Monthly Archives: August 2009

Explosion d’une citerne de gasoil à Yaoundé

Le feu monte

Le feu monte

De retour de la catastrophe d’Obobogo… incendie spectaculaire avec feu d’artifice. Aucun mort pour l’instant. Il s’agit d’un wagon de gasoil ayant explosé à la suite du déraillement d’un train venant de Douala. L’explosion s’est produite à quelques mètres du passage à niveau d’Obobogo. Des blessés parmi les enfants qui jouaient sur le stade d’à côté. Des maisons riveraines noircies par la fumée. Mobilisation des services de sécurité, de défense, défilés de ministres et autres personnalités… Détails et images plus tard

A plus de 300m du point d'impact, une plantation a cramé..

A plus de 300m du point d'impact, une plantation a cramé..

E.T.

Le nouveau visage de la fracture numérique

TIC

Le nouveau visage de la fracture numérique

Le dernier rapport de l’organisation Global information society watch  met en exergue les autres facettes du retard en Tic que connaissent les pays sous-développés

Le débat autour du « fossé numérique » revêt un nouvel aspect. Il n’est plus seulement question d’accéder à Internet ou au téléphone et autres technologies de l’information et de la communication (Tic). Mais encore faut-il disposer d’infrastructures de qualité. Si certains gouvernements africains se vantent d’« offrir » l’Internet et la téléphonie mobile aux populations, ils devraient se réveiller pour constater que la qualité des services relève d’une autre époque à cause des débits disponibles. Car, « l’internet haut débit est le passeport pour la société de l’information et une condition fondamentale de croissance économique. C’est pourquoi la Commission veut que l’internet à large bande soit accessible à tous les Européens d’ici 2010 », déclarait Viviane Reding, commissaire aux télécoms de l’Union Européenne sur Bbc en 2008. Pour les pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (Ocde), il ne s’agit pas que d’un discours. « À la fin de 2003, il y avait 83 millions d’abonnés à large bande dans les pays de l’Ocde. En juin 2007, il y en avait 221 millions, soit une hausse de 165 %. En 2006, environ 70 % des abonnés à large bande dans le monde étaient situés dans les pays de l’Ocde… », relève le rapport 2008 de Global information society watch (Giswatch).

C’est justement à ce niveau qu’apparaît cet autre visage de la fracture numérique. Il se trouve que ces abonnés au large bande de l’Ocde ne représente que… 16% de la population mondiale. C’est-à-dire que « 30 % des abonnés à la large bande se trouvaient dans les pays en développement qui comptent 84 % de la population. La situation dans les pays les moins développés (Pmd) est encore pire puisqu’en 2006, il n’y avait que 46 000 abonnés à large bande dans 22 pays sur 50 possédant des services à large bande », poursuit le Giswatch 2008. Ces 46 000 abonnés sont dispersés à travers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud. Pour ce qui est de l’Afrique particulièrement, l’on note la faible quantité de câbles de fibre optique connectés au continent. Si l’Afrique su Sud et l’Afrique du Nord sortent probablement du lot, « une étude de la bande passante Internet internationale disponible dans les pays africains illustre la gravité de la situation », affirme Abiodun Jagun dans le rapport Giswatch 2008.

Cet expert du Department of Management Science de Strathclyde Business School illustre son propos en en notant que « en 2006, la disponibilité de la bande passante en Afrique se situait à 28 177 mégabits par seconde, moins de 1% du montant disponible dans le monde. Par comparaison, cette même année, la Norvège avait 43 091 mégabits par seconde de bande passante – environ une fois et demi de plus que toute l’Afrique ». Ces données ont récemment connu des évolutions. Au Cameroun par exemple, l’entreprise Cameroon Telecommunications assure que le pays dispose d’une capacité de 20Gigabits par secondes depuis début août 2009 sur le câble de fibre optique Sat3-Wasc. Le Sénégal dispose de deux point d’atterrissement pour deux câbles de fibre optique. Le Kenya qui connecte l’Afrique de l’Est à l’Afrique du Sud et l’Asie etc. Mais il ne faut pas trop vite se réjouir. Au Cameroun, 20 Gbps sont disponibles au point d’atterrissement du câble, mais des 5600Km de fibre terrestre à déployer pour la dorsale nationale, environ 700Km ont été posés. Ici, le rapport Giswatch 2008 relève six obstacles à l’avancée des Tic. Les points qui feront l’objet de la suite de cette série la fracture numérique.

Edouard TAMBA

Campagne d’identification des abonnés du mobile au Cameroun

TÉLÉPHONIE MOBILE

Appréhensions autour de la campagne d’identification

L’opération initiée par le ministère des postes et télécommunication à l’endroit des abonnés de la téléphonie mobile ne fait pas courir ces derniers

Mardi 18 août 2009, il est un peu plus de 12 heures dans la ville de Yaoundé. Les rues du centre ville grouillent de monde malgré la chaleur ambiante. Au lieu dit Avenue Kennedy, des commerçants hèlent les passants sans se lasser. Espérant trouver parmi eux d’éventuels clients. A quelques détails près, la même effervescence règne dans la salle abritant le Service après vente de l’opérateur de téléphonie mobile Orange Cameroun. Ici la majorité des clients tient des papiers de format A4. Il s’agit pour certains, de fiches permettant de se réabonner chez cet opérateur. « Je suis venue reconduire ma puce », confie une cliente rencontrée dans ce service en montrant d’une manière réservée sa fiche au reporter. Elle tient dans la même main, une photocopie de sa Carte nationale d’identité. « On me l’a demandé tout à l’heure », répond cette dernière à la question du journaliste.

