Daily Archives: 24 October 2009

SELLAMI MOKHTAR : « Polles assure un suivi régulier de l’étudiant »

SELLAMI MOKHTAR

ph African Commons

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« Polles assure un suivi régulier de l’étudiant »

La Plate-forme d’outils en logiciel libre pour l’enseignement supérieur (Polles) apporte sa contribution en matière d’enseignement à distance dans des universités au Maroc, en Tunisie et en Algérie. Sellami Mokhtar, membre de l’équipe et enseignant à l’université Badji Moktar d’Annaba en Algérie en parle

De façon concrète, comment fonctionne Polles ?

Premièrement, un enseignant qui dépose son cours c’est lui qui en est le propriétaire. C’est à lui d’autoriser ou non une personne à disposer ou non de son contenu. D’une façon globale, vous avez un certain nombre d’enseignants identifiés qui travaillent sur le développement des contenus (leurs cours), avec les exercices. Cela se présente sous plusieurs formats, World, Powerpoint, Pdf etc. A côté de ces contenus, vous avez des étudiants qui sont informés par exemple que le cours de programmation logique est en ligne et qu’ils doivent s’inscrire. Ces étudiants vont faire une pré inscription pour le cours. L’enseignant va valider l’inscription pour son cours, pour autoriser. Certains cours qui sont libres pour tout le monde, étudiants ou non. Tandis que certains enseignants insiste sur la propriété de leur produits, donc de ce fait autorisent eux-mêmes l’inscription. Ils font une opération de validation et l’étudiant se retrouve dans une sorte de classe virtuelle, il bénéficie des cours. Ces cours sont échelonnés dans le temps. C’est-à-dire que si cette semaine je dois aborder un chapitre, ce chapitre ne sera disponible que lorsque moi je commence. L’étudiant a ensuite une période pour faire les exercices. Si on lui laisse par exemple 15 jours, après les 15 jours, si ce n’est pas effectué, le devoir disparaît. En plus de la communication, l’outil assure un suivi régulier de l’étudiant. On peut savoir quels sont les étudiants qui viennent souvent, les autres cours qu’ils consultent, les devoirs qu’ils ont déposés ou pas, est-ce qu’ils ont “chatté” avec d’autres étudiants… Ca permet de faire un bon suivi de l’étudiant.

Depuis que Polles fonctionne, peut-on avoir une idée de son impact sur les résultats des étudiants et la qualité des enseignements ?

C’est difficile à évaluer. C’est possible avec des systèmes qui sont à 100% en ligne. Là c’est un soutien supplémentaire. Il faut être très patient pour arriver à des conclusions. Disons que ça permet à l’étudiant qui rate un cours de se retrouver, de suivre les événements. Ca permet aussi à l’enseignant qui est en déplacement, même à des centaines de kilomètres, de voir ce qui se passe dans son cours. D’une façon globale, la question que vous posez se pose sur la technologie elle-même, le e-learning, son apport. Et comme on dit, il y a à boire te à manger.

Cette plate-forme va-t-elle survivre au financement du Crdi ?

C’est une plate-forme libre avec des logiciels assez lourds. Elle est développée en Anglais et évolue. Il faut continuer à assurer son internationalisation en français. Elle est en open source mais elle risque de ne pas évoluer. Et par la suite on pourrait avoir un gap entre les versions anglaise et française. C’est des risques qu’on court.

Entretien avec

Edouard TAMBA

A Dakar

E-LEARNING:Pour une « intégration pédagogique » des Tic dans l’éducation

E-LEARNING

Pour une « intégration pédagogique » des Tic dans l’éducation

Le Développement et l’adoption des  programmes informatiques d’enseignement à distance dans le supérieur sont une urgence en Afrique

L’intégration des Technologies de l’information et de la communication (Tic) dans l’éducation en Afrique est un défi. Tellement que tout les gouvernements en parlent. Mais quid de la mise en oeuvre de cette intégration ? Au Cameroun par exemple, les cours d’informatique sont entrés dans les programmes scolaires de l’enseignement secondaire. C’est ainsi qu’en plus des cours théoriques, les établissements se sont dotés de salles dites d’informatiques. Des espaces généralement équipés d’ordinateurs. La qualité et les performances de ces machines relèvent évidemment d’un autre débat. Cette approche au Cameroun est propre à bien de pays africain. Il s’agit là d’une « intégration physique », pour reprendre la définition de Thierry Karsenti auteur de l’ouvrage « Utilisation pédagogique des Tic : Stratégies d’actions et pistes de réflexions » et enseignant à l’Université de Montréal. Dans un article publié sur le site www.elearning-africa.com, il relève que « ceci est la pratique dominante observée dans les 120 écoles impliquées dans l’Agenda panafricain de recherche sur l’intégration pédagogique des Tic. Par exemple, l’école primaire et secondaire « Les Oiselets » à Bafoussam, au Cameroun est équipée d’ordinateurs et plusieurs enseignants les utilisent avec leurs élèves – mais seulement de manière occasionnelle ».

Au concept d’intégration physique, il oppose ce lui d’« intégration pédagogique ». Ce qu’il comme « l’utilisation appropriée, habituelle et suffisamment régulière des Tic dans le but de produire des changements bénéfiques dans les pratiques éducatives et améliorer l’apprentissage des élèves. Ce type d’intégration implique l’utilisation systématique des Tic dans l’enseignement et l’apprentissage ». Le E-Learning justement, arrive comme une réponse pratique à ce besoin d‘intégration pédagogique. Pas étonnant donc que le Centre de recherche pour le développement international éditeur de l’ouvrage suscité, s’intéresse aux projets d’enseignement à distance. A la faveur du forum Acacia tenu en octobre 2009 à Dakar au Sénégal, deux projets de E-learning ont justement fait le point. Il s’agit de l’African virtual open initiatives and ressources (Avoir), et la Plate-forme d’outils en logiciel libre pour l’enseignement supérieur (Polles). Le premier étant mis en œuvre dans près de 16 universités en Afrique australe, s’appuie sur la plate-forme Chisimba pour assurer le développement d’un ensemble de logiciels libres pour l’enseignement. Ce que fait aussi Polles dans le Maghreb s’appuyant sur Sakai.

« C’est pour la gestion administrative des étudiants et la couche utilitaires destinées aux étudiants. Donc c’est une plate-forme d’aide au téléenseignement. Tous les produits sont en open source. Vous avez le droit de modifier, de compléter des choses, de distribuer… tout en restant dans la légalités. Vous n’avez pas le droit de le vendre », explique l’un des membres de l’équipe, présent au Forum Acacia, Sellami Mokhtar. Ces chercheurs ne se contentent pas d’exploiter des plate-forme préexistantes. Pour le cas de Polles, « nous avons assuré sa portabilité vers des interfaces en français et en arabe. Avec cela, il y a la définition de tous les contenus. Une plate-forme vide ne sert à rien. On a défini un certain nombre de modules prioritaires qui sont communs à plusieurs établissements. Et aujourd’hui, nous avons plus de 3400 étudiants qui sont inscrits et suivis à travers la plate-forme », explique Sellami Mokhtar. De quoi favoriser le passage de l’enseignement des Tic, à l’usage des Tic dans l’enseignement.

Edouard TAMBA