Abah Abah, Olanguena, Mebara… fouillés dans la nuit

SOCIÉTÉ

Perquisition nocturne à la prison de Kondengui

Le sommeil n’aura pas été paisible pour certains détenus de la Prison centrale de Yaoundé. Les pensionnaires du pénitencier de Kondengui ont vu débarquer des dizaines de policiers et gendarmes dans la nuit du 6 avril 2009. Tout aurait commencé aux environs de 21h 30 selon nos sources. Les forces de l’ordre s’introduisent dans la prison, sous la direction du délégué régional de l’administration pénitentiaire pour le Centre, Joseph Tekam. Ces derniers mettent le cap sur les cellules où dorment les prisonniers. Les geôles sont fouillées l’une après l’autre ; dans les quartiers dits « spéciaux ». Il s’agit des quartiers 7, 11 et 12 où sont logés des personnalités déchues du Renouveau. On y compte des célébrités telles que Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, Jean Marie Atangana Mebara, Mounchipou Seidou. Des anciens membres du gouvernement auxquels s’ajoutent d’ex hauts fonctionnaires de l’Etat. Le quartier 5 où logent les femmes aurait aussi subi la fouille.

L’opération aurait duré entre 45 minutes et une heure à en croire nos sources. « Ils ont fouillé tout le monde, mais, ils n’ont rien trouvé.  Il n’y avait pas de téléphones », indique une autre source. Selon un fonctionnaire de l’administration pénitentiaire, « Ils n’ont pas pris grand-chose en dehors des objets comme des  cuillères, des fers à repasser et même des boîtes de sardines chez certains ». A la suite de l’escouade de gendarmes et de policiers, une autre fouille a été opérée aux environs de 5 heures du matin. Cette fois, les gardiens de prison étaient à la manœuvre. Quelques uns de ces derniers disent avoir mieux fait car maîtrisant mieux que quiconque les éventuelles cachettes des détenus. Des bouteilles de vins de table se seraient ajoutées au butin.

Ce n’est pas la première fois que la Prison centrale de Yaoundé est perquisitionnée par des éléments de corps extérieurs à l’administration pénitentiaire. Le cas du 11 août dernier avait été plus spectaculaire en effectifs et en biens saisis. Mais cette l’heure et lieux sur orbite intriguent. Que cherchaient les forces de sécurité dans les quartiers spéciaux ? D’aucuns parlent d’une fouille de routine. D’autres y voient une volonté d’humilier ces anciens pontes du régime. Et une troisième catégorie y voit des actions nécessaires dans la mesure où les cibles de ces perquisitions représenteraient un danger pour le pouvoir en place.

Édouard TAMBA

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