Difficile de repérer l’espace réservé à l’identification des abonnés de cette entreprise, tel que annoncé par le ministre des postes et télécommunications dans une interview accordé à la radio nationale. La note de ce dernier, Jean Pierre Biyiti bi Essam, trône pourtant majestueusement sur un des piliers de cette agence régionale. Quelques rues plus loin, précisément au Mtn service Centre situé à la montée Ane-Rouge, les usagers sont pour la plupart dirigés vers le même guichet par un vigile. Ici, une dame se charge de les servir. C’est qu’arrive une dame visiblement enceinte. Visiblement fatiguée, elle est venue « reconduire » sa puce. Résidente au quartier Emombo, la jeune femme a perdu son téléphone dans un taxi, le jeudi d’avant. La réplique du vigile à sa préoccupation semble la fatiguer davantage. « Eh mon Dieu, c’est devenu compliqué comme ça ? La dernière fois ce n’était pas comme ça ». Son désarroi perceptible pousse la sentinelle à lui expliquer dans le détail ce qui se passe. « Maintenant, on ne reconduit plus la puce sans carte », lui explique-t-il fermement avant de lui rappeler avec douceur qu’il n’est pas à l’origine de cette nouvelle donne.

Tout comme chez le concurrent, un espace n’a pas été expressément aménagé pour l’opération annoncée par le Minpostel. Une source à Mtn Cameroon rassure : « l’identification des nouveaux abonnés se déroule normalement dans nos différents points de vente ». D’ailleurs on n’a pas attendu la décision du gouvernement pour s’y lancer, « puisque nous avons par exemple procédé de novembre 2008 à janvier 2009, à une vaste opération d’identification dans nos points de vente et en dehors. Nous prenons les dispositions nécessaires pour intensifier cette opération », explique notre source. Mais des appréhensions ne manquent pas. Quelques Yaoundéens approchés boudent l’opération et la plupart ne perçoivent pas l’importance. Ils ne sont pas les seuls. « Maintenant, il est possible que les opérateurs expriment des préoccupations par rapport à la campagne actuelle, notamment en ce qui concerne les délais et certains aspects techniques de mise en application prescrits par le ministère : 6 mois, c’est très court pour une opération de cette importance qui a nécessité beaucoup plus de temps dans d’autres pays où elle a été menée. Egalement, est-il vraiment nécessaire d’exiger une photo de l’abonné en plus de la photocopie de la carte d’identité ? », relève un cadre chez l’un des opérateurs concernés.

Nadège Christelle BOWA et

Edouard TAMBA

Cameroun-Gabon:Le raid sur Libreville passe par Yaoundé

Can/Mondial 2010

Le raid sur Libreville passe par Yaoundé

Le programme de préparation du Cameroun pour le match du 5 septembre contre le Gabon a été rendu public par Paul Le Guen

Cameroun-Gabon à Libreville. Le match du 5 septembre prochain, comptant pour les éliminatoires couplées Can/Coupe du monde 2010, aura des airs de finale. Le Gabon, premier de la poule A avec 6 points au compteur, va tenter de conserver sa place de leader. Il faudra pour cela, se défaire du dernier du groupe ; le Cameroun. Mais les Lions indomptables n’y vont pas en balade. C’est pour eux un match à gagner pour se remettre en selle dans la compétition et espérer une qualification pour ces deux tournois majeurs. Conscient de l’enjeu, l’entraîneur national camerounais a déjà abattu quelques cartes. D’abord la liste des 22 joueurs sélectionnés pour la rencontre et publiées le 20 août dernier. Et depuis mardi, 25 août 2009, le programme officiel de préparation des Lions indomptables.

L’on apprend de la cellule de communication du ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep), que « Paul Le Guen et son staff technique arrivent à Yaoundé le samedi 29 août 2009 ». S’en suivra « une réunion du staff des Lions indomptables au complet », le dimanche suivant  à 11h. L’arrivée d’une première vague de joueurs est annoncée pour le même jour. Il s’agit de André Bikey, Sébastien Bassong, Benoît Assou-Ekotto, Alexandre Song, Samuel Eto’o, Jean II Makoun, Paul Alo’o Efoulou et Nicolas Nkoulou. Ils seront en principe rejoints par un deuxième groupe dans la soirée de lundi prochain, 28 août 2009. On y retrouvera Eyong Enoh, Aurelien Chedjou, Stéphane Mbia, Carlos Kameni, Ngom Kome, Achille Emana, Achille Webo, Souleymanou Hamidou, Landry Nguemo, Somen à Tchoyi et Albert Meyong Ze.

Les trois autres, permissionnaires, arrivent en principe mardi. Il s’agit de Rigobert Song, Gérémi Njitap et Augustin Binya. Ils manqueront les premières séances d’entraînements prévues dans la matinée et l’après de ce mardi au stade omnisports Ahmadou Ahidjo. Ces séances à huis clos seront suivies d’une autre, ouverte à la presse dans la matinée du 2 septembre 2009. Un point de presse est annoncé le jeudi 3 septembre, suivi d’une séance d’entraînement dans l’après-midi. Viendra une autre conférence de presse avant le départ de l’équipe nationale pour un raid sur Libreville. Sauf que la date du départ des Lions n’a pas été précisée. Si Le Guen a choisi la terre des Lions indomptables pour leur mise au vert, ce n’est pas le cas pour les Gabonais. Son homologue, Alain Giresse, et les Panthères se préparent en France.

Edouard TAMBA

Les charges qui pèsent contre Polycarpe Abah Abah

OPERATION EPERVIER

Les contradictions de l’Affaire Abah Abah à l’instruction

Le juge d’instruction a de nouveau auditionné l’ancien ministre des finances détenu à la prison centrale de Yaoundé pour détournement de deniers publics. L’information judiciaire s’éternise

Polycarpe Abah Abah n’est pas au bout de ses peines. Cet ex ministre de l’économie et des finances (Minefi) au Cameroun était devant l’un des juges d’instruction du tribunal de grande instance du Mfoundi hier, 25 août 2009. Il répondait à une convocation du magistrat Dr Batoum, dans le cadre d’une information judiciaire dont il fait l’objet, pour détournement de deniers publics. Que voulait savoir le juge d’instruction ? La défense de l’inculpé n’est pas diserte, au nom du secret de l’instruction. L’on y a tout de même appris que l’audition portait sur la réaction d’Abah Abah au sujet des documents de décaissement des fonds produits par le Crédit foncier du Cameroun (Cfc). En plus de l’ex Minefi, le juge d’instruction a auditionné une autre inculpée de cette affaire, en la personne de Mme Mballa Hélène. Ce sur le même sujet. L’affaire s’apparente déjà à une course d’endurance qui ne dit pas son nom. Car c’est depuis c’est depuis avril 2008 que cette information judiciaire est en cours.

