sont épuisés.

Edouard TAMBA

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