HIGHWAY AFRICA 2009: On the road to South Africa…

HIGHWAY AFRICA 2009

On the road to South Africa…

Si je m’y attendais? Pas vraiment. J’étais juste content, très content d’être finaliste des Osiwa Ict journalism awards 2009. Et ce dans deux catégories ; “Best story on Ict use in communities*”, et “Best story on Ict and public governance**”. Un contentement justifié par ce sentiment de reconnaissance. Genre “Eh beh… le boulot que je me tape-là, y’en a que ça intéresse ». Mais encore, hyper content d’avoir l’occasion de participer pour la première fois à la conférence Highway Africa en Afrique du Sud, tous frais payés. Le temps de recevoir mon invitation et tous les paramètres du voyage ne correspondait vraiment pas aux délais qu’exige le Haut-commissariat d’Afrique du Sud à Yaoundé. Il a donc fallu qu’une personnalité haut placée me donne un coup de pouce. Obtention du visa à quelques heures du voyage. Course contre la montre pour ne pas rater le vol prévu à minuit… à Douala. Oubli de changer mes Francs Cfa. Je m’en mords les doigts à l’aéroport Jomo Kenyata de Naïrobi. Mes billets de ten*** tant vénérés au Cameroun semblent effrayer les commerçants. « What is this ? We don’t know that », reprennent-ils à tour de rôle. Je vais donc supporter mes petites envies sucrées jusqu’à Johannesburg. En attendant le prochain vol, je m’occupe à comparer cet aéroport à celui de Douala. Hum… Un exercice pas vraiment indiqué pour mon orgueil de Camerounais.

Envies sucrées

Je préfère arrêter cette comparaison aux états de salubrité. Pour le reste, il faudra repasser. Dans un demi-siècle au mieux. L’annonce vol pour Jo’burg me ramène sur terre, avant le décollage. J’ai pour voisin un gros blanc, un peu grincheux qui occupe la moitié de mon siège, en plus du sien. Jusqu’à ce qu’une hôtesse le rappelle à l’ordre. Son attitude au décollage et à l’atterrissage m’amène à conclure que c’est le voyage en avion qui le met dans cet état. De mon terminal d’arrivée à l’aéroport Oliver Tambo de Jo’burg, à celui de départ, je marche, je marche…et je marche encore. La grande majorité des affiches publicitaires a quelque chose à voir avec la Coupe du monde 2010. L’événement le plus attendu ici. Le feuilleton « Edouard, ses Cfa et ses envies sucrées » reprend. Commerces et bureaux de change se sont passé le mot ou quoi ? Je vais supporter ça pendant 6h. Entre temps arrive la vraie faim. Je supporte seulement. En me promettant de faire bombance dans le prochain vol. Une voix dit que l’avion de British airways en provenance de je ne sais où et à destination de Port Elizabeth aura un retard de 30 minutes. 30 minutes qui résonnent comme 30 heures dans mon esprit. « Mort de faim à côté d’une vingtaine de restaurants », je vois déjà les titres de la presse dont The Star que je parcours. Une dépêche de l’Afp reprise en sports annonce que les Lions indomptables seront conduits au Gabon par leur nouveau leader, Samuel Eto’o Fils. Voilà qu’en plus de me rapprocher de la page faits divers de ce quotidien, je suis entrain de rater LE match.

Roaming

Un coup de fil au pays me permettra d’en savoir plus. Mtn South Africa vient de me confirmer par sms que je suis en roaming. Mais, les appels ne passent pas. Je m’en vais vérifier mes avoirs et l’écran m’annonce que j’ai 0 Fcfa. C’est-à-dire que 2 appels d’un cumul de moins de 3 minutes de Naïrobi au Cameroun m’ont coûté 4200 Fcfa ? C’est quoi donc cette publicité qui parle de roaming avec tarif local et blablabla ? Pfffffffffffft ! L’avion tant attendu est là. Cap sur Port Elizabeth dans la province de l’Eastern Cape. C’est quoi ce sandwich à la con ? On dit que c’est avec du fromage et ça n’a rien à voir avec la vache qui rit.  C’est quoi ce fromage ? Je serre les dents, j’avale seulement. Le supplice sera de courte durée ; 1h30. « Hum… même l’aéroport de Port Elizabeth ci n’est pas simple hein », commente-je en courant sur le tarmac. Un vent sec et frais annonce les couleurs. Une sorte de bureau Highway Africa a été installé ici pour l’accueil des participants. Un bus nous attend à l’extérieur. Je pose mon sac à l’arrière. Et au moment de monter dans le bus, je constate qu’il n’y pas de portière. De l’intérieur, quelqu’un me demande, de la main, de contourner. Volant à Droite ? C’est quoi cette affaire ? Et le gars roule comme ça. J’ai l’impression à chaque croisement qu’on roule en contre sens. Je vais supporter ça jusqu’à Grahamstown. Un voyage de 2h environ, qu’une heure de sommeil occupe. Débarquement à Rhodes university.

Insécurité?

Deux demoiselles commises à l’accueil et l’enregistrement des invités ne retrouvent pas mon nom dans leurs listes. Je m’occupe à regarder leurs jolis minois alors qu’elles s’échinent à retrouver mon nom. L’abnégation de Mmaphuti et Phila finit par payer. C’était écrit « TAMBO » en lieu et place de « TAMBA ». Elles me filent la clé de la 56. Ainsi qu’un bidule ayant l’air d’un porte-clé. « C’est pour le petit déjeuner à la cantine, ne l’oubliez surtout pas », me prévient Phila. Je dépose vite fait mon sac et je descend causer à Phila : « Ayam veri ongri. Do you no a place wère aye could blablabla”. Et très gentiment, elle me dit en souriant, “yes, of corse!” Elle enchaîne ensuite pour m’indiquer l’endroit. Un vacarme l’interrompt. « Ekiééé Tamba, tu fais quoi ici ? Les gars voici Edouard Tamba », crie un collègue accompagné trois autres Camerounais. Je leur fait savoir que j’ai faim et que la demoiselle m’indique où aller manger. « Quoi ? Tu es fou ? Tu ne sais pas qu’il y a trop d’insécurité en Afrique du Sud ? Ne tente même pas de sortir », me dissuade mon collègue. Je me décourage. On file à la salle de télé pour les news de Cameroun-Gabon. Il faudra attendre près d’une heure pour apprendre que c’était 2-0 en faveur de qui vous savez :D. Pour les détails, il faudra attendre demain. Pour la bouffe aussi. De même que la conférence Highway Africa. Tomorrow is another day…

Edouard TAMBA

To be continued…

*meilleur article sur l’usage des Tic des les communautés ;
**meilleur article sur Tic et gouvernance publique
*** Billet de 10 000 Fcfa

2 thoughts on “HIGHWAY AFRICA 2009: On the road to South Africa…

  1. Pingback: HIGHWAY AFRICA 2009: On the road to South Africa…

  2. JP TAGS

    Bravo mon petit
    quel beau recit comme si on y était….
    voilà le genre d’article que j’aime lire; apès chaque titre, chaque paragraphe, chaque phrase et que dis-je chaque mot, on a envie de connaître la suite. Résultat, on ne décroche pas!!!
    du coup je suis sur la faim de connaître la suite de l’histoire… Elle est où la suite stp???

    Bravo et félicitation

Leave a Reply