Daily Archives: 3 March 2009

Mme Dikoum sort enfin de prison

ÉPILOGUE

Mme Dikoum finalement libérée

Enfin ! La peine de prison de Mme Dikoum née Ndomè Dinde Marinette s’est achevée mardi dernier, 3 mars 2009. Soit au mme-dikoum-decembre-2007-a-mfou-ph-tamba1total 26 ans de détention à la prison principal de Mfou. « Elle devait en principe sortir hier [lundi, 02-03-09, ndlr]. Mais il y avait encore des détails à régler », indiquait déjà une source le jour même de sa libération. Affirmant ensuite que Mme Dikoum pourrait recouvrer la liberté le 4 mars 2009, ou alors dans les prochains jours. « Elle voulait que ça se passe dans la discrétion absolue. Il ne fallait pas que ce soit médiatisé », indiquaient des proches. Raison pour laquelle l’issue de la procédure a est passée inaperçue… ou presque. Les appréhensions de Mme Dikoum vis-à-vis de la presse viendraient de sa mésaventure de janvier 2007. Le 16 janvier, elle est remise en liberté, après un séjour de 24 ans en prison. La nouvelle fait grand bruit. « L’ancienne détenue » fait les choux gras de la presse et s’offre même les unes des magazines people. Mais la belle aventure tourne court le 23 mars suivant. En visite à Mfou pour faire des dons à ses anciennes compagnonnes de détention, Mme Dikoum apprend qu’elle fait l’objet d’un mandat de recherche signé du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Mefou et Afamba.

« Au courant de sa présence, le procureur de la République Joseph Belporo fait signe aux éléments de la brigade de gendarmerie de Mfou de l’appréhender. Mais, la dame a déjà pris la clé des champs au volant d’une Toyota Tercel. A bord d’un 4×4, les gendarmes rattraperont l’occupante de la voiture, aux environs du Collège Père Monti, avant de la transférer à la prison de Mfou, après un bref détour par la brigade de Nkomo. Il était environ 14h », relatait alors Cameroon Tribune dans son édition du 27 mars 2007. « Il y avait eut une erreur dans les calculs », croit savoir une source judiciaire. La méprise serait due au fait que cette dernière, condamnée à mort, a vue sa peine commuée en condamnation à perpétuité, avant de  bénéficier de plusieurs remises de peine. La justice se serait embrouillée dans ses calculs à l’aide de feuille, de crayon et de calculette. L’informatisation de l’administration y arrive à peine. Les détenus trinquent.

La remise en liberté de Mme Dikoum va probablement focaliser les attentions. Mais pas autant que le crime ayant offert à cette dame, plus de deux décennies de vie dans un pénitencier. La macabre intrigue du feuilleton « Affaire Dikoum » se noue dans la nuit du 29 février 1983. Dikoum Minyem Vincent, sous-directeur à Cambank, âgé de 37 ans est assassiné dans son lit. Le corps est ensuite jeté dans les eaux de la Sanaga, par-dessus le pont de l’enfance, entre Sa’a et Ntui. La pierre attachée au cadavre l’empêche de remonter à la surface. Enquêtes préliminaires et procès démontrent que ce dernier a été tué par un quintet. Mme Dikoum, épouse de la victime, une enseignant de lycée âgée de 31 ans, Ambang Mbadjié, militaire, amant de cette dernière, Pouli Roger, Ndzana Louis et Jean-Pierre Ombouté, trois individus aux casiers judiciaires chargés. Mme Dikoum finira par indiquer qu’il s’agit d’un crime passionnel. De ses dires, elle reprochait à son époux d’avoir croqué avec sa maîtresse, un montant de 31 millions de F Cfa, représentant les avoirs de la famille. Une thèse validée, même si celle du complot d’Etat a circulé en son temps.

Edouard TAMBA