Interpellé le 31 mars 2008, Polycarpe Abah Abah a été inculpé et placé en détention préventive le 10 avril suivant pour détournement de deniers publics. Lesdits détournements se situent entre 1999 et 2004. Période durant laquelle le principal suspect était directeur des Impôts. La justice lui reproche, d’après des sources proches du dossier, d’avoir dissipé une somme de 6,867 milliards de Fcfa dans la redevance que prélève la direction des Impôts pour le Crédit foncier du Cameroun. Le déficit, selon un rapport de contrôle effectué en avril 2006, a été observé entre les sommes que la direction des Impôts déclare avoir perçu entre 1999 et 2004, et le montant perçu par le Cfc. Soit près de 22,775 milliards de Fcfa déclarés, et près de 15 milliards reçus. Le deuxième chef d’accusation concerne une somme d’environ 900 millions de Fcfa sortie des comptes du Cfc par la Direction des impôts (Di).

Contradictions

A propos du premier chef d’accusation, Abah Abah, directeur des Impôts, aurait versé la redevance due au Cfc sans prélever les frais d’assiette et de recouvrement revenant à son institution. Il s’agit officiellement de 10% du montant collecté par les Impôts. La Di et le Cfc ont ensuite signé une convention pour que le trop-perçu soit recouvré. Ce par le biais d’un compte bancaire logé au Cfc où 6 des 10% du trop-perçu devrait être déposé ; tandis que les 4% restant seraient récupérés progressivement. L’ouverture d’un tel compte n’est pas autorisée par les textes en vigueur. Mais la grande interrogation porte sur les 6,867 milliards de Fcfa sus évoqués. Evidemment que Polycarpe Abah Abah nie tout en bloc. Arguant que les sommes déclarées par la Di (22,775 milliards) ont plus un caractère statistique que réel.

A cela, s’ajouterait le fait que les experts financiers n’auraient pas tenu compte des différents frais bancaires et qu’il y’aurait durant cette période, des chèques impayés de l’ordre de 3 milliards perçus par la Di. Les proches du principal accusé affirment par ailleurs que ce dernier avait laissé une somme de 4,057 milliards de Fcfa en décembre 2004 dans le compte du Cfc. Le juge d’instruction a donc trouvé nécessaire de faire procéder à une autre expertise. Le rapport de cette expertise financière effectuée en février 2009 relève un manquant de 5,9 milliards de Fcfa. D’où la réalisation d’une contre expertise judiciaire en mai dernier. Cette fois, le rapport des experts évoque un détournement de 2,155 milliards de Fcfa.

Pour le second cas, Mme Mballa Hélène, aurait affirmé pendant les auditions, avoir décaissé, en tant que « billeteur », des sommes d’argent qu’elle aurait ensuite remise Abah Abah, sans la moindre pièce le prouvant. Une brèche permettant à Abah Abah de tout nier, encore. Ici les témoignages sont dissonants voire contradictoires. Autant que les trois rapports des experts financiers. A quel saint s’est donc voué le magistrat Batoum ? L’on ne tardera pas à le savoir. Puisque des indiscrétions annoncent que le dossier a été envoyé au niveau du procureur de la République pour réquisitions, depuis des semaines. Signe que une ordonnance renvoyant Polycarpe Abah Abah et ses coaccusés devant le tribunal est imminente ? Rien n’est moins sûr…

Édouard TAMBA

Volley-ball: Le Cameroun se qualifie pour le mondial 2010

Volley-ball – Mondial 2010

photo fivb.org

photo fivb.org

Les volleyeurs camerounais s’offrent l’Italie

Le Cameroun s’est qualifié pour le championnat du monde de volley-ball après le 3e tour qualificatif qui s’est déroulé du 21 au 23 août 2009 au Palais des sports de Yaoundé

Indomptables. Les joueurs de la sélection nationale masculine de volley-ball du Cameroun n’ont fait qu’une bouchée de leurs adversaires. Pas le moindre set cédé durant le troisième tour qualification pour le championnat du monde de volley-ball annoncé pour septembre prochain en Italie. Les poulains du coach national, Blaise Mayam, ont obtenu leur ticket en infligeant un traitement identique à leurs adversaires ; trois set à zéro. Le Zimbabwe est le premier à passer à la trappe, vendredi dernier, 21 août 2009. Les joueurs menés par le capitaine, El Hadj Abbas Malloum, commencent timidement la partie. Ils ont en face une formation zimbabwéenne dont les joueurs sont physiquement moins impressionnants. Mais ils ont du répondant et perdent le set avec 4 points d’écart. Au poste de passeur, l’international camerounaise Georges Kari semble être en difficulté. Tout comme le libéro Fossi Kamto Alain, visiblement en mal de concentration au niveau de la réception des balles. Le second set ne sera pas à l’image du premier.

Le Zimbabwe semble incapable de résister à la puissance de feu des smasheurs camerounais. 25-11 en faveur du pays hôte. Le 3e set sera pire. Le Cameroun s’impose par 25 contre 10. Ceux ayant regardé la première rencontre entre l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice ne se font pas d’illusions. Durant cette rencontre, l’Afrique du Sud qui menait par 2 sets à 0 s’est faite rattraper avent de s’imposer au tie-break. Les appréhensions sont confirmées dès le lendemain, 22 août 2009. Le public du Palais polyvalent des sports est encore plus nombreux pour encourager les Lions. Des Lions qui ont du mal à retrouver leurs repères face à l’Ile Maurice. 25-22 en faveur du Cameroun au premier set, 25-20 au second et 25-21 au dernier. Si la défense balbutie avec des soucis au niveau de la réception, l’attaque est plus performante. Ce grâce à la forme de Ndaki Mboulet Jean Patrice qui s’offre 25 points au total en 52 attaques.

