L’intégralité de la déclaration de Sameul Eto’o Fils

Samuel ETO’O FILS

« Je continuerai à prendre des décisions à l’équipe nationale… »

L’International Camerounais, Samuel Eto’o Fils était face à la presse à Yaoundé jeudi dernier 16 juillet 2009. Il était en séjour au Cameroun jusqu’au matin du 18 juillet, le temps, en tant qu’ambassadeur d’Orange Cameroun, de donner le coup d’envoi des championnats de vacances organisés par l’opérateur de téléphonie mobile. Le numéro 9  des Lions indomptables a saisi l’occasion pour faire une « déclaration » à propos de l’ambiance qui prévaut dans l’équipe. Un propos d’une vingtaine de minute au cours duquel décline sa responsabilité face à la situation ; dernier du groupe A dans les éliminatoires couplées Can/Mondial 2010. Mais encore, la sélection est victime de son avis, d’influences internes et  externes. La pression d’ancienne gloire des Lions, de la presse qui revendique plus de place pour les jeunes, et des coéquipiers qui mettent à mal la cohésion du groupe. Pour Eto’o Fils, c’est l’heure du 1984, les dossards des joueurs considérés par le public comme étant inamovible. D’ailleurs, à ses yeux, Rigobert Song n’a à pas encore de remplaçant. D’où l’appel en subliminal à l’Union sacré pour que le Cameroun obtienne son ticket pour l’Afrique du Sud. Reste que des contradictions ponctuent ce propos et interrogent sur la sincérité du triple ballon d’or africain…

Eto'o et son avocat/manager (Camfoot.com)

Eto'o et son avocat/manager (Camfoot.com)

« Bonsoir chers frères (…)

Je parlerais globalement de notre équipe nationale. Je souhaiterais vraiment que ce que je dirais ce soir soit relayé tel quel à mon peuple.

Dernier de la poule A

Je sais que la situation que l’équipe nationale traverse depuis un certain temps est difficile. Elle est difficile pour tous les camerounais, d’autant plus que nous portons beaucoup d’amour à notre équipe. Je reviens sur des dires. Certaines personnes ont essayé de porter l’attention, ou alors de dévier les vrais problèmes de l’équipe nationale en me pointant du doigt. Ce qui ne me gène pas. En ayant le rôle que j’ai, je sais que je dois prendre les coups au passage. Mais je ne m’attendais pas que certaines personnes descendent aussi bas pour détour dévier l’attention. Je voudrais dire que l’équipe nationale c’est la maison de tous les camerounais. Jusqu’à présent, j’ai eu une très belle carrière, grâce à vous, grâce au bon Dieu, grâce au peuple que vous représentez ce soir. Si je suis devenu l’un des cadres de cette équipe nationale comme vous le dites souvent, ce n’est pas parce que je suis le plus âgé (…) ; c’est certainement à cause de la carrière que j’ai eue jusqu’à présent.

Je ne veux pas m’attarder ou rentrer dans des discussions qui n’auront pas d’issue en disant tel a dit, ou tel a fait ceci. J’aime apporter des solutions. L’équipe nationale du Cameroun aujourd’hui a besoin du calme, a besoin de la tranquillité, parce que nous sommes en train de construire une équipe. Mais n’oubliez pas une chose, on ne peut pas avoir une grande équipe si on se précipite à faire les choses. Je sais qu’on est dans l’urgence d’avoir des résultats, et nous auront ces résultats. Il y a eu pas mal de désordre. Il y a quelques temps je me suis permis d’intervenir en direct dans l’émission d’un frère. Ce jour là j’avais dit que je me retenais de donner mon avis sur le départ du coach Gweha. Je ne l’ai pas fait pas parce que [le poste de coach Gweha était le fait d’Eto’o]. Sinon, parce que je voyais le désordre que cela allait créer. Ceux qui ont voulu prendre cette décision l’ont fait. Et nous l’avons assumé. Ils ont décidé de mettre 4 sélectionneurs qui ont tous le [même rang]. Comment voulez-vous qu’on puisse avancer comme çà ? Ce n’était pas une bonne idée, c’était une erreur et aujourd’hui je me retrouve entrain de porter un chapeau qui n’est pas le mien. Ces gens veulent détourner l’attention et dire que Eto’o prend des décisions à l’équipe nationale. Je continuerai à prendre des décisions à l’équipe nationale pour que l’équipe nationale avance.

