Le nouveau visage de la fracture numérique

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Le nouveau visage de la fracture numérique

Le dernier rapport de l’organisation Global information society watch  met en exergue les autres facettes du retard en Tic que connaissent les pays sous-développés

Le débat autour du « fossé numérique » revêt un nouvel aspect. Il n’est plus seulement question d’accéder à Internet ou au téléphone et autres technologies de l’information et de la communication (Tic). Mais encore faut-il disposer d’infrastructures de qualité. Si certains gouvernements africains se vantent d’« offrir » l’Internet et la téléphonie mobile aux populations, ils devraient se réveiller pour constater que la qualité des services relève d’une autre époque à cause des débits disponibles. Car, « l’internet haut débit est le passeport pour la société de l’information et une condition fondamentale de croissance économique. C’est pourquoi la Commission veut que l’internet à large bande soit accessible à tous les Européens d’ici 2010 », déclarait Viviane Reding, commissaire aux télécoms de l’Union Européenne sur Bbc en 2008. Pour les pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (Ocde), il ne s’agit pas que d’un discours. « À la fin de 2003, il y avait 83 millions d’abonnés à large bande dans les pays de l’Ocde. En juin 2007, il y en avait 221 millions, soit une hausse de 165 %. En 2006, environ 70 % des abonnés à large bande dans le monde étaient situés dans les pays de l’Ocde… », relève le rapport 2008 de Global information society watch (Giswatch).

C’est justement à ce niveau qu’apparaît cet autre visage de la fracture numérique. Il se trouve que ces abonnés au large bande de l’Ocde ne représente que… 16% de la population mondiale. C’est-à-dire que « 30 % des abonnés à la large bande se trouvaient dans les pays en développement qui comptent 84 % de la population. La situation dans les pays les moins développés (Pmd) est encore pire puisqu’en 2006, il n’y avait que 46 000 abonnés à large bande dans 22 pays sur 50 possédant des services à large bande », poursuit le Giswatch 2008. Ces 46 000 abonnés sont dispersés à travers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud. Pour ce qui est de l’Afrique particulièrement, l’on note la faible quantité de câbles de fibre optique connectés au continent. Si l’Afrique su Sud et l’Afrique du Nord sortent probablement du lot, « une étude de la bande passante Internet internationale disponible dans les pays africains illustre la gravité de la situation », affirme Abiodun Jagun dans le rapport Giswatch 2008.

Cet expert du Department of Management Science de Strathclyde Business School illustre son propos en en notant que « en 2006, la disponibilité de la bande passante en Afrique se situait à 28 177 mégabits par seconde, moins de 1% du montant disponible dans le monde. Par comparaison, cette même année, la Norvège avait 43 091 mégabits par seconde de bande passante – environ une fois et demi de plus que toute l’Afrique ». Ces données ont récemment connu des évolutions. Au Cameroun par exemple, l’entreprise Cameroon Telecommunications assure que le pays dispose d’une capacité de 20Gigabits par secondes depuis début août 2009 sur le câble de fibre optique Sat3-Wasc. Le Sénégal dispose de deux point d’atterrissement pour deux câbles de fibre optique. Le Kenya qui connecte l’Afrique de l’Est à l’Afrique du Sud et l’Asie etc. Mais il ne faut pas trop vite se réjouir. Au Cameroun, 20 Gbps sont disponibles au point d’atterrissement du câble, mais des 5600Km de fibre terrestre à déployer pour la dorsale nationale, environ 700Km ont été posés. Ici, le rapport Giswatch 2008 relève six obstacles à l’avancée des Tic. Les points qui feront l’objet de la suite de cette série la fracture numérique.

Edouard TAMBA

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