C’est donc gonflé à bloc qu’ils descendent dans « l’arène » affronté l’Afrique du Sud. Les jeux sont loin d’être faits car l’adversaire dispose aussi de deux victoires. Et les choses commencent plutôt mal pour les joueurs de Blaise Mayam. Le Cameroun mené, court après le score en multipliant des bourdes. L’équipe d’en face fait preuve de plus de finesse et de précision face à des Camerounais trop prévisibles dans leurs attaques. Ndaki Mboulet, régulièrement servi par Moussa multiplient des attaques en diagonale qui font mouche. Le compteur point de l’Afrique du Sud reste bloqué à 19 point alors que le Cameroun remonte progressivement. Les 4300 spectateurs ayant fait le plein du Palais des sports poussent les Lions. Les Sud-africains voient le set leur échapper avec 21 point contre 25. Les Camerounais plus à l’aise durant le 2e set mène par 6 contre 2 et sont rejoins au score. Mais la volonté de gagner des Lions reste plus forte.

Aux attaques de Ndaki Mboulet s’ajoutent celles de Wounembaina Nathan. Smash après smash, le public exulte. Jusqu’à ce que le compteur des camerounais se trouve bloqué à 24 points. L’Afrique du Sud, sentant le coup, enchaîne les points jusqu’à 22. C’est dans cet enthousiasme qu’ils offriront aux camerounais leur 25e point à la suite d’un service manqué. Le 3e set sera moins rapide. C’est le coude à coude avec des écarts d’un à deux points. Wounembaina et Moussa en attaque,  et Yves Marcel Ndaki aux passes font leur show. Fossi Jules reste imperturbable à la réception des balles. Et le public pousse ses champions. A 24-21 en faveur du Cameroun, un smash de Ndaki Mboulet met fin au suspens et envoi les Lions rejoindre l’Egypte et la Tunisie au mondial Italien. Un mondial qui a bien manqué au Cameroun. On ne l’y avait plus vu depuis… 1990. Après les réjouissances d’hier, cap sur la Coupe d’Afrique.

Edouard TAMBA

Distinctions

Meilleur marqueur : Alfred Gilbert (Zimbabwe)

Meilleur attaquant : Grant Goldschmidt (République sud africaine)

Meilleur scoreur : Jean Patrice Ndaki Mboulet (Cameroun)

Meilleur défenseur : Fossi Kamto Alain (Cameroun)

Meilleur libéro : Fossi Kamto Alain (Cameroun)

Meilleur passeur : Yves marcel Ndaki (Cameroun)

Meilleur réceptionneur : Moussa (Cameroun)


Interview – Blaise MAYAM RE-NIOF

Photo Ateba Biwolé (Le Jour)

Photo Ateba Biwolé (Le Jour)

« Le problème de notre équipe est au niveau la réception et de la défense »

A l’issue de la victoire de son équipe, l’entraîneur national revient sur les performances de ses joueurs et les échéances à venir

Parcours sans faute et vous êtes qualifié pour le mondial italien. Tous s’est déroulé comme prévu…

Il faut dire ça n’a pas été facile. Ce n’était pas facile parce que nous sommes dans le cadre de la constitution d’un nouveau groupe. Surtout que dans ce groupe, il faut déterminer qui est capable de quoi. Si on avait joué des matchs amicaux, on l’aurait su facilement. Maintenant, nous le savons grâce à l’orientation que avons donnée à notre équipe. Le principe était de faire des rotations au niveau des postes qui nous posaient des problèmes.  Aujourd’hui, nous pensons que ces points ont été trouvés. Je crois que nous allons nous préparer pour la Coupe d’Afrique des nations. Nous allons nous battre pour avoir le dessus.

On a observé des lacunes au niveau du soutien. Lorsque des joueurs montent au filet bloquer, ils ne sont pas soutenus en arrières. Qu’est-ce qui ne tournait pas dans votre dispositif ?

Ca n’existe plus. En fait on avait des problèmes d’adaptation par rapport au sol. Ce n’est plus un problème. Nous allons nous atteler dans les prochains jours, à améliorer les conditions de défense. Avec le Taraflex sur le terrain, ce sera un atout pour nous. Au-delà de ça, il faut dire que c’est le volley-ball. L’adversaire a le ballon autant que vous, le principe étant de le faire tomber dans l’autre camp. Il peut arriver à n’importe quel moment de passer à côté. Ce que reprochons le plus à cette équipe, c’est la fluctuation au niveau du soutien… Je crois que c’est des choses qui vont s’améliorer au fur et à mesure qu’on participe aux compétitions.

Avez-vous déjà arrêté un programme de préparation d’ici au mondial en Italie ?

Nous avons d’abord 10 jours de récupération et ensuite on va se préparer pour la Can. Une fois revenus de la Can, nous allons libérer les joueurs pour qu’ils rentrent dans leurs clubs respectifs. A partir du moins de janvier, nous serons obligés de faire des regroupements de 3 semaines par mois jusqu’à aller au championnat du monde. Ce avec à l’idée que nous pourrions avoir un ou deux mois de préparation à l’extérieur avec toute l’équipe. Parce que nous avons encore deux ou trois joueurs qui ne sont pas là. Ils devront renforcer l’équipe et nous amener à la Can.

Doit-on s’attendre à de nouvelles modifications au niveau de l’effectif ?

D’ici le mondial on aura une grande modification. Nous avons besoin d’un joueur au poste de 2e pointu, nous avons un deuxième central qui devra être là, et le suppléant de la pointe. Ca fait trois joueurs qui pourront venir nous donner un coup de main par rapport à l’organisation et la cohésion de l’équipe.

L’attaque est-elle concernée, au regard de la prestation de ce tournoi ?

Tous les Camerounais sont de bons attaquants. Nous n’avons pas de problèmes à ce niveau. Le problème de notre équipe c’est au niveau de la qualité de notre réception et de la défense. Si on résout ces problèmes, je suis sûr que nous allons inquiéter les plus grandes équipes du monde.

