Dr Ambroise WONKAM : « Il n’existe pas de biobanque au Cameroun »

Dr Ambroise WONKAM

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« Il n’existe pas de biobanque au Cameroun »

La société camerounaise de génétique humaine a tenu sa première rencontre annuelle, en marge du Congrès de la Société africaine de génétique africaine tenue du 13 au 15 mars 2009 à Yaoundé. Dr Ambroise Wonkam, spécialiste de génétique humaine et président de ladite société en présente les objectifs et les priorités. Il relève aussi l’urgence de l’élaboration d’un cadre légal entourant la pratique de la génétique humaine au Cameroun


Est-il opportun de créer une société de génétique humaine alors qu’il n’y pas beaucoup de spécialistes de la question au Cameroun ?

Dire qu’il y a un nombre peu important de généticiens au Cameroun est partiellement vrai. Les généticiens spécialisés en génétique humaine, il n’y en a pas beaucoup. Il y a beaucoup de biologistes moléculaires qui travaillent avec l’Adn, soit avec de l’Arn des virus ou des parasites. La plate-forme technologique étant la même utilisée en génétique humaine, on peut parfaitement imaginer qu’une interaction entre ces différents spécialistes. La biologie moléculaire, de l’infectiologie, et des généticiens humains qui sont déjà là peuvent constituer un socle d’interaction au niveau de la recherche. Et on a au moins 4 centres de recherche disposant de ces plates-formes minimales. Il y a le Centre de biotechnologie de la faculté de médecine de l’Université de Yaoundé I, il y a le Centre de recherche de référence Chantal Biya, il y a le Crésar à l’Impm et puis un programme américain. Sans compter quelques laboratoires de spécialistes comme ceux des professeurs Peter Ndoumbe et Titanji. Si on imagine que ces 5 structures emploient des doctorants, des étudiants et des chercheurs confirmés, c’est suffisant pour mettre en place une société camerounaise de génétique humaine. Le plus important c’est de créer le réseau, de faire grandir la génétique, et de la vulgariser.

Maintenant que la Société se met sur les rails, quels seront ses premiers chantiers ?

Le premier chantier, c’est d’exister. Exister, c’est maintenir le réseau, la collaboration entre les jeunes chercheurs et de créer l’émulation au niveau des étudiants. Exister aussi, c’est de faire en sorte qu’une réunion comme celle-ci soit annuelle. Peut-être pas à ce niveau de compétence internationale, mais au moins au niveau national, qu’on ait des journées annuelles. Essayer d’exister c’est de faire en sorte que les médias parlent de la génétique pour qu’un large public se sente concerné. Ce sera ça notre premier chantier, exister en tant que association.

La seconde priorité c’est d’exister en tant que association de référence qui puisse influencer la santé publique. Et de ce point de vue, nous avons l’obligation de travailler avec ceux qui prennent les décisions. On devrait atteindre le statut de personne ressource pour le développement de la génétique dans notre pays. Si on atteint ces deux objectifs dans un premiers temps, dans les cinq prochaines années, on sera déjà assez content.

N’avez-vous pas de priorités liées à un certain nombre de pathologies récurrentes et liées aux génotypes camerounais ?

La première priorité dans un pays comme celui-ci c’est la drépanocytose. Parce que 2% de la population camerounaise à la naissance est drépanocytaire. Et on considère que à peu près 1 camerounais sur 6 est porteur du trait AS. De ce côté, ce sera notre premier chantier. Parce que la génétique peu apporter des informations telles que le diagnostic avant la naissance dans la stratégie préventive. Nous le faisons déjà. Mais il fait que ce soit développé et vulgarisé et rendu accessible d’un point de vue économique pour la majorité de la population. Les autres chantiers seront ceux classiques de la génétique mondiale ; les retards mentaux, rendre aux parents qui ont ce type d’anomalie une vie de famille moins difficile, l’influence de la génétique et du Vih, l’utilisation de la technologie génétique pour le diagnostic des infections  comme le Vih, la tuberculose ou le paludisme.

Le Cameroun dispose-t-il déjà d’une biobanque et quelle est son importance ?

Il n’existe pas de biobanque au Cameroun. A mon avis, c’est une absolue nécessité pour chaque nation. Mais, cela passe par un certain nombre de principes. Il faut d’abord définir clairement les guides éthiques et légaux qui entourent l’utilisation de cette biobanque, c’est-à-dire le stockage de l’information génétique et éventuellement son utilisation ultérieure en matière de recherche. C’est une priorité absolue et elle doit être définie par les autorités compétentes. C’est  d’ailleurs l’une des suggestions que nous avons soumises aux autorités. Deuxième priorité, c’est de créer les infrastructures pour accueillir cette biobanque en terme de locaux, d’équipement, de matériels d’extraction et de stockage d’Adn. Bien évidemment, le but le plus ultime d’une banque d’Adn, c’est de s’en servir comme une source inépuisable pour répondre à des questions de recherche qui sont dénotent de la santé publique. C’est extrêmement important que les questions d’éthique autour soient complètement réglées avant que ce type de projet ne soit mis en place.

Entretien avec

Édouard TAMBA

One thought on “Dr Ambroise WONKAM : « Il n’existe pas de biobanque au Cameroun »

  1. Moussala Ségolène

    Bonsoir Dr. Je suis membre de l’Association Drepano-solidaires qui existe depuis deux ans deja au Cameroun. C’est avec beaucoup de joie que je suis tombée sur votre article pendant mes recherches. Dans le cadre de la celebration de notre deuxième anniversaire, je souhaite votre participation à la grande semaine de sensibilisation que nous organisons à Yaoundé. Precisement une conference et une soirée de gala. J’espere une reponse favorable de votre part.

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