L’urgence d’un Point d’échange Internet au Cameroun

INFRASTRUCTURES

L’urgence d’un Point d’échange Internet au Cameroun

Le gouvernement camerounais a donné quitus pour la mise en place d’un point d’échange Internet. Une solution technique permettant de gagner en temps, en coûts, en sécurité et en autonomie

Les ministères et autres institutions de la République du Cameroun sont sur Internet. Il y est désormais possible d’obtenir des formulaires et autres renseignement depuis un domicile, un bureau ou un cybercafé. Si l’opération semble relativement facile et rapide, elle est plus lente et plus chère d’un point de vue comparatif. Et pour cause, lorsque l’internaute basé à Yaoundé sollicité un document dans un ministère à côté, sa requête va d’abord passer par un point de connexion international. C’est depuis ce point que son ordinateur et le serveur qu’il sollicite seront connectés. Un peu comme à l’époque où de Yaoundé, il fallait appeler Paris pour obtenir un correspondant à Douala par téléphone. A ce propos, l’Union internationale des Télécommunications affirme qu’en « Afrique, 7 connexions sur 10 transitent par l’Europe ou les Etats-Unis ».

Ce détour a deux principales conséquences. D’une part, la vitesse de traitement des données à cause des milliers de kilomètres à parcourir par le signal en aller et retour. Et le coût d’autre part, car l’accès à ces réseaux internationaux n’est pas gratuit. La solution à ces désagréments est connue ; mettre en place un Point d’échange Internet (Ixp). « Il s’agit d’une plate-forme qui facilite les échanges locaux sur Internet tout en évitant l’usage de la bande passante internationale », explique le directeur Informatique, Internet et des réseaux spécialisés de Cameroon telecommunication (Camtel), Ottou Françis. De l’avis de cet ingénieur des télécoms, « un Point d’échange Internet pourrait engendré une réduction des coûts de l’ordre de 40%, grâce au peering », un système d’échange entre ordinateurs, basé sur la gratuité et la réciprocité.

Selon lui, il faut pour cela une interconnexion entre les différents fournisseurs d’accès Internet (Isp) à l’aide de « routeurs, de commutateurs et la fibre optique. On n’a pas besoin de construire un immeuble pour ça », poursuit-il. Le Cameroun semble bien en retard sur le sujet. Car selon Agence nationale des technologies de l’Information et de la Communication (Antic), 17 pays africains disposent d’au moins un Ixp. C’est d’ailleurs « l’Antic qui est chargée de la mise en place d’Ixp au Cameroun », indique Francis Ottou. Une mission que lui a confiée le gouvernement. C’est dans cette optique que cette agence a réuni les grands opérateurs du domaine le 21 avril dernier à Yaoundé. Histoire de baliser le terrain en vue de réfléchir à la mise en place d’un Ixp au Cameroun.

Car le directeur général de l’Antic est convaincu qu’en plus des gains en vitesse et en coût, un Ixp va « accroître les recettes générées par les services en local, renforcer la sécurité des internautes, assurer une meilleure régulation de l’Internet et améliorer la qualité de service et de la gouvernance de l’Internet ». D’après ce dernier, « pour la mise en place effective de cette infrastructure, 90% des actions à mener concernent la coordination stratégique entre les différentes parties prenantes. Les 10% restant concernent les aspects techniques ». C’est dans cette optique qu’un « groupe de travail restreint a été mis sur pied entre l’Antic et les acteurs majeurs du secteur », relève Francis Ottou. Cela permettra peut-être de rectifier le tir. Car l’appel d’offre international restreint, de juin 2008, relatif à la réalisation de l’étude de faisabilité pour la mise en place d’Ixp au Cameroun est resté infructueux. « Aucune candidature ne s’étant manifestée », déplore l’Antic.

Edouard TAMBA

8 thoughts on “L’urgence d’un Point d’échange Internet au Cameroun

  1. Pingback: L’urgence d’un Point d’échange Internet au Cameroun « Africantech’s Blog

  2. Tamba Edouard Post author

    On dit que l’Antic est entrain de mettre en place un comité restreint de réflexion avec les grands opérateurs. Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvaise augure mais par expérience, les comités au Cameroun? hum…

  3. Tamba Edouard Post author

    Un peu comme les multiples comités mis en place pour les barrages de Lom Pangar, Mem’vele, port de Tiko, port de Limbé…
    Des comités équipés de 4×4 rutilents et d’ordinateurs de derniers cris. Je ne parle pas des jetons de présences et autres avantages durant les réunions et autres frais de mission

  4. Pingback: Twitted by ETAMBA

  5. Jean-Francis

    Je compte plus sur des acteurs comme Google qui poussent de plus en plus pour la mise en place IXP en afrique pour que ca avance et aussi la monte en croissance rapide du numbre de clients internet fait que les operateurs n’auront pas le choix.

    Mettre en place in IXP quand c’est un projet bien prepare et bien gere peut se faire en 3 mois !

Leave a Reply