Interview réalisée par

Edouard TAMBA

Blaise MAYAM RE-NIOF: « Nous y allons pour nous qualifier »

Blaise MAYAM RE-NIOF

Photo Ateba Biwolé (Le Jour)

Photo par Ateba Biwolé (Le Jour)

« Nous y allons pour nous qualifier »

Le Cameroun n’a jamais été si proche de la Coupe du monde de Volley-Ball annoncée en Italie en 2010. Mais il faudra se défaire de l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et l’Ile Maurice. Sur ce coup, nos Lions indomptables du volley ont l’avantage du terrain. Ils accueillent leurs adversaires à domicile, à l’occasion du dernier tour qualificatif pour le mondial. Les hostilités s’ouvrent ce vendredi à 14h au Palais des Sports de Yaoundé. L’aire de jeu a été adaptée aux normes internationales, avec des poteaux plantés dans le sol et une surface en Taraflex. Suffisant pour mettre l’entraîneur national de volley-ball masculin en confiance. Blaise Mayam parle du moral de ses troupes et reste prudent…


Comment appréciez-vous l’état d’esprit de vos poulains ?

Il faut dire que pour le moment le moral est au beau fixe, nous avons eu le minimum requis pour nous préparer. Mais ce n’est pas le plus important. Ce qui nous importe c’est la qualification quelque soit les moyens mis à notre disposition. Le ministre des sports est venu galvaniser les troupes en faisant un tour à l’hôtel des députés pour rentrer joueurs.

Qu’en est-il de l’état physique des joueurs ? Pas de bobos ?

J’ai un petit blessé hier 19-08-09, ndlr lors d’une séance. Mais le médecin m’a rassuré que dès 24h, il devrait revenir et il est déjà à l’entraînement, donc le problème ne se pose plus. Du point de vue logistique, on a rejoint l’hôtel Mt Fébé où logent toutes les équipes. Je crois que tout se passe bien pour le moment. Nous attendons juste le premier coup de sifflet pour nous lancer dans la bataille.

Vos adversaires en terme de palmarès ne sont pas aussi costauds que le Cameroun. Que pensez-vous d’eux ?

Il faudrait se méfier. Le volley-ball africain a tellement évolué, surtout avec le Rally point system chaque équipes est capable de gêner toutes les autres. Si le Cameroun aujourd’hui, affronte le Brésil, ils n’auront pas la tâche facile. C’est pour vous dire qu’ils ont beau être champions du monde, ils auront du mal à s’adapter au jeu. C’est la seule situation qui nous paraît incertaine. Nous nous préparons pour que tout se passe dans de bonnes conditions. Nous connaissons l’Afrique du Sud parce que nous avons pris l’habitude de jouer ensemble. Nous les avons rencontré cinq fois, et nous avons eu cinq fois victoires. On ne sait jamais. Nous connaissons l’Ile Maurice pour les avoir rencontré en 2001, ils sont assez grands de taille et athlétiques. Aujourd’hui, l’inconnu c’est le Zimbabwe. C’est un pays anglophone, donc ils sont capables de surprendre, même s’ils évoluent dans l’ombre. C’est donc la preuve que toutes les équipes se valent. Mais nous y allons avec à l’esprit que nous devons nous qualifier.

Ce stage s’est déroulé sur une surface non homologuée. Vous joueurs n’auront pas de problèmes d’adaptation sur le Taraflex en cours d’installation ?

Je crois que nous avons une équipe dans laquelle les joueurs sont habitués au Taraflex. Pour le moment nous avons eu des habilités techniques de base liés surtout aux capacités de défenses, qui sont des habilités que nous pouvons retrouver autant sur le Taraflex que sur cette surface (planché). Je crois que ça ne posera pas un gros problème parce que nous aurons deux ou trois séances d’entraînement dessus pour nous adapter facilement. Tout est fin prêt pour que la compétition commence et nous avons hâte d’être sur le terrain pour nous qualifier. Nous aurons 2 ou 3 séances là-dessus, ça va nous permettre de nous adapter facilement

Un dernier souhait à l’endroit du gouvernement et du public ?

Le ministre nous a dit qu’il allait tout faire pour que la situation des volleyeurs se normalise. Si nous arrivons à nous qualifier, il trouvera les moyens. Nous demandons au public de venir nombreux nous soutenir. Chaque fois que nous serons dans cette situation, il faut que le public vienne, d’abord pour voir le spectacle, pour évaluer le niveau de la discipline et aussi pour donner un coup de main à notre équipe. Il faut que tout le public vienne. Quand le drapeau est en jeu, il faut se mobiliser. Depuis que les garçons et les filles sortent, on n’avait jamais eu l’occasion de voir le niveau réel de notre jeu au Cameroun. Cette occasion nous est donnée. Nous serons obligés de ne pas décevoir le Cameroun.

Entretien avec

Edouard TAMBA

Farce de l’ordre en vagabondage nocturne

SANS BLAGUE

Farce de l’ordre en vagabondage nocturne

Je n’arrête pas de fouiller partout. Je fouille sous la table rien! Je fouille au salon, rien! Je fouille dans la chambre, rien! Je fouille dans les fringues, rien! Je back au salon, rien! Je repars dans la chambre, rien! Ca commence à durer. Un quatuor de personnes trépigne d’impatience. “Gars, c’est comment non? Tu fais quoi?“, me lance Prince. “Les gars attendez-moi. Je falla ma ndan*”, rétorque-je. “Quoi?», demandent-ils en coeur. Et moi d’expliquer. “Je vous dis que je cherche ma carte nationale d’identité“. Ils me suggèrent ensuite de prendre ma carte professionnelle ou mon passeport. “Non les gars, je ne veux pas de blem avec les nyè**”. C’est finalement dans le classeur à côté des verres à boire que je retrouve cette carte, après une demi-heure de recherche assistée. La réunion familiale qui vient de s’achever peut donc s’offrir des prolongations nocturnes plus mouvementées. Surtout que nous ne nous voyons pas beaucoup. Il faut donc en profiter. “Taxi, Flamenco nous tous que tu vois-là“. “Pimpim“, klaxonne-t-il pour nous demander d’entrer. Nous arrivons à destination aux environs de 22h20. “Ajoutez 50 50, vous ne savez pas que le taxi coûte 250 à partir de 22h?“, nous lance le conducteur. On s’empresse de lui ajouter ce qu’il réclame. Et l’un de mes frères de relever qu’on est monté dans le taxi avant 22h. “Haaaaka, laisse. Il va faire quoi avec?” s’entend-il répondre.