Dans chaque groupe il y a des patrons

Dans chaque groupe il y a des patrons. Je ne me cache pas pour dire que quand il faut frapper la main sur la table, je le fais. Mais, c’est toujours dans le respect, c’est toujours dans l’espoir de faire avancer les choses pour que vous soyez toujours fiers de nous, et pour que les coéquipiers qui sont appelés jouent et se sentent bien pour donner le meilleur d’eux même, et apporter le résultat que vous attendez tous d’eux. Ça c’est le premier point. Je ris parce que je sais qui était derrière toute ces manipulations, mais je vous dis, je ne discute rien avec personne. Grâce à vous, grâce à mon peuple, je suis devenu le joueur que je suis. Et personne ne peut changer la volonté de Dieu, même pas ceux-là… A chaque fois que je descends dans l’aire de jeu, que ce soit en sélection où avec mon club, je vous porte tous en cœur. Je ne rentre pas dans le débat d’être le meilleur joueur camerounais, parce que ceux qui étaient là avant nous, nous ont permis de rêver et de devenir les footballeurs que nous sommes aujourd’hui. Ca, ça ne peut pas changer. Ils ont fait un grand boulot, mais il faut à un moment passer à autre chose. Et le présent, ça passe par nous autres. Il faut composer avec tout ces gens. Le premier Eto’o, ou le deuxième comme vous voulez, mais aujourd’hui nous sommes joueurs et il faut composer avec les joueurs actuels… Ce que je propose et je crois que des gens ont anticipé sur mon idée, ils ont réussi a apporté le calme dont nous avons besoin ; amener un encadreur qui apportera sont prestige et son expérience. Je vous demande à mon tour : s’il vous plaît, soyons positif. Nous devons aller à cette coupe du monde. Nous avons pris du retard, mais c’est l’affaire de tous les camerounais.

Faites confiance au sélectionneur

Si demain nous n’allons pas en coupe du monde, ce que je ne crois pas, ce ne sera pas seulement l’affaire de Samuel Eto’o. Je perdrai peut-être beaucoup plus que certains… Comme avec des ’’si’’ on ne peut pas refaire le monde, je veux être à cette coupe du monde. C’est le rendez-vous de tous les grands joueurs, il faut que mon pays soit en coupe du monde. Mais je ne peux pas le faire seul, nous ne pouvons pas le faire seul, nous avons besoin de vous, nous avons besoin de notre peuple. Nous avons une finale le 5 septembre à Libreville. Je vous demande de ne pas prendre partie, laissez le sélectionneur convoquer ses joueurs, faites confiance au sélectionneur. Nous ne pouvons pas tous être sélectionneurs, ne faisons pas l’erreur de mettre la pression sur certaines personnes en demandant que tel ou tel joue. Je vais vous prendre un exemple : le Barca la saison dernière avait, Ronaldinho, Henry, Messi Eto’o, tous des grands joueurs. Rijkaard pouvait décider d’aligner les 4 joueurs, mais il ne le faisait pas. Il y avait toujours un grand joueur qui allait rester sur le banc de touche. Ça peut arriver à l’équipe nationale du Cameroun, ça peut arriver et accepter ça. Ce n’est pas parce que qu’on est fort dans son club qu’on est forcement fort à l’équipe nationale du Cameroun. Acceptez cette réalité, n’obligez pas les gens à aligner certains joueurs. Ces encadreurs sont payés pour ça. Par contre, amenez-les à comprendre qu’ils sont payés pour çà, pour faire ce job, pour aligner les meilleurs. Et aussi, tous les grands joueurs ne sont pas fait pour jouer ensemble. (…) Apportons le maximum à l’entraîneur sélectionneur de l’équipe nationale pour qu’il s’adapte le plus rapidement parce que nos chances passent aussi par là. On a le Gabon en aller et retour, on a le Togo chez nous, on a le Maroc; on doit gagner. On doit gagner. On ne peut pas aller faire semblant, vous savez que c’est des matches avec beaucoup de pression et les grands matches aux grands joueurs.

