Daily Archives: 26 March 2009

Les Lauréats de 7 jours pour 1 film en stage

CINEMA

Les Lauréats de 7 jours pour 1 film en stage

 

Des douze, il n’en restera qu’un seul. Un scénario qui sera retenu, tourné et projeté lors de la cérémonie de clôture du festival Ecrans noirs en juin prochain à Yaoundé. Mais pour l’instant, les douze concurrents sont en stage d’écriture. Ce depuis lundi dernier, 23 mars 2009, au Centre culturel français de Yaoundé. Leurs projets de courts métrages ont été sélectionnés parmi près de 70 candidatures envoyées des « quatre coins » du Cameroun. Quelques uns des lauréats sont des habitués de l’écriture de scénario. C’est le cas d’un certain… Tafen Adrien, plus connu sous le pseudonyme de Foly Dirane, animateur à la Crtv. « Ce n’est pas la première fois que j’écris. J’ai été nominée au prix du meilleur scénario d’Afrique centrale aux Ecrans noirs 2008 avec le long métrage ‘’L’homme qu’il me faut’’ », relève Fomat Estheline, autre lauréate. Pour l’opportunité qui se présente à elle, « c’est grand honneur, et une autre occasion de retravailler sur ma façon d’écrire ».

Car, « au-delà de l’écriture de scénario nous travaillons sur la mise en scène et le côté technique. C’est un travail d’approfondissement de chaque scénario », constate cette étudiante en diplomatie à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric). Moins expérimenté que les précédents, Tio Babena Gilbert se dit honoré, « compte tenu du nombre de participants au départ ». Au troisième jour du stage, cet étudiant en lettre d’expression française à l’Université de Ngaoundéré observe que « en technique, on s’est déjà amélioré ». C’est le fruit du travail conduit par des professionnels tels que  Denis Chouinard, Yves Hanchar, François Chaillou, Pascal Judelewicz, Arice Siapi… « Etant plus expérimentés que nous, ils nous orientent vers certaines particularités », observe Fomat Estheline. De son avis, l’approche tend à rendre les scénarios plus universels, « pour les ouvrir à tous publics ».

Pour ce faire, « on travaille sur ce que le public aurait attendu, on en vous dicte pas », poursuit Tio Babena. Cela contribue à « la stimulation de l’imagination pour rendre les scénarios plus attrayants avec un produit consommable à l’international », ajoute-t-il. Cette quête de l’universalité pourrait nuit à l’identité propre des projets de films. Tio Babena y voit plus « une occasion de nous faire découvrir à l’international », et Fomat Estheline « pense que non ! ». Il s’agit pour elle d’une approche qui permet « d’envisager une certaine ouverture d’esprit, d’avoir un nouveau regard pour l’amélioration d’un scénario afin de l’ouvrir à tous les publics ». A cela s’ajoute le caractère commercial de la production. Des conseils prodigués par les instructeurs du stage d’écriture, cette dernière conclût « qu’il faut toujours faire des compromis entre ce qu’on veut, ce que le public attend et le côté commercial de la chose ».

Cette quête de l’universalité s’impose par un autre paramètre. « Avant d’être produit, le film est déjà attendu par des chaînes de télévision à l’instar de Canal + et Tv5 Monde », indique Arice Siapi. Une multitude de festivals internationaux sont aussi dans l’attente du court métrage attendu. Pascal Judelewicz, principal artisan du projet, relevait que les scénarios sélectionnés sont trop longs. « Les projets ont déjà été synthétisés, ils ont mis de côté tout ce qui était accessoires dans leurs scénarios », poursuit Arice Siapi tout en précisant que « ce n’est pas la durée qui va conditionner les résultats ». Et quelle que soit l’issue, les initiateurs souhaitent déjà que tous les projets trouvent producteurs. En plus du vainqueur final du concours dont l’identité sera révélée le 30 mai à Yaoundé.