Le lieu grouille de bars, snack bars, snack bars dancing… Tellement que la musique parvenant à nos oreilles changent de rythme à chaque pas effectué.  Il y a aussi pleins de truc à bouffer. Maquereau braisé, poulet, porc, brochette de viande, les légendaires brochettes de porcs qu’on ne trouve qu’à cet endroit… et les prostituées. Oui, les consommateurs de cette chaire-là ont l’embarras du choix. Vieilles, jeunes, femmes enceintes, albinos, adolescentes, grosses, maigres etc. Sur ce terrain, Flamenco rivalise avec les autres points chauds de Yaoundé. Après avoir pris le pouls du coin, cap sur le Bateau. Un lieu d’ambiance situé plus bas. Nos gorges se tapent quelques mixtures infectes et de plus en plus chères que produisent les sociétés brassicoles ça et là. Nos yeux se régalent de la vue imprenable qu’offre Yaoundé by nigth depuis un balcon. Nos langues s’activent autour d’histoires drôles et incroyables. Ce qui oblige nos oreilles à faire le grand écart entre la musique ambiante et nos insolites. Mais le corps semble avoir pris fait et cause pour la musique ambiante. Même assis, ça danse. Mais pourquoi se taper un supplice de tantale alors qu’il est possible de se lever, et de danser. Tout simplement. Il est bientôt minuit quand nous prenons la piste d’assaut. Je ne sais pas ce que Hugo Nyamè veut absolument ouvrir la porte de sa dame-là. Nous on sort seulement les touches. Il appelle même les pompiers en disant qu’il y a le feu. Nous quoi sur ça? “Au secours ventilateur… Mettez!” On mets seulement. “Elegencia, la danse des mignons…”, là alors, la vantardise veut tuer quelqu’un sur la piste.

Vient alors l’inévitable couper-décaler. Une série de près d’une heure. “Bobaraba hé bobaraba”. Nous rivalisons d’ingéniosité sur la piste. “Mets un peu le ventre en avant, mets un peu les fesses en arrière…” On fait. “Glissement o glissement o glissement o tchakatchakatcha…” Nous usons nos semelles sur le plancher. “Position de une heure du matin, deux heures du matin, trois heures du matin…” Les genoux commencent à afficher des signes de fatigue. L’autre qui se prend pour un Dj continue avec ses couper-décaler. Il est déjà 3h. Certains se découragent. “Gars ça c’est même quoi? Rentrons“, lance Prince. “Niet. Je dois d’abord danser le bikutsi avant de rentrer. On n’a même pas mis Tsimi Toro“, lâche-je.  Vers 3h20, je découvre une chanson bien curieuse en dansant. “Mbéré kaki you go die hoo, you go die ho! Mbéré kaki you go die hoo…” Mon répertoire de « touches » n’est pas épuisé. J’engage mon bal à terre. Le volume de la musique diminue au fur et à mesure que je descends. “Chers clients, nous vous prions de ne pas sortir. Il y a rafle dehors. Restez dans la salle“, lance une voix au micro. Et la musique remonte. Mais une minute plus tard, je parviens à distinguer un coup de sifflet de la sono ambiante. Les flics sont dans la salle. “Tout le monde dehors! Sortez!“, ordonnent-ils. L’entrée principale est bloquée. Tout le monde passe par derrière. Une fois dehors, le comité d’accueil est composé d’une dizaine de policiers et trois cars; les fameux “gentils cars” encore appelés “sans payer”. Sauf qu’avec le temps, ils sont plus confortables et avec des portières.

On y est tous entassé. Quatre à cinq personnes par rangée. Direction le quartier Tsinga, au commissariat central n°2. Une fois dans la cours, “tout le monde descend!” Et voilà le hall du commissariat plein à craquer. Une cinquantaine “d’ambianceurs” aux arrêts. “Vous savez qui est mon père?” demande une jeune fille. Le policier qui la force à entrer dans la grande salle, lui répond par des coups du plat de sa main sur les parties de sa peau qu’offre son décolleté. Elle en prend de partout, éclate en sanglots, et refuse d’obéir. Un compagnon de malheur s’ajoute. “Vous allez me sentir le matin. J’ai des relations. Vous allez voir mon grand frère le matin”, menace un autre noceur récalcitrant. Des coups de matraques lui indiquent la direction à prendre. Un policier invite tous ceux ayant leur carte d’identité nationale à les lui remettre. Et que les personnes n’ayant pas cette pièce officielle inscrivent leurs noms sur une feuille blanche. Une fois l’opération terminée, nous sommes scindés en deux groupes.  Un groupe d’étudiants congolais n’arrête de maugréer sur la police camerounaise. Celui qui promettait d’appeler son grand frère au secours continue de gueuler. Et pan! Une gifle. “Vous me giflez pourquoi?”, interroge-t-il. Re-pan! Répond l’officier de police 2e grade. Les policiers de plus en plus nerveux, l’emmènent à côté. “Présentez-vous!” lui demande un inspecteur. “Je suis étudiant à Soa, je suis en maîtrise”, dit-il. “Qu’est-ce que vous faites là-bas?” poursuit l’inspecteur. “Je suis étudiant en chimie“, affirme l’autre. “Quoi? Chimie? Vous blaguez ou quoi? Donnez-moi votre carte“, lance le flic, visiblement interloqué. “Mais vous êtes artisans, c’est ce qui est écrit ici”, relève le policier.

La tension monte d’un cran. L’étudiant est convoqué derrière l’espèce de comptoir ou dorment les policiers. Celui qui promettait la fureur de ses relations dans l’armée contre les policiers s’y retrouvent à …genoux. “A beg ma grand. Je suis un camerounais comme vous non. Je me débrouille seulement“, implore-t-il. Ce face à un policier qui monte sur ses grands chevaux, et une foule partagée entre rires et peur et indignation. Le commissaire et ses cinq étoiles arrivent enfin. “Ceux qui n’ont pas les carte d’identité, vous allez en cellule”, annonce-t-il. “Les autres, on va vous garder ici jusqu’au matin pour vagabondage nocturne. On va vous libérer le matin après une corvée“, assène-t-il. 13 personnes prennent la direction des cellules de  détention. La fille hystérique d’il y a un moment est dans le contingent. Ses cris, de plus en plus  aigus nous rejoignent dans le hall quelques minutes plus tard. Des policiers rappliquent dans la grande salle. “Où est la soeur de la fille qui est asthmatique-là? Venez vous occuper d’elle“, lance un des policiers. L’on apprendra plus tard que la fille en question a été conduite vers un centre hospitalier, en compagnie de sa soeur. Bientôt 5h du matin et pas moyen de piquer un roupillon. l'”étudiant en chimie” à Soa n’arrête pas de gueuler. “Je suis un wadjo, c’est nous qui avons le pouvoir dans ce pays. Dès que Paul Biya part, la présidence remonte chez-nous. Je vais tous vous nommer vous serrez des directeurs et des ministres, votez-moi“, raconte-t-il.

