2009: Le discours de Paul BIYA à la jeunesse

CONJONCTURE

Le discours de Paul BIYA à la jeunesse

prc.cm

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Chers jeunes compatriotes,

L’an dernier à la même époque, je vous invitais à prendre conscience des changements fondamentaux en cours dans le monde, changements qui façonneront le 21ème siècle, et je vous encourageais à vous y préparer afin de saisir les opportunités qui ne manqueraient pas de se présenter.

J’ajoutais cependant que la complexité du phénomène en rendait l’évolution difficile à analyser et les effets imprévisibles.

Je ne savais pas si bien dire.

En effet, quelques mois plus tard, la crise ébranlait le système financier mondial et se transmettait peu après à l’économie réelle à travers toute la planète.

Ainsi que j’ai eu l’occasion de l’indiquer récemment, même si nous ne sommes que modérément touchés, il est clair que nous ne serons pas totalement épargnés.

Ceci doit-il nous amener à revoir à la baisse nos objectifs de développement et notamment ceux qui concernent notre jeunesse?

Je ne le crois pas. Je pense en effet que nous devons nous projeter au-delà de la crise et nous préparer à la reprise qui suivra immanquablement. Pour vous, chers jeunes compatriotes, il n’y a, je le répète, d’autre voie que d’acquérir la meilleure qualification possible pour entrer dans la compétition.

Pour répondre à cette demande de formation, l’Etat a poursuivi et accéléré la rénovation de notre système éducatif.

Dans le domaine de l’Education de base, les moyens mis à la disposition de cette administration ont fortement progressé. Ils se situent au 4ème rang des dotations budgétaires. On peut également constater que les taux de scolarisation du préscolaire et du primaire sont en hausse sensible grâce notamment à la gratuité. D’autre part, 5525 nouveaux enseignants ont été recrutés, portant à près de 25 000 le nombre de ceux qui ont été contractualisés. 1458 nouvelles salles de classe ont été construites au cours de l’exercice 2008.

La qualité des enseignements a également été renforcée au plan pédagogique, entre autres par l’élaboration de programmes de technologie de l’information et de la communication. Ces efforts se sont traduits par une progression du taux de réussite aux examens de fin de cycle qui ont atteint environ 80 % alors que les redoublements ont sensiblement diminué.

Il convient également de signaler l’achèvement de la réforme de l’enseignement privé. Ainsi peut-on penser que davantage d’opportunités seront désormais accessibles aux promoteurs de cet ordre d’enseignement.

S’agissant des enseignements secondaires, l’effort considérable déjà fourni a été poursuivi. Rappelons qu’avec 204 milliards, ce secteur de l’éducation dispose de la plus importante dotation budgétaire de l’Etat.

Une des priorités a consisté à étendre la carte scolaire par la création de 155 nouveaux établissements dans toutes les régions, la construction de nombreuses salles de classe et la transformation de 46 établissements existants afin d’accroître le nombre de lycées techniques et bilingues.

Afin d’améliorer la qualité du service éducatif, 2000 nouveaux enseignants issus des Ecoles Normales Supérieures ont été recrutés. Dix mille autres ont bénéficié de programmes de formation continue et 4000 ont été inspectés. Six nouveaux établissements ont bénéficié de l’installation de centres de ressources multimédia tandis que cinq autres faisaient volontairement l’expérience de l’enseignement des langues et cultures nationales.

Parallèlement, des initiatives ont été prises pour développer des partenariats avec le secteur privé. Plus de 500 enseignants ont pu ainsi effectuer des stages en entreprises et près de 500 établissements privés ont obtenu des subventions de l’ordre d’un milliard.

Il est à noter que d’une façon générale les résultats aux examens officiels sont en progrès.

Pour l’année qui commence, un programme important de construction et de réhabilitation est prévu qui concerne notamment, la zone rétrocédée de Bakassi. Plusieurs milliers d’enseignants et de cadres seront également recrutés.

L’enseignement supérieur pour sa part a poursuivi méthodiquement sa grande mutation. J’en donnerai quelques exemples.

Au plan académique, conformément à ce qui était prévu, les cours ont effectivement démarré à l’Ecole Normale Supérieure de l’Université de Maroua ainsi que dans les filières médecine, pharmacie et sciences bio-médicales des Universités de Dschang et de Ngaoundéré. Par ailleurs, des études ont été lancées en vue de l’ouverture de l’Institut Supérieur du SAHEL dans la région de l’Extrême-Nord.

Il faut également signaler l’ouverture du technopole de l’Ecole Normale Supérieure Polytechnique de Yaoundé I en vue de la qualification professionnelle des étudiants de nos diverses universités à la création et à la gestion des entreprises. Dans le cadre de cette même école, il a été procédé au démarrage de la zone franche.

