Les obstacles au développement des Tic au Cameroun

SYNTHESE

Les obstacles au développement des Tic au Cameroun

Le dernier rapport de Global information society sur le Cameroun évoque les raisons du retard que connaît le pays en matière de télécommunications

En matière de Technologies de l’information et de la communication (Tic), le Cameroun affiche un mauvais score. Un taux d’accès à Internet de l’ordre de 5% selon les sources officielles telles que l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic) en 2008. Le chiffre était de 1,4% en 2006, d’après la partie consacrée au Cameroun dans le dernier rapport de Global information society (Giswatch). La radio se situe à 85% alors que la téléphonie mobile affiche environ 22% à en croire le rapport Giswatch. L’étude menée par l’association Protège QV parle e 26% des foyers équipés d’un téléviseur. A cet effet, le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), en charge de la mise en œuvre de ce programme politique compte relever le taux de pénétration d’Internet dans la population camerounaise à hauteur de 40% d’ici à 2015. Les mêmes intentions se projettent à un taux de 50% en ce qui concerne la téléphonie mobile, et 30% pour la téléphonie fixe. Les ambitions en matière de radio et de télévision sont encore plus grandes : 100%. Pas moins. A cette allure, le gouvernement pourra-t-il atteindre ses objectifs ? Il y a de quoi douter. Surtout que cette défaillance frappe sévèrement l’administration publique, sensée donner l’exemple.

« D’après les résultats d’une enquête nationale (Scan ICT) menée au cours de l’année 2006 par le ministère des Postes et Télécommunications et des partenaires au développement… 7% des institutions et entreprises sont équipés d’un ordinateur. Moins de 27% des administrations sont connectées à Internet et enfin moins de 2% (0,16%) de la population camerounaise utilise Internet. En 2009, ces chiffres n’ont pas évolué de manière significative », relève à ce propos Stebig Jonathan sur web2solidarité.org. Pour Protège QV huit principaux obstacles sont à franchir par le Cameroun pour renverser la vapeur. D’abord la mauvaise santé de l’économie qui plombe l’investissement dans le domaine des télécommunications. Le rapport Giswatch 2008 s’appuie sur une étude de la Banque mondiale selon lequel, « l’investissement total dans les télécommunications en 2005 s’élevait à 16,8 % du revenu par rapport à 36 % pour l’Afrique subsaharienne ». Les insuffisances en matière de régulation n’arrangent rien. Au lieu de « faciliter la concurrence, encourager les initiatives privées, et réduire les prix », le secteur des télécom au Cameroun, Giswatch 2008 observe qu’« il existe un monopole dans la téléphonie fixe et peu de place pour des initiatives privées. À cela s’ajoute le fait que le régulateur ne soit pas totalement indépendant : il relève du ministère et d’un conseil de direction nommé par le chef d’État ».

Le coût d’accès aux services, et au matériel corse la situation. C’est ainsi que « 52 % des institutions et plus de 50 % des professionnels dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la société civile conviennent que leur faible pouvoir d’achat constitue un obstacle réel au développement des TIC. Ils font également remarquer l’absence de volonté politique de faire baisser les prix, par exemple en abaissant les taxes ». Ce constat du Minpostel est repris par Giswatch. La densité du marché, l’absence de d’industries de fabrication des Tic, manque de sensibilisation et de formation… font partie de ces freins au développement des Tic. Et pour enfoncer le clou, l’énergie est aux abonnés très souvent absents. A ce propos, le rapport indique que « le taux d’accès à l’électricité est élevé dans les régions urbaines – 89,8 % en 2006 – par rapport à seulement 27,3 % en région rurale ». Mais, « le réseau électrique, exploité par Aes Sonel, la compagnie nationale, subit des pannes fréquentes qui peuvent endommager l’équipement ».

Edouard TAMBA

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