L’insécurité plane sur la fibre optique

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L’insécurité plane sur la fibre optique

Une série d’incidents expose la fragilité des infrastructures de télécommunications en Afrique subsaharienne

Un malheur ne vient jamais seul. La République gabonaise est en deuil après le décès de son chef d’Etat, survenu officiellement lundi dernier. Et comme si cela ne suffisait pas, les infrastructures de télécommunication s’en mêlent. Le Gabon connaît des difficultés au niveau des télécommunications depuis dimanche dernier. Un communiqué de l’entreprise nationale en charge de la question apporte des précisions. « Gabon Télécom s’excuse auprès de ses nombreux abonnés pour l’interruption depuis dimanche dernier de l’Internet et des appels internationaux du à un problème technique survenu au niveau de la fibre optique, un câble sous marin, qui assure plus de la moitié du trafic sur le réseau Internet et appels internationaux », indique le communiqué relayé par l’agence de presse www.gabonews.com. Gabon Telecom annonce par ailleurs qu’ « une équipe soutenue par le Consortium Sat3 sont à pied d’oeuvre pour y remédier dans des délais raisonnables ».

Le composant en verre encore dans sa phase de déploiement en Afrique subsaharienne, est présenté comme une panacée aux problèmes de vitesse, de débit, de bande passante, de stabilité et de qualité dont souffrent Internet et ses applications. Mais le cas du Gabon n’est pas isolé. Cela est déjà survenu au Cameroun plus d’une fois. On avait parlé d’un « dimanche noir », le 10 mai 2009. Durant cette journée, il était presque impossible d’accéder au réseau des réseaux. Des investigations ont ensuite permis de découvrir que le câble de fibre optique reliant Yaoundé à Douala avait été sectionné. Mais avant, quatre incidents du genre ce sont produit sur le réseau camerounais avec des conséquences plus ou moins perceptible par la majorité des usagers.

La « grande » coupure de novembre 2007 avait été expliquée par un incident au niveau du point d’atterrissement du câble Sat-3 à Douala. Deux « coupures étaient des actes de vandalisme sur le trajet Douala-Edea-Yaoundé », se souvient l’ingénier de télécoms Ebongo Aboutou Albert en service à Cameroon telecommunications (Camtel). Et une autre a été le fait « de l’ignorance d’une entreprise », poursuit notre ingénieur, par ailleurs chargé du déploiement d’une dorsale nationale en fibre optique au Cameroun. Ce cas est identique à la faille du 10 mai sur le réseau. Les recherches ont établi que le câble avait été sectionné pendant les travaux des agents de la Camerounaise des Eaux (Cde).

Des incidents du genre sont aussi arrivés dans des pays apparemment à l’abri. Le 9 avril dernier, « un individu ou un groupe se serait introduit dans des installations d’AT&T pour y sectionner une série de câbles de fibre optique, privant ainsi d’accès à l’Internet ainsi qu’au téléphone filaire et sans fil pendant une vingtaine d’heures une bonne partie de la population de San Francisco », apprenait-on sur le site www.techno.branchezvous.com. L’entreprise victime était tellement remontée qu’en fin d’après midi, elle « offrait 100 000$ de récompense pour une information qui mènerait à une arrestation en lien avec le vandalisme. En fin d’après-midi vendredi, une fois les dommages réévalués, la récompense a été augmentée à 250 000$ ».

Cet incident remet au goût du jour la question de la sécurité autour des câbles de fibre optique. Comme on peut le remarquer, les pannes du genre ont moins d’impact sur les services en occident. Ce pour deux raisons majeures. D’abord, ils disposent d’un nombre important de techniciens qualifiés pouvant intervenir. Le Cameroun par exemple n’en a que 6. Et d’autre part, il y existe déjà un vrai système d’interconnexion entre les pays, les villes et les serveurs. Le Cameroun construit encore sa dorsale sur laquelle devrait s’appuyer l’Afrique centrale.

Edouard TAMBA

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