Edouard TAMBA

Amadou Ali donne raison à ses “rebelles”

PRISONS

Amadou Ali donne raison à ses « rebelles »

Plus de trois cents fonctionnaires de l’administration pénitentiaire viennent de voir leur date de mise à la retraite prorogée de trois ans. Une mesure qui donne raison aux revendications du mouvement d’humeur de décembre 2006

 

 

Faire du neuf avec du vieux. C’est la méthode Amadou Ali pour résorber les problèmes d’effectifs dont souffre l’administration pénitentiaire. C’est dans cette logique qu’une trentaine de gardiens de prison de divers grades ont (re)pris du service à la prison centrale de Yaoundé le 16 mars dernier. Il s’agit pour la plupart, de personnels ayant été mis à la retraite entre 2007 et 2008. Ils sont au total 343 éléments de l’administration pénitentiaire à bénéficier de cette « prolongation d’activité ». Si l’affaire s’est nouée dans la discrétion, l’on a pu apprendre qu’il s’agit des effets d’un décret signé du président de la République le 26 novembre 2008. Paul Biya y accorde une prolongation d’activité d’une durée de trois ans à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire admis à la retraite entre janvier 2007 et décembre 2008.

La décision du chef de l’Etat fait suite à une lettre initiée par le ministre de la Justice dans la période d’août 2008 et déposée au secrétariat général de la présidence de la République. L’issue de la démarche du Minjustice, Amadou Ali, n’aura pas été heureuse pour tous les concernés. Si 343 ont été retenus, d’autres ont été recalés. Ces derniers se sont vus à nouveau notifier de leur départ à la retraite. « C’est vrai qu’ils sont vieux, mais il travaillent. Ils prennent la garde, ils fouillent les usagers… », explique un gardien de prison en service à la prison centrale de Yaoundé, à propos de ses « nouveaux » collègues. D’autres, plus gradés, gardent leurs fonctions. C’est le cas par exemple de Forzie Simon Nkem et de Tsala Amougou Joseph, tous administrateurs généraux des prisons.

Le premier, conseiller technique au Minjustice voit sa date de mise à la retraite passée du 1er juillet 2008 au 1er juillet 2011. Le second, par ailleurs régisseur de la prison centrale de Douala, prendra sa retraite le 27 décembre 2011. Une autre frange de ces « repêchés » est en attentes des nominations afin de pourvoir à des postes vacants. L’initiative du garde des Sceaux a de quoi réjouir certains. Mais à la lecture, il s’agit d’un acte donnant raison aux revendications des gardiens de prison de la 4e promotion de l’Ecole nationale administration pénitentiaire (Enap). En décembre 2006, ces derniers avaient saisi les différentes institutions de l’Etat pour se plaindre de l’évolution de leur carrière et surtout des conditions de travail.

 

De 0 à 2 morts

« La possibilité de bénéficier des rallonges de cinq (5) ans aux retraités pour pallier le déficit du personnel », faisait justement partie de leurs revendications. En plus des soucis de : sureffectifs de détenus dans les prisons, élasticité des heures de travail, commodité de transport des détenus entre le pénitencier et le parquet, avantages liés aux risques du métier etc. Le mouvement d’humeur avait été maté par la légion de gendarmerie du Centre le 2 janvier 2007. Avec à la clé la mise en garde à vue de 125 geôliers accusés de « rébellion » par Amadou Ali. Le Minjustice au cours d’une conférence de presse avait même menacé de révoquer ces derniers après les poursuites administratives et judiciaires. Une conférence au cours de laquelle il avait affirmé qu’il y a eu zéro mort durant les violences perpétrées à la prison de Kondengui.

La procédure administrative s’était soldée par une levée de suspension de fonction de 81 accusés en juillet 2007 avec le rétablissement de leurs salaires, et l’acquittement de 20 autres pour fautes non établies. La procédure judiciaire pend encore devant le tribunal de Première  instance du Mfoundi -Ekounou où depuis 2 ans, les débats n’ont jamais été ouverts. Entre temps, le Minjustice a fait achever (enfin) l’hôpital de la prison de Kondengui. Il a reconnu qu’il y avait eu deux morts. Il a lancé un concours pour le recrutement de 400 fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, actuellement en formation à l’Enap. La prison de Kondengui dispose d’un nouveau fourgon de convoi des détenus. Et des personnels voient la date de leur mise à la retraite prorogée… Et le nouveau statut tant revendiquer par les gardiens de prison serait en cours de finalisation après des corrections exigées par la présidence de la République.

Edouard TAMBA