C’est le délire dans la salle. On se fend en rire. Mais ma position m’en empêche. Je suis debout, adossez à cette espèce de comptoir. Les jambes, usées par la danse, ne tiennent plus. Je me résous à m’asseoir. A même le sol. C’est dans cette position que je vais somnoler jusqu’à 6h. Je rejoins d’autres “détenus” à l’extérieur, le temps de dégourdir nos jambes. Les filles sont d’abord sollicitées par les policiers en service. “Venez balayer ici“, lancent-ils. Les filles s’exécutent une par une. Vient ensuite le tour des garçons pour… laver le sol. Nous nous exécutons. A chacun ses 4 à 6 carreaux à cirer à l’aide de t-shirts transformés en serpillières. Le commissaire arrive aux environs de 6h30 et procède à l’appel en lisant sur les cartes d’identité. Les 41 personnes en règle, mais coupables selon la police du délit de vagabondage nocturne sont ainsi libérées. Les 12 autres, détenus en cellule pour le même motif doublé de défaut de carte d’identité nationale auront la galère plus intense. Car après cette nuit dans une cage infecte et malodorante, la tondeuse à fric des flics passera dans leurs poches… Vous parlez d’une farce de l’ordre? On dit ici que ce sont des forces de l’ordre.

Edouard TAMBA

* Carte nationale d’identité

** Policier

Les bonnes intentions de l’Afrique centrale en Tic

PROJETS

Photo Coptac.org

Photo Coptac.org

L’Afrique centrale pense son avenir en Tic

La Conférence des postes et télécommunications d’Afrique centrale s’achève ce vendredi 14 août 2009. Services postaux et Tic au menu des travaux

Le retard qu’accuse l’Afrique dans le domaine des technologies de l’Information et de la Communication est criard. « A titre d’exemple…En 2008, on dénombre 5 fois moins d’utilisateurs d’Internet en Afrique (51 millions d’internautes, soit 1 habitant sur 20) qu’en Amérique du Nord (248 millions d’internautes) alors que le continent africain est 3 fois plus peuplé (955 millions d’habitants) que l’Amérique du Nord (337 millions d’habitants) », relevait Destiny sur web2solidarité.org. Cette fracture s’illustre aussi entre les régions de l’Afrique. L’Afrique centrale fait justement partie de ces zones en mal de connexion Internet et de qualité des services liés aux technologies de l’Information et de la Communication (Tic). Huit pays de cette sous-région sont réunis à Douala au Cameroun depuis le 12 août dernier, pour se pencher sur cette question urgente. Il s’agit du Gabon, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo,  le Burundi, le Tchad, la Rca , la République du Congo et le pays hôte réunis dans le cadre de la Conférence des postes et télécommunications d’Afrique centrale (Coptac).

Les travaux ouverts par une réunion des experts portent principalement sur les domaines des services de la Poste et les Tic. Au menu des Tic, « l’élaboration d’un plan stratégique de développement des télécommunications en zones rurales ; le projet panafricain de services en ligne ; le développement des télécommunications d’urgence en cas de catastrophe ; le projet de Centre sous-régional de Maintenance des Télécommunications de l’Afrique Centrale ; la transition de la radiodiffusion analogique vers la radiodiffusion numérique… ». Le projet Cab est aussi au menu. Il s’agit d’un déploiement de la fibre optique à travers l’Afrique centrale. Ce « projet dont le document projet vient d’être validé et sera soumis au Conseil d’Administration de la Banque Mondiale prévu en septembre 2009, permettra l’interconnexion des pays de notre sous-région par un réseau de câbles à fibres optiques haut débit et d’avoir accès au câble sous marin à fibres optiques Sat-3 à partir du point d’atterrissement de Douala », apprend-on du secrétaire général du ministère des postes et télécommunications lors de son discours d’ouverture de la Conférence.

Bonnes intentions

Quant au projet Panafricain de réseau virtuel en cours d’exécution, il « vise à doter l’Afrique en Général et les pays membres en particulier d’un outil moderne pouvant fournir plusieurs types de E-services et d’autres part améliorer l’utilisation des Tic dans les mœurs africaines, de manière à réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud et atteindre ainsi les objectifs du millénaire pour le développement dans l’éducation et la santé », indique le Sg du Minpostel, Ebah Abada Edouard. Le caractère de plus en plus électronique des services n’épargne pas la Poste. Raison pour laquelle les conférenciers vont se pencher sur l’« amélioration de la qualité de service et de la sécurité du courrier, la mise en place de la comptabilité analytique dans les Etats de la Sous-région » et surtout le « développement du transfert électronique de fonds entre les Etats de la sous-région » qui connaît un essor fulgurant et un foisonnement de prestataires dans un cadre légal caduque. Cet ensemble de bonnes intentions sera adopté par le Coptac ce jour, et ensuite soumis aux organismes internationaux et autres bailleurs de fonds, « pour qu’ils en prennent connaissance, mais aussi qu’ils apportent un soutien matériel, financier et technique à leur réalisation », annonce le Sg du Minpostel.