Parallèlement, les autorités universitaires ont poursuivi le travail de consolidation du système Licence/Master/Doctorat.

D’autre part, il n’est pas sans intérêt de mentionner l’installation des équipements satellitaires et des serveurs de deux universités numériques à l’université de Yaoundé I, dont l’une à vocation nationale et l’autre à vocation sous-régionale. Auparavant, les activités du centre universitaire des Technologies de l’Information avaient été mises en route.

Signalons aussi que dans le courant de l’année écoulée, 16 instituts privés d’enseignement supérieur ont été ouverts ce qui porte à 73 le nombre d’établissements de cette catégorie fonctionnant au Cameroun. Dans peu de temps, entreront en service les Instituts des Beaux Arts dans le cadre des Universités de Douala et de Dschang ainsi que l’Institut des Sciences Halieutiques dans la capitale économique.

Au plan des infrastructures, il serait fastidieux d’énumérer les multiples réalisations qui ont été achevées ou mises en chantier au bénéfice de nos universités. Sachez qu’il s’agit de bâtiments académiques, de laboratoires, de bibliothèques, d’amphithéâtres et de blocs pédagogiques et j’en passe.

De même, des mesures significatives ont été prises pour améliorer les conditions de vie des étudiants. Deux cités universitaires sont en voie d’achèvement à Yaoundé I. Des complexes omnisports sont en cours de construction à Douala et à Yaoundé II ainsi que des restaurants universitaires dans plusieurs universités.

Dans le cadre de la gouvernance sociale universitaire, une convention vient d’être signée avec une compagnie d’assurance de la place. Plus d’un millier d’enseignants et leurs familles bénéficient déjà de cette couverture maladie avec prise en charge éventuelle en cas d’évacuation à l’étranger.

Enfin, plusieurs nominations sont récemment intervenues à la tête de certaines universités pour consolider la nouvelle gouvernance universitaire.

Ce travail de fond dans le domaine général de l’éducation qui vise à garantir à nos jeunes l’égalité des chances et à former pour notre pays des cadres de différents niveaux, ne doit pas nous faire oublier que nous avons aussi le devoir de les préparer à une bonne insertion dans la vie professionnelle et sociale et de leur apporter un complément de formation morale et civique.

Nous avons besoin pour cela d’une véritable politique nationale de la jeunesse qui définisse les programmes destinés à mettre en œuvre l’acquisition par les jeunes des valeurs patriotiques et démocratiques et leur insertion dans les circuits de production. Le Plan Jeunesse qui a fait l’objet d’une large concertation en 2008 répond à ces objectifs. Il est désormais finalisé et devrait entrer en application dès son approbation par le gouvernement.

Au niveau général, il convient également de signaler le Plan d’Action National pour l’Emploi des Jeunes qui recense les actions à entreprendre pour promouvoir l’emploi spécifique des jeunes. Elaboré en collaboration avec le Ministère de l’Emploi, il nécessitera à première vue un financement de 165 milliards. Le début de sa mise en œuvre est envisagé au cours de l’exercice 2009.

S’agissant précisément de l’insertion socio-économique des jeunes, plusieurs actions significatives ont été lancées l’année dernière. Le Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine qui s’adresse surtout aux jeunes non scolarisés ou déscolarisés, a permis d’en former plus d’un millier dans 17 filières d’activités, d’en placer un bon nombre en emploi salarié et de financer plusieurs centaines de micro-activités et de juniors entreprises. A terme, ces projets devraient générer des milliers d’emplois directs ou indirects. Dans le même ordre d’idées, le Projet d’Insertion Socio-économique des Jeunes par la Fabrication de Matériel Sportif est à l’origine de la création de 16 coopératives de production de ce genre de matériel.

Au niveau stratégique, il a été jugé utile de mettre à l’étude des mécanismes de nature à mobiliser notre Jeunesse au service du développement de notre pays. Dans cet esprit, les textes organiques du Conseil National de la Jeunesse ont été élaborés. Ils devraient permettre la mise en place de cet organisme dans le courant de cette année.

De la même façon, les textes portant création et organisation du service Civique National de Participation au Développement ont été mis au point. Et j’attache la plus grande importance à cette structure qui vise au réarmement moral et à l’insertion sociale des Jeunes. Je veux espérer qu’elle verra le jour dans les meilleurs délais.

Pour améliorer l’encadrement de la jeunesse en vue de sa pleine participation aux activités de développement, une réflexion d’ensemble a été entreprise sur le rôle qui pourrait être dévolu au mouvement associatif. Dans cet esprit, il est envisagé de mettre en place en 2009 le Comité National de la Jeunesse et de l’Education Populaire qui sera chargé de la coordination des activités dans ces deux domaines.