Jeunes joueurs, Vieux joueurs

Moi Samuel Eto’o je vous dis et je le dis publiquement, je ne laisserai jamais quelqu’un de l’extérieur venir dire qu’un tel ou un tel doit jouer. Je vais prendre les mêmes coups qu’ils m’ont donnés il y a quelques semaines. Mais je ne permettrai pas ça. A l’équipe nationale du Cameroun, les meilleurs doivent jouer, qu’ils soient jeunes, vieux ou ce que vous voulez, mais ce sont les meilleurs qui doivent jouer. Ne mettez pas la pression pour dire que les jeunes doivent jouer parce qu’ils sont forts. Et à ces jeunes, je leur dis, le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache. Tous les grands chefs le disent. Quand vous venez en équipe nationale ne soyez pas juste contents d’être convoqués, sinon venez parce que vous pensez que vous pouvez apporter autre chose. J’ai eu un grand frère avec qui j’ai pris du plaisir à jouer dans cette équipe nationale, même si certains de vos confrères ont dit qu’il n’y avait pas d’entente entre nous ; c’était Patrick Mboma. Un jour, j’ai dit au grand Patrick Mboma : « dans quelques années je serai plus fort que toi ». Et pourtant Patrick était tout pour nous. Quand il y avait match, il pouvait débloquer la situation à tout moment, mais c’est parce que je voulais bousculer Patrick et parce que je voulais me bousculer moi-même, et croire que je peux être plus fort que Patrick.

Aujourd’hui je ne suis pas plus fort que Patrick. Mais, je sais que j’ai eu une grande carrière parce que j’ai cru que je pouvais être plus fort qu’un grand joueur comme Patrick, c’est ce que je demande à ces jeunes. Moi je vis le quotidien de l’équipe nationale et je n’ai pas de sentiment si je dois prendre une décision pour un joueur ou pour un autre. Nous anciens, ou le 984 ou le 1984 comme vous le dites… Je suis fier de dire que je joue avec Rigobert Song. Avec tout le respect que je dois à mes jeunes coéquipiers, jusqu’à présent, je ne vois pas le remplaçant de Rigobert Song à l’équipe nationale du Cameroun. Je vous le dis en vous regardant dans les yeux. Vous parlez de Bassong, oui. Bassong peut jouer, mais seulement vous ne partagez pas le quotidien de l’équipe nationale comme nous autre. Donc n’avancez pas les noms. Rigobert ne joue pas parce qu’il s’appelle Rigobert Song, il joue parce qu’il est fort que ceux qui sont là et vous devez l’accepter. Il y a des joueurs beaucoup plus âgés que Rigobert qui sont encore en activité. Moi je sais que dans deux ans vous allez dire que je suis très vieux. Certains de ces jeunes qui arrivent à l’équipe nationale aujourd’hui sont plus âgés que moi ou ils ont le même âge que moi. J’ai commencé beaucoup plutôt à jouer. Les journalistes, vous avez pratiquement obligé le coach Manga Onguené à me convoquer avec les seniors alors que j’étais cadet. L’un des journalistes [désignant Emmanuel G. Samnick de South Media group] qui m’a beaucoup torpillé ces derniers jours est celui qui était à l’origine de ma première convocation. Il a dit qu’il y a un jeune qui fait de bonnes choses, il faut qu’on l’appelle. C’est comme ça que ma carrière est partie. Quand je suis arrivé à l’équipe nationale, j’avais 15 ans, je n’avais pas froid aux yeux. Je pensais à cette époque qu’il n’ y avait pas plus fort que moi, et je le pense toujours. Mais je n’ai pas joué. Tout ça m’a permis. Le 1984 comme vous dites, Carlos est le meilleur gardien camerounais aujourd’hui, il n’y a pas de doute. Ça ne veut pas dire que Souleymanou n’est pas fort… Vous savez qu’il y a un temps, c’est Souleymanou qui jouait parce qu’il était en forme. Si Carlos a pu être au banc et Souleymanou a joué, ça veut dire que si quelqu’un du 1984… si moi Eto’o je ne suis pas en forme, je ne jouerais pas.

