Me Atangana Ayissi:” Les magistrats ne peuvent pas agir à la place des avocats”

Me Atangana Ayissi_2Me ATANGANA AYISSI

Les magistrats ne peuvent pas agir à la place des avocats

Le représentant du bâtonnier de l’ordre des avocats à Yaoundé précise l’esprit du mouvement d’humeur engagé par les avocats depuis lundi dernier

Le gouvernement et l’ordre des avocats sont actuellement dos à dos quant à vos revendications. Jusqu’où comptez-vous aller ?

Je crois que il y’aura nécessairement une solution pour une sortie de crise. Si crise il y a. Il s’agit d’un débat technique concernant une profession. Je ne doute pas un seul instant que le garde des sceaux partage le même souci, de voir la profession d’avocat de voir la profession d’avocat s’épanouir au mieux. Il a toujours parlé de la modernisation de l’ordre. Il s’est engagé à œuvrer pour cette modernisation. La modernisation passera nécessairement par une reprise en main des objectifs utiles à cela.

Vous semblez faire entièrement confiance à un gouvernement qui pendant votre mouvement d’humeur a introduit d’autres personnes pour faire votre travail…

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui nous amènent à réagir. Parce que sur le plan déjà professionnel, les magistrats sont formés soit pour poursuivre, soit pour juger. L’avocat est donc chargé de défendre ; et il est formé pour défendre. Alors, la société est organisée de telle manière que ceux qui poursuivent, poursuivent ; ceux qui jugent, jugent. Et que ceux qui défendent, défendent. Donc les magistrats qui veulent rentrer de cette manière dans la profession d’avocat ne sont pas à leur place. Et il est du devoir des avocats de protéger la population, parce qu’une défense mal organisée est un handicap pour le bon fonctionnement même de la profession d’avocat.

Me Abessolo pour qui vous avez suspendu le port de la robe noire est en prison suite à une décision de justice. Voulez-vous l’en extraire sans respecter le fonctionnement de la justice ?

Je dois dire que nous ne faisons pression sur aucun juge. Nous n’avons pas à l’esprit, un seul instant, de faire pression sur les juges de la Cour suprême qui ont beaucoup de hauteur en ce sens. Le problème d’Abessolo n’est pas le problème principal ; c’est subsidiaire. Le problème principal ici, c’est l’entrave à l’exercice de la profession d’avocat, en ce sens que Abessolo a été condamné parce qu’on estimait que le champ d’intervention de l’avocat ne s’étant pas aux actes qu’il a posés. Donc, le juge a apprécié le champ d’intervention. Non seulement il a annulé la convention,  mais il a estimé que le comportement de Me Abessolo avait transgressé un interdit. Et qu’il y avait pas conséquent lieu de le mettre en prison. A ce niveau il y a eu une interprétation assez particulière et atypique de la loi. Avec cette circonstance qu’elle entrave l’exercice de la profession en général. Nous ne faisons pression sur aucune juridiction, mais nous sommes convaincus que la Cour suprême saisie va intégralement réformer ces dispositions de condamnation en ce qui concerne Me Abessolo.

Interview réalisée par

Edouard TAMBA

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