Mbah à Mouté:« Les Camerounais ont tout le talent pour remporter la compétition »

Luc Mbah à Mouté

« Les Camerounais ont tout le talent pour remporter la compétition »

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Ancien joueur de Onyx dans la ligue du Centre, il fait la fierté du basket-ball camerounais et africain à travers le célèbre championnat de la Nba aux Etats-Unis. Depuis 2008, Luc Richard Mbah à Mouté évolue chez les Milwaukee Bucks. A 23 ans, cet international de 2,03m s’est rapidement imposé dans le cinq majeur de cette équipe comme ailier dans cette équipe avec une moyenne de 7,2 points et 5,9 rebonds pour sa première saison. De passage au Cameroun, il s’exprime sa première saison en Nba, le basket-ball au Cameroun. Malgré son absence en Libye pour le championnat africain, il est de tout cœur avec ses compatriotes…

Vice champion d’Afrique en 2007 en Angola, vous êtes absent au Championnat d’Afrique qui se joue en Libye. Pourquoi ?
Je voulais bien partir en Libye comme cela a été le cas il y a deux ans en Angola. Et cette fois-ci remporter peut-être le titre. Mais mon équipe avait d’autres visions. C’est un peu difficile pour les joueurs de la Nba d’évoluer avec leurs équipes nationales. Il y a de cela un an, deux de nos joueurs principaux qui ont joué avec leurs équipes nationales se sont blessés. Cela nous a coûté la saison. De ce fait là, mon équipe n’était pas vraiment disposée à laisser ses joueurs évoluer avec leurs sélections nationales. C’est pour cette raison qu’ils ont décidés de ne pas me laisser jouer. Le groupe qui est parti à la Can est un bon groupe. Ils ont de très bons joueurs. S’ils restent concentrés à la tâche, ils feront une excellente compétition. Nous serons ensemble l’année prochaine en coupe du monde.

Vous avez assisté à leurs entraînements avant de voyager. Quel était l’esprit du groupe ?
Je me suis entraîné un peu avec eux. Je crois que le groupe est prêt. Chacun d’entre eux était focalisé sur la compétition. Ils rêvaient de remporter le titre. Mais il faut qu’ils le prouvent sur le terrain.

82 matches et plusieurs heures d’entraînement, ça use. Pensez-vous que vous pouviez avoir assez d’énergie et la faim de gagner si vous étiez en Libye ?
Bien sûr… J’ai eu le temps avec l’été de récupérer. Mais aussi de laisser mon corps se rétablir. J’avais l’énergie nécessaire pour la compétition. En plus, j’avais également la rage de gagner. Mon jeu aurait été au top niveau. L’énergie de ceux qui sont de l’expédition est au top. Parce qu’ils ont une tâche dure à remplir. Comme je vous ai dit, ils ont tout le talent pour remporter la compétition.

Quelle lecture faites-vous du basket-ball camerounais ?
L’équipe nationale est très bonne. Et le président de la fédération a mis en place des moyens pour essayer de partir vers la bonne direction en ce qui concerne la préparation des Lions. C’est presque la même chose pour la Ligue du Centre, même si c’est un peu stagnant. Le niveau a un peu baissé. Comparé à l’époque où nous on jouait. Il y a quelques mois, l’hebdomadaire sportif La Gazette Olympique a recensé plus de 118 basketteurs camerounais dans la diaspora. Il y a environ quarante parmi eux qui ont joué avec moi. Les jeunes doivent se remettre au travail. Quand vous suivez les matches du championnat, vous constatez qu’il y a un manque de fondamentaux. Mais également un manque de discipline par ce que beaucoup de jeunes ne travaillent plus comme avant. A l’époque quand nous on jouait ici, c’était l’amour du basket-ball. On se surpassait. Chacun allait au fond de lui-même pour sortir le meilleur du spectacle. Il y avait beaucoup de compétitions. Cela semble ne plus être le cas actuellement. Par exemple Bayang est le meilleur joueur au Cameroun pendant longtemps. Et lorsque vous regardez ailleurs, il n’y a vraiment pas beaucoup de joueurs qui atteignent son niveau. Pourtant il y a d’aussi bons joueurs que lui. On a l’impression que ceux-ci ne veulent pas de challenge. A mon époque, il y’avait beaucoup de joueurs et tout le monde était fort. Je crois que les jeunes doivent recommencer à travailler leur jeu pour être les meilleurs qu’ils peuvent.

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Dites nous, qu’est ce qui manque pour que le Cameroun constitue véritablement une équipe faite de ses meilleurs joueurs ?
C’est très difficile pour une fédération ou une équipe de rassembler ses meilleurs joueurs pour une même période. Il y a toujours des choses qui peuvent empêcher certains joueurs d’être présents. De ces éléments-là, on peut citer les blessures, les indisponibilités etc. Pour moi, l’essentiel c’est de prendre un groupe qui a des attributs nécessaires et le préparer pour qu’il produise le meilleur de lui-même. Il faut que le groupe joue au maximum de ses capacités. Dans notre équipe, il y a beaucoup de talents. Pour le Championnat d’Afrique, on peut dire que certes il n’y a pas tous les meilleurs. Mais ceux qui ont fait le déplacement ont été choisis sur la base des critères nécessaires et par rapport à la vision de l’entraîneur.

Pour revenir spécifiquement à votre cas, à quel moment la fédération a saisi votre équipe pour solliciter de votre libération ?
La fédération a saisi mon club depuis. Les premiers coups de fils ont été faits dès la fin d’année 2008. Les contacts ont été maintenus entre la fédération, mon club et moi. Le président s’est vraiment pris à temps pour que le Cameroun soit véritablement en forme pour cette compétition. Comparativement à 2007, la barre a été mise assez haute. On commence à aller vers des directions ou la route qu’on devait suivre avant.

Comment s’est passée votre saison en Nba ?
Elle a été positive. Il nous a manqué de succès notamment à la fin de la saison. Cela peut s’expliquer par le fait que c’est une jeune équipe avec de nouveaux joueurs. On a eu besoin d’un temps d’adaptation pour huiler la machine. Malheureusement, deux de nos joueurs clés se sont blessés. Il nous a été très difficile de faire sans eux. Pour la saison à venir, on est en train de partir vers la bonne direction. L’administration et l’encadrement technique font le nécessaire pour que l’année prochaine, on ait une équipe solide et qu’on se qualifie pour les play-off.

Propos recueillis par

Edouard TAMBA

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