Le cas Idrissou

Je vais vous dire une chose, l’avantage que j’ai, c’est que je m’appelle Samuel Eto’o. À chaque fois que je descends dans un stade de football, même quand je suis diminué l’adversaire se dit, « il est dans le stade », et c’est çà les grands joueurs parfois. Thierry Henry a joué la finale de la Champions league, vous savez tous qu’il n’était pas en grande forme parce qu’il avait une blessure, mais il a joué, parce que ce sont les matches des grands joueurs. Vous devez accepter çà aussi. Dans une équipe, il peut arriver que le joueur qui a peut-être plus de poids ne soit pas en forme, comme lors de la dernière Can. Voilà quelqu’un qui me torpille aujourd’hui, qui essaye de tout monter, il était venu me voir lors de la Can au Ghana pour me demander de ne pas faire jouer Idrissou. Dites-moi, comme leader vous me voyez entrain de dire à l’entraîneur de ne pas faire jouer Idrissou ? Si je le dis, l’entraîneur va le faire. Je sais que plusieurs d’entre vous auraient souhaité que Idrissou soit sur banc de touche lors de la Can. Mais je vais vous dire, le travail que Idrissou a fait pendant la Can, aucun autre joueur ne pouvait le faire. J’étais à 50% de mes moyens parce que je sortais de ma deuxième blessure importante. Mais je devais jouer parce que le football est aussi psychologique. Le travail qu’il a abattu, il faut reconnaître ça. Quand j’ai dit non, ces intrigues sont nées, parce qu’il faut que vous sachiez la vérité. Je défendrais toujours l’équipe nationale parce que nous sommes tous camerounais et je n’ai jamais payé pour jouer à l’équipe nationale, je n’ai jamais payé pour jouer en club et je n’accepterai jamais qu’il y ait de l’injustice autour de notre équipe nationale, même si parfois des choses m’échappent. Mais j’essayerai toujours de me battre, que se soit avec ces gens qui viennent nous empêcher d’avancer correctement, que se soit avec les gens qui dirigent notre football aujourd’hui.

Minsep/Fecafoot

Autre chose à nos dirigeants : Sachez tous que l’équipe nationale du Cameroun est dirigée par la Fecafoot. J’ai eu la chance avant le match contre le Maroc de discuter avec le président Iya, la Fédération Camerounaise de Football est en charge de l’équipe nationale. Le ministre qui est notre patron est le ministre de tous les sports au Cameroun, pas le ministre du football. Le président de la Fecafoot, je le lui ait dit. Si on n’avance pas, ce sera de sa faute. Et comme je sais que c’est un monsieur qui a la volonté de faire de bonnes choses, il faut que vous sachiez que le football camerounais et l’équipe nationale en particulier est dirigée par ce monsieur, il est responsable de notre équipe et de notre football. Si ça ne fonctionne pas je ne poserai pas de question au ministre, je poserai d’abord des questions au président et je le lui ai dit. Je vous le dit aujourd’hui parce que moi je suis toujours clair, je n’aime pas les intrigues et je ne souhaite pas vous emmener dans ce jeu.

Voilà en gros ce que je voulais vous dire. Je sais que certains souhaiteraient que je parle de mon club, je vous demande juste d’avoir la même tranquillité que moi, ce que Dieu a réservé pour moi vous le saurez bientôt, et nul ne peut le changer. Il y a des difficultés partout, et je ne suis même pas en difficulté, c’est tout ce que je peux vous dire. Je suis tranquille et confiant, la seule chose que je puisse vous dire c’est que je jouerai encore au football et au haut niveau la saison prochaine. C’est tout, Bonne soirée”.

Propos recueillis par

Edouard TAMBA

3 thoughts on “L’intégralité de la déclaration de Sameul Eto’o Fils

  1. laly

    humm,ca devient quoi meme tous ca??il doit rester a sa place de joueur,il n a rien a restructurer,,non mais

  2. lion

    il se prend pour qui celui la?il est su bete qu’il ose dire qu’il prendra des decisions, il est joueur ou selectionneur?

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