La science du futur décode l’Humanité à Yaoundé

GENETIQUE

La science du futur décode l’Humanité à Yaoundé

Yaoundé a accueilli le 6e congrès de la Société africaine de génétique humaine du 13 au 15 mars 2009. Une occasion d’évaluer l’évolution de cette science

turksa.com

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Courbes, tableaux, camemberts… Des graphiques de toutes sortes défilent sur l’écran géant d’une salle de l’hôtel Hilton à Yaoundé ce 13 mars 2009. Les applaudissements de la centaine de personnes présentes dans la salle accompagnent la fin des exposés. L’ambiance du 6e congrès de la société africaine de génétique a quelque chose d’austère. Surtout pour les profanes qui en plus ne comprennent rien à l’anglais. Des chercheurs et scientifiques du monde venus des quatre coins du monde échangent leurs savoirs et expériences autour du thème : « Origine de l’humanité, diversité génétique et santé ». L’importance de la question n’est plus à démontrer pour les professionnels de la médecine. « La génétique c’est le futur de l’humanité », relève Pr. Walinjom Muna, cardiologue, et président du Comité local d’organisation du congrès.

Cette science éclaire aussi sur l’origine et le passé de l’humanité. Ce grâce aux découvertes sur le génome. « C’est comme une grande bibliothèque de la vie, avec des étagères. Les 23 paires de chromosomes constituent ces étagères, et les gènes peuvent être considérés comme des livres », explique Dr Ambroise Wonkam, responsable du service de génétique humaine de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé. Il s’agit donc de « l’ensemble de l’information génétique contenue dans les cellules d’un individu », résume Dr Azabji Kenfack Marcel. Ainsi, le décodage du génome permet d’affirmer que « à 99% ; les hommes sont pareils quelques soient leurs races », poursuit Dr Wonkam. Mais encore, ils ont tous pour ancêtre un homo sapiens sapiens originaire de l’Afrique.

Si les hommes se sont dispersés à travers la planète, la génétique permet de les suivre à la trace. Raison pour laquelle il n’y pas de doute que Bamileke, Massa, Moundang et Toupouri ont un passé commun. Selon Dr Wonkam, ils viennent tous d’un ancien royaume Boum au Soudan, dont le peuple tirait ses origines de l’Egypte ancienne. Les études similaires observe une similitude entre la langue parlée par les Beti au Cameroun et les Khao San en Afrique du Sud. Plus important encore, « Comprendre les variations à l’intérieur de notre génome peuvent nous permettre d’améliorer notre santé, nos choix en terme de mode de vie et nos traitements médicaux », indique Dr Wonkam. Il arrive donc des mutations qui peuvent protéger ou exposer les individus selon l’environnement (climat, alimentation, pression physique…).

D’où l’existence des personnes qui n’attraperont jamais le Vih grâce à leur génotype. Et d’autres, qui exposés au soleil des tropiques, « développent des maladies de l’hémoglobine comme la drépanocytose ». Des études dans ce sens permettent de diagnostiquer des cas de mongolisme ou de drépanocytose avant la naissance. Donnant ainsi le choix aux parents de garder ou non l’enfant, en attendant l’évolution de la recherche sur les possibilités de correction. Les assises de Yaoundé ont aussi exploré les questions de cancer, d’hypertension artérielle… et des approches comparatives entre les populations africaines, africaines-américaines. C’étaient aussi l’occasion pour le Cameroun de tenir la première réunion annuelle de sa société de génétique. Et d’abriter la première réunion de Wellcome Trust en Afrique. Il s’agit de la fondation de charité en médecine la plus riche au monde après celle de Bill et Melinda Gates. Elle offre près de 500 millions d’euros par an pour la recherche médicale chez les hommes et les animaux.

Édouard TAMBA

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