Première de “Dans l’ombre d’une autre”

CINEMA

Francine Kemegni contre l’ombre des parents

affiche-du-film-dans-lombre-dune-autre-de-francine-kemegni« Mon gars tu vis dans le mensonge ! », lâche Bertrand à Alain Nono, son ami d’enfance. Ce dernier vient de lui raconter les derniers événements de ses vies conjugales. Il a finit par épouser Laurence, la fille qu’il aime. Une citadine claire de teint et au caractère trempé. En signe de désapprobation du choix de leur fils, les parents d’Alain n’étaient pas au mariage. « Je t’ai dit que mon père est malade, ma mère est restée à son chevet », a-t-il expliqué à Laurence. Elle ignore que Alain a une autre « épouse ». Une fille soumise qui lui a été imposée par sa mère, Maffo. Marie vit chez les parents de son mari, au village, et sait qu’elle a une coépouse à Yaoundé. Elle a accepté de vivre « dans l’ombre d’une autre ». Sa belle-mère l’arrose de conseils du genre « l’homme utilise l’amour pour avoir le sexe. La femme utilise le sexe pour avoir l’amour ».

Le mécanisme mis en place par Alain est réglé telle une horloge. Mais le temps va se charger de faire apparaître les défauts de fabrication. Deux ans déjà que les assauts répétés d’Alain sur son épouse de la ville ne produisent que des orgasmes. Le ventre de Laurence reste désespérément plat. Elle pense que la pharmacopée traditionnelle pourrait faire mieux que l’hôpital. Alain en a marre. Il est convaincu que la personne stérile ce n’est pas lui et le dit à son épouse. « J’ai un enfant », annonce-t-il à Laurence. Elle apprend alors l’existence de Marie, cette fille qui lui avait été présentée comme « la bonne à tout faire ». C’est dans les bras de… Bertrand, qu’elle va chercher consolation. L’autre en profite avant de la ramener chez Alain. Le couple retrouve son harmonie en attendant l’accouchement de Laurence. Junior après quelques mois de vie souffre d’anémie. Son père manque un infarctus en apprenant que le groupe sanguin de l’enfant ne correspond pas au sien.

Si Laurence lui a pardonné pour Marie, sa décision est sans appel. Répudier son épouse et aller chercher celle du village. Un malheur ne vient jamais seul. Alain l’apprendra dès son arrivée. C’en est trop, il décide de se pendre… Ainsi s’enchaînent les rebondissements de la fiction, « Dans l’ombre d’une autre ». Le premier long métrage de Francine Kemegni, allie suspens et humour avec une vitesse dans le récit qui amène le spectateur à imaginer la suite. Images stables, plans variés et même des travellings agrémentent les 100 minutes que dure le film. A cela s’ajoutent un jeu d’éclairage et des musiques adaptés aux contenus des différentes séquences. Au terme de la première projection du film, c’est une salve d’applaudissements qui salue l’œuvre.

« J’ai fait ce film pour décrier le fait que les parents soient toujours entrain d’intervenir dans les choix. Il faut qu’ils prennent un peu de distance dans les décisions qui engagent la vie de leurs enfants. L’acte de mariage c’est le seul acte qu’un homme signe dans sa vie », explique Francine Kemegni. Le coût du film ? « Honnêtement, je ne peux pas vous le dire parce que je ne sais pas », poursuit-elle. Solidarité et disponibilité des professionnels tels que Francis Noukiatchom, Honoré Noumabeu, Barry Amayen… ont été pour beaucoup selon la réalisatrice. La fermeture des salles de cinéma pourrait nuire à la projection du film. La réalisatrice se dit préoccupée par la question, et pense qu’en fait, « la fermeture des salles n’est pas une mauvaise chose pour le cinéma africain et camerounais. Ces salles ne vivaient pas de notre cinéma. Nous l’avons compris, nos films vont rouvrir les salles ». En attendant, Francine a la tête au Burkina Faso. Son film est en projection dans la catégorie Panorama au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou.

Édouard TAMBA

7 thoughts on “Première de “Dans l’ombre d’une autre”

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  2. Lenaelle

    Ca à l’air cool le film! Dis donc j’ai fais un tour sur le site de la FESPACO et il y a trop de film qui ont l’air bien! Savez vous comment se les procurer? Je suis contente car le film d’un de mes amis a été nominé (c’est comme ça qu’on dit?) dans la catégorie fiction. Et surtout il y a un film de mon village que j’ai beaucoup aimé (j’ai pu acheter le DVD il n’y a pas longtemps)
    Bref Edou, donc tu es la bas?

  3. TAMBA

    Etum,
    C’est ça même. Pôpô, tu n’imagines pas toue la gêne que j’ai à regarder un spectacle dans cette salle 🙁 On n’a pas fini d’être de grands enfants.

    Lena,
    Où ça, Ouagadougou? Nooooooo Je suis moi que à Ongola. Man no run 😀
    Pour le film la go là dit que il faut attendre. Elle coimpte faire le tour des salles qui nous restent, Palais des congrès, Cnps, Amphithéâtres… tu vois un peu 🙂 Pour les autres, je ne sais pas.

    Ehhhhh Lenachou, from là? Tu fais déjà comme les anciens billets de 10 kolos? On te guette chez toi rien, chez ton “my man” rien, ailleurs rien… C’es how?

  4. Lenaelle

    Coucou Edou,
    Tu m’as fait rire, les anciens billets de 10 kolos?

    je suis de retour, c’est vrai ça fait from, mais bon l’essentiel c’est de back nan?
    Bref, si tu as des news pour les films, tiens moi au courant, ça m’interesse beaucoup!

  5. Prince TAMBA

    slut Edou, tu ne trouve pas que c’est la piraterie qui tue nos salles man, je me souviens, il nya pas 10 ans que les salles étaient abondamment fréquentées. Mais si now je peux me procurer 7 films dans un dvd à 500 FCFA , qu’irais-je faire dans une salle? Seuls les âmes conscientes y iront tjrs, mais combien sont-ils, et quelle conjoncture?
    Basta!!!!!!!!!!!!!!

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