E-LEARNING:Pour une « intégration pédagogique » des Tic dans l’éducation

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Pour une « intégration pédagogique » des Tic dans l’éducation

Le Développement et l’adoption des  programmes informatiques d’enseignement à distance dans le supérieur sont une urgence en Afrique

L’intégration des Technologies de l’information et de la communication (Tic) dans l’éducation en Afrique est un défi. Tellement que tout les gouvernements en parlent. Mais quid de la mise en oeuvre de cette intégration ? Au Cameroun par exemple, les cours d’informatique sont entrés dans les programmes scolaires de l’enseignement secondaire. C’est ainsi qu’en plus des cours théoriques, les établissements se sont dotés de salles dites d’informatiques. Des espaces généralement équipés d’ordinateurs. La qualité et les performances de ces machines relèvent évidemment d’un autre débat. Cette approche au Cameroun est propre à bien de pays africain. Il s’agit là d’une « intégration physique », pour reprendre la définition de Thierry Karsenti auteur de l’ouvrage « Utilisation pédagogique des Tic : Stratégies d’actions et pistes de réflexions » et enseignant à l’Université de Montréal. Dans un article publié sur le site www.elearning-africa.com, il relève que « ceci est la pratique dominante observée dans les 120 écoles impliquées dans l’Agenda panafricain de recherche sur l’intégration pédagogique des Tic. Par exemple, l’école primaire et secondaire « Les Oiselets » à Bafoussam, au Cameroun est équipée d’ordinateurs et plusieurs enseignants les utilisent avec leurs élèves – mais seulement de manière occasionnelle ».

Au concept d’intégration physique, il oppose ce lui d’« intégration pédagogique ». Ce qu’il comme « l’utilisation appropriée, habituelle et suffisamment régulière des Tic dans le but de produire des changements bénéfiques dans les pratiques éducatives et améliorer l’apprentissage des élèves. Ce type d’intégration implique l’utilisation systématique des Tic dans l’enseignement et l’apprentissage ». Le E-Learning justement, arrive comme une réponse pratique à ce besoin d‘intégration pédagogique. Pas étonnant donc que le Centre de recherche pour le développement international éditeur de l’ouvrage suscité, s’intéresse aux projets d’enseignement à distance. A la faveur du forum Acacia tenu en octobre 2009 à Dakar au Sénégal, deux projets de E-learning ont justement fait le point. Il s’agit de l’African virtual open initiatives and ressources (Avoir), et la Plate-forme d’outils en logiciel libre pour l’enseignement supérieur (Polles). Le premier étant mis en œuvre dans près de 16 universités en Afrique australe, s’appuie sur la plate-forme Chisimba pour assurer le développement d’un ensemble de logiciels libres pour l’enseignement. Ce que fait aussi Polles dans le Maghreb s’appuyant sur Sakai.

« C’est pour la gestion administrative des étudiants et la couche utilitaires destinées aux étudiants. Donc c’est une plate-forme d’aide au téléenseignement. Tous les produits sont en open source. Vous avez le droit de modifier, de compléter des choses, de distribuer… tout en restant dans la légalités. Vous n’avez pas le droit de le vendre », explique l’un des membres de l’équipe, présent au Forum Acacia, Sellami Mokhtar. Ces chercheurs ne se contentent pas d’exploiter des plate-forme préexistantes. Pour le cas de Polles, « nous avons assuré sa portabilité vers des interfaces en français et en arabe. Avec cela, il y a la définition de tous les contenus. Une plate-forme vide ne sert à rien. On a défini un certain nombre de modules prioritaires qui sont communs à plusieurs établissements. Et aujourd’hui, nous avons plus de 3400 étudiants qui sont inscrits et suivis à travers la plate-forme », explique Sellami Mokhtar. De quoi favoriser le passage de l’enseignement des Tic, à l’usage des Tic dans l’enseignement.

Edouard TAMBA

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