Les Lauréats de 7 jours pour 1 film en stage

CINEMA

Les Lauréats de 7 jours pour 1 film en stage

 

Des douze, il n’en restera qu’un seul. Un scénario qui sera retenu, tourné et projeté lors de la cérémonie de clôture du festival Ecrans noirs en juin prochain à Yaoundé. Mais pour l’instant, les douze concurrents sont en stage d’écriture. Ce depuis lundi dernier, 23 mars 2009, au Centre culturel français de Yaoundé. Leurs projets de courts métrages ont été sélectionnés parmi près de 70 candidatures envoyées des « quatre coins » du Cameroun. Quelques uns des lauréats sont des habitués de l’écriture de scénario. C’est le cas d’un certain… Tafen Adrien, plus connu sous le pseudonyme de Foly Dirane, animateur à la Crtv. « Ce n’est pas la première fois que j’écris. J’ai été nominée au prix du meilleur scénario d’Afrique centrale aux Ecrans noirs 2008 avec le long métrage ‘’L’homme qu’il me faut’’ », relève Fomat Estheline, autre lauréate. Pour l’opportunité qui se présente à elle, « c’est grand honneur, et une autre occasion de retravailler sur ma façon d’écrire ».

Car, « au-delà de l’écriture de scénario nous travaillons sur la mise en scène et le côté technique. C’est un travail d’approfondissement de chaque scénario », constate cette étudiante en diplomatie à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric). Moins expérimenté que les précédents, Tio Babena Gilbert se dit honoré, « compte tenu du nombre de participants au départ ». Au troisième jour du stage, cet étudiant en lettre d’expression française à l’Université de Ngaoundéré observe que « en technique, on s’est déjà amélioré ». C’est le fruit du travail conduit par des professionnels tels que  Denis Chouinard, Yves Hanchar, François Chaillou, Pascal Judelewicz, Arice Siapi… « Etant plus expérimentés que nous, ils nous orientent vers certaines particularités », observe Fomat Estheline. De son avis, l’approche tend à rendre les scénarios plus universels, « pour les ouvrir à tous publics ».

Pour ce faire, « on travaille sur ce que le public aurait attendu, on en vous dicte pas », poursuit Tio Babena. Cela contribue à « la stimulation de l’imagination pour rendre les scénarios plus attrayants avec un produit consommable à l’international », ajoute-t-il. Cette quête de l’universalité pourrait nuit à l’identité propre des projets de films. Tio Babena y voit plus « une occasion de nous faire découvrir à l’international », et Fomat Estheline « pense que non ! ». Il s’agit pour elle d’une approche qui permet « d’envisager une certaine ouverture d’esprit, d’avoir un nouveau regard pour l’amélioration d’un scénario afin de l’ouvrir à tous les publics ». A cela s’ajoute le caractère commercial de la production. Des conseils prodigués par les instructeurs du stage d’écriture, cette dernière conclût « qu’il faut toujours faire des compromis entre ce qu’on veut, ce que le public attend et le côté commercial de la chose ».

Cette quête de l’universalité s’impose par un autre paramètre. « Avant d’être produit, le film est déjà attendu par des chaînes de télévision à l’instar de Canal + et Tv5 Monde », indique Arice Siapi. Une multitude de festivals internationaux sont aussi dans l’attente du court métrage attendu. Pascal Judelewicz, principal artisan du projet, relevait que les scénarios sélectionnés sont trop longs. « Les projets ont déjà été synthétisés, ils ont mis de côté tout ce qui était accessoires dans leurs scénarios », poursuit Arice Siapi tout en précisant que « ce n’est pas la durée qui va conditionner les résultats ». Et quelle que soit l’issue, les initiateurs souhaitent déjà que tous les projets trouvent producteurs. En plus du vainqueur final du concours dont l’identité sera révélée le 30 mai à Yaoundé.

Edouard TAMBA

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