Le Cameroun a ses “premiers” pharmaciens

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Le Cameroun a ses “premiers” pharmaciens

Les diplômes des deux premières promotions d’étudiants en pharmacie de l’Université des Montagnes ont été validés par le Cameroun.


Les lauréats et le jury

Les lauréats et le jury

La Faculté de médecine et de sciences biomédicales (Fmsb) a accueilli un événement inédit hier, 19 février 2009. Les nommés Chougouo Kengne Rosine D., Djubang Mbadie Rina E., Foutse Yimta, Ngongang Mbantswe Eric O., Seuyap Djomo Anne et Tchanga Noumi Nadège ont été déclarés “ pharmaciens sur l’entièreté du territoire camerounais ”. Une déclaration faite par le doyen de cette Faculté, Pr. Tetanye Ekoe. Selon lui, ils ont obtenu à la satisfaction du jury, “ une épreuve de validation de leur titre de pharmaciens ”. Des pharmaciens, il y’en a au Cameroun par centaines, mais ceux-ci ont la particularité d’être les premiers à avoir été formés au Cameroun. C’est la cuvée des deux premières promotions d’étudiants en pharmacie de l’Institut supérieur des sciences de la santé (Isss) de l’Université des Montagnes (Udm).Les différentes thèses soutenues ne manquent pas d’intérêts.

C’est le cas de la “ Contribution à l’étude de l’activité antihyperglycémiante d’annona murica Linn, plante utilisée pour soigner le diabète en médecine traditionnelle ”, défendue par Tchanga Noumi Nadège. Ses démonstrations montre que ces feuilles dont la plante a pour fruit le corossol, ont une activité réduisant l’hyperglycémie dans les organismes vivants. Malgré les lacunes de l’étude, le jury estime que le travail est digne d’intérêt. Seuyap Djomo Anne à pour sa part étudié l’ “ Evaluation de la tenue en cyanure des aliments à base de manioc à Bangangté ”. Tandis que Chougouo Kengne R. D. a mené une “ Etude comparative de la qualité et de l’efficacité des médicaments à base d’Artemisinine et d’Artemisia annua cultivé au Cameroun ”, des substances utilisées dans la fabrication des antipaludéens. Le jury aura surtout été marqué par la “ Contribution à l’étude ethnopharmacologique dans le département du Ndé (Cameroun) ” de Foutse Yimta. “ J’ai fait une enquête ethnobotanique dans 7 villages du département du Ndé. J’ai ainsi pu identifier les composés chimiques d’environ 144 plantes… Le travail que j’ai réalisé constitue une grande bibliothèque. Parce que dans mon document, il ya environ une centaine de plantes avec une centaine de recettes. Ce sont des recettes brutes récoltées sur le terrain, auprès des tradi-praticiens. Il reste à faire des analyses pour prouver que ça soigne telle ou telle autre maladie ”, explique la désormais pharmacienne.


Ses camarades et elles n’auront pas eu la tâche facile. Après avoir vu leurs formations validées à l’université de Kinshasa, ils ont dû se faire réévaluer au Cameroun. “ Ces étudiants ont été formés à l’Université des Montagnes à Bangangté et partiellement à l’Université de Kinshasa. Ils ont voulu s’inscrire à l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun. Mais ce n’était pas possible parce que nous demandions que leurs diplômes soient validés ”, explique le président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens du Cameroun, Dr Nkwentei Davidson Echu. “ C’est une formation qui a subi le feu de 240 Qcm réservés à nos étudiants de Montpellier. Ils ont passé sans embûches cette épreuve-là. Aujourd’hui, la soutenance des thèses a montré qu’ils avaient travaillé correctement. C’est une formation qui mérité d’être jugée à l’aune des résultats à savoir, très satisfaisants ”, explique Pr. Alain Terol, président du jury et doyen de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montpellier. “ C’est une épreuve de haut niveau. Nous allons les inscrire dans l’Ordre. Nous allons afficher leurs photos au siège de l’ordre, parce que ce sont les premiers pharmaciens formés au Cameroun ”, se réjouit le président de l’Ordre. Pour Pr. Lazare Kaptue, doyen de l’Isss à l’Udm, c’est la joie, mais surtout, un événement qui amène l’Udm et la Fmsb à collaborer à jamais.

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 20-02-2009

4 thoughts on “Le Cameroun a ses “premiers” pharmaciens

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  2. oniN

    Ouf, après 50 ans d’indépendance, il était temps de pouvoir former nos propres pharmaciens.

    Maintenant, il faut veiller à ce qu’ils ne partent pas, sinon, c’est la catastrophe à moyen terme. Les grands laboratoires viennent piquer les meilleurs éléments qui connaissent bien la flore, et brevètent toute notre phytopharmacie.

    Il y’a des plantes médecinales, ne poussant qu’au Cameroun, que les entreprises camerounaises n’ont pas le droit d’utiliser pour soigner certaines maladies précises.
    C’est fou non?

  3. Eddy

    @oniN,
    quand je dis que notre chemin sur la voie du développement ca sera sanglant, les gens croient que c’est la propagande.
    Bientôt les gens vont breveter l’air qu’on respire. Ils ont déjá commencé avec des semences comme le maîs. Et tant pis pour les faibles..

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