Édouard TAMBA

Source www.coptac2009.org

Mbah à Mouté:« Les Camerounais ont tout le talent pour remporter la compétition »

Luc Mbah à Mouté

« Les Camerounais ont tout le talent pour remporter la compétition »

Photo getty image

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Ancien joueur de Onyx dans la ligue du Centre, il fait la fierté du basket-ball camerounais et africain à travers le célèbre championnat de la Nba aux Etats-Unis. Depuis 2008, Luc Richard Mbah à Mouté évolue chez les Milwaukee Bucks. A 23 ans, cet international de 2,03m s’est rapidement imposé dans le cinq majeur de cette équipe comme ailier dans cette équipe avec une moyenne de 7,2 points et 5,9 rebonds pour sa première saison. De passage au Cameroun, il s’exprime sa première saison en Nba, le basket-ball au Cameroun. Malgré son absence en Libye pour le championnat africain, il est de tout cœur avec ses compatriotes…

Vice champion d’Afrique en 2007 en Angola, vous êtes absent au Championnat d’Afrique qui se joue en Libye. Pourquoi ?
Je voulais bien partir en Libye comme cela a été le cas il y a deux ans en Angola. Et cette fois-ci remporter peut-être le titre. Mais mon équipe avait d’autres visions. C’est un peu difficile pour les joueurs de la Nba d’évoluer avec leurs équipes nationales. Il y a de cela un an, deux de nos joueurs principaux qui ont joué avec leurs équipes nationales se sont blessés. Cela nous a coûté la saison. De ce fait là, mon équipe n’était pas vraiment disposée à laisser ses joueurs évoluer avec leurs sélections nationales. C’est pour cette raison qu’ils ont décidés de ne pas me laisser jouer. Le groupe qui est parti à la Can est un bon groupe. Ils ont de très bons joueurs. S’ils restent concentrés à la tâche, ils feront une excellente compétition. Nous serons ensemble l’année prochaine en coupe du monde.

Vous avez assisté à leurs entraînements avant de voyager. Quel était l’esprit du groupe ?
Je me suis entraîné un peu avec eux. Je crois que le groupe est prêt. Chacun d’entre eux était focalisé sur la compétition. Ils rêvaient de remporter le titre. Mais il faut qu’ils le prouvent sur le terrain.

82 matches et plusieurs heures d’entraînement, ça use. Pensez-vous que vous pouviez avoir assez d’énergie et la faim de gagner si vous étiez en Libye ?
Bien sûr… J’ai eu le temps avec l’été de récupérer. Mais aussi de laisser mon corps se rétablir. J’avais l’énergie nécessaire pour la compétition. En plus, j’avais également la rage de gagner. Mon jeu aurait été au top niveau. L’énergie de ceux qui sont de l’expédition est au top. Parce qu’ils ont une tâche dure à remplir. Comme je vous ai dit, ils ont tout le talent pour remporter la compétition.

Quelle lecture faites-vous du basket-ball camerounais ?
L’équipe nationale est très bonne. Et le président de la fédération a mis en place des moyens pour essayer de partir vers la bonne direction en ce qui concerne la préparation des Lions. C’est presque la même chose pour la Ligue du Centre, même si c’est un peu stagnant. Le niveau a un peu baissé. Comparé à l’époque où nous on jouait. Il y a quelques mois, l’hebdomadaire sportif La Gazette Olympique a recensé plus de 118 basketteurs camerounais dans la diaspora. Il y a environ quarante parmi eux qui ont joué avec moi. Les jeunes doivent se remettre au travail. Quand vous suivez les matches du championnat, vous constatez qu’il y a un manque de fondamentaux. Mais également un manque de discipline par ce que beaucoup de jeunes ne travaillent plus comme avant. A l’époque quand nous on jouait ici, c’était l’amour du basket-ball. On se surpassait. Chacun allait au fond de lui-même pour sortir le meilleur du spectacle. Il y avait beaucoup de compétitions. Cela semble ne plus être le cas actuellement. Par exemple Bayang est le meilleur joueur au Cameroun pendant longtemps. Et lorsque vous regardez ailleurs, il n’y a vraiment pas beaucoup de joueurs qui atteignent son niveau. Pourtant il y a d’aussi bons joueurs que lui. On a l’impression que ceux-ci ne veulent pas de challenge. A mon époque, il y’avait beaucoup de joueurs et tout le monde était fort. Je crois que les jeunes doivent recommencer à travailler leur jeu pour être les meilleurs qu’ils peuvent.

photo Getty image

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Dites nous, qu’est ce qui manque pour que le Cameroun constitue véritablement une équipe faite de ses meilleurs joueurs ?
C’est très difficile pour une fédération ou une équipe de rassembler ses meilleurs joueurs pour une même période. Il y a toujours des choses qui peuvent empêcher certains joueurs d’être présents. De ces éléments-là, on peut citer les blessures, les indisponibilités etc. Pour moi, l’essentiel c’est de prendre un groupe qui a des attributs nécessaires et le préparer pour qu’il produise le meilleur de lui-même. Il faut que le groupe joue au maximum de ses capacités. Dans notre équipe, il y a beaucoup de talents. Pour le Championnat d’Afrique, on peut dire que certes il n’y a pas tous les meilleurs. Mais ceux qui ont fait le déplacement ont été choisis sur la base des critères nécessaires et par rapport à la vision de l’entraîneur.

Pour revenir spécifiquement à votre cas, à quel moment la fédération a saisi votre équipe pour solliciter de votre libération ?
La fédération a saisi mon club depuis. Les premiers coups de fils ont été faits dès la fin d’année 2008. Les contacts ont été maintenus entre la fédération, mon club et moi. Le président s’est vraiment pris à temps pour que le Cameroun soit véritablement en forme pour cette compétition. Comparativement à 2007, la barre a été mise assez haute. On commence à aller vers des directions ou la route qu’on devait suivre avant.

Comment s’est passée votre saison en Nba ?
Elle a été positive. Il nous a manqué de succès notamment à la fin de la saison. Cela peut s’expliquer par le fait que c’est une jeune équipe avec de nouveaux joueurs. On a eu besoin d’un temps d’adaptation pour huiler la machine. Malheureusement, deux de nos joueurs clés se sont blessés. Il nous a été très difficile de faire sans eux. Pour la saison à venir, on est en train de partir vers la bonne direction. L’administration et l’encadrement technique font le nécessaire pour que l’année prochaine, on ait une équipe solide et qu’on se qualifie pour les play-off.

Propos recueillis par

Edouard TAMBA