La formation extra-scolaire n’a pas été laissée de côté. La réalisation du programme de construction des Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes se poursuit. Ces centres proposent aux jeunes des activités de divertissement, d’insertion sociale et de préparation à la vie professionnelle. L’ambition du Gouvernement est de réaliser un centre dans chaque unité administrative. Il est prévu que 30 d’entre eux seront construits dans les trois années à venir.

Chers jeunes compatriotes,

Comme vous le constatez, l’Etat fait un effort considérable pour la jeunesse, qu’il s’agisse de l’éducation au sens le plus large ou de l’insertion socioprofessionnelle. Les chiffres sont là pour en témoigner. Tous secteurs confondus, il consacre près du cinquième du budget national aux activités concernant les jeunes. Cela est nécessaire. Cela est normal.

Il serait tout aussi normal que les sacrifices ainsi consentis par la Nation trouvent leur contrepartie dans un engagement fort de votre part au service du développement de notre pays.

Au delà de vos ambitions personnelles, d’ailleurs légitimes, vous devez vous demander ce que vous pouvez faire pour votre pays. A cet égard, les connaissances et les techniques que vous avez acquises seront des contributions importantes à la réalisation des projets stratégiques qui assureront l’avenir du Cameroun.

Je veux croire que chacun d’entre vous se fera un devoir de participer à la réussite de ce grand dessein national.

Bonne Fête à toutes et à tous !

Vive la jeunesse camerounaise !

Vive le Cameroun !

17 thoughts on “2009: Le discours de Paul BIYA à la jeunesse

  1. serge biwole

    les staistiques qui nous sont présentées ici sont telmt figées qu’on a du mal à croire qu’il existe là dedant une réelle volonté de rassurer le jeune camerounais qui cour les rues trainant sa chemise pleine de jolis diplomes .on nous fait simplemt entendre qu’il sera désormais plus aisé d’en touver dans tous les domaines de la vie de sorte que tout le monde poura trainer une chemise de diplomes;mais pour cela il faudra dabord aller se bronzer au Nord !le soleil des rues de yaounde ne fait pas assez effet

  2. Armand

    Le discours est appréciable, mais pourquoi tout semble être dit uniquement au conditionnel ou projeté dans un futur + ou – proche dans le discours qui nous appartient?
    Le jeune camerounais a vraiment besoin d’être rassuré.Ils courent les rues chaque jour avec pleins de diplômes en poche.Le pire c’est qu’on a l’impression qu’il n’existe aucun mérite au pays, l’excellence n’existe plus.La corruption gangrène tous les niveaux sociaux (ministères, hôpitaux, écoles de formations telles l’ENAM, l’ENS…).Que deviendra alors ce Jeune Camerounais de la couche sociale la plus démunie qui ne peut pas s’acheter un bout de pain le matin ni même photocopier un cours de 25F à l’Université. Ce Camerounais qui n’a pas de “cote ou de réso” doit être sauvé…La chance doit être donnée à tous. Sauvez le jeune camerounais.C’est pas les chiffres qui font la réalité du chômage des jeunes au Cameroun.On a besoin de l’aide de nos ainés du Gouvernement…

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  4. arnaud Djemo

    Discours futuriste, rentrant en droitre ligne d’une politique des Grandes ambitions restée lettre morte jusqu’aujourd’hui. Nous n’espérons plus rien. Déjà , je crois qu’il a dit à la fin de l’année”aide toi le ciel t’aidera”. Alors chaque jeune l’a compris et n’attend plus que le moment opportun pour changer démocratiquement un gouvernement oligarchique, devenue Théocratique en nous livrant aux soins de Dieu.
    Pourquoi avoir besoin de mette sur pied le conseil de ceci ou de celà à des centaines de milliards pour trouver une solution aux problèmes d’emplois? De quelle qualification parle-t-il quand ils sont nombreux ces jeunes désoeuvrés pourtant nantis de savoir? Il est en fait conscient que ces formateurs aussi vieux que ce pouvoir ont mieux à faire que de former réellement d’ou ce scepticisme.
    A quoi va servir le Conseil national de la jeunesse sinon à aider à sévir toute possibilité d’association engagé dans la voie du positif.
    le comportement des jeunes camerounais est tributaire comme dans toute société des valeurs culturelles que leur offrent les Vieux les aînés. Qu’il ne s’attende pas au miracle

  5. arnaud Djemo

    notre très chèr Père de la nation est véritablement ignorant des problèmes de l’éducation tout comme des problèmes des jeunes d’ailleurs.
    Parlons de la prétendue gratuité de l’école, en se rendant compte que le gouvernement rattrape le manque à gagner dans les livres, qui il faut le dire chaque année doivent être remplaçés. Les enfants sortis du primaire savent à peine lire et n’en parlons plus d’écrire. Le système éducatif camerounais tout comme tout le corps social est malade Monsieur le président. S’il passit du temps au pays, ou s’il allait vers son peuple, il la saurait d’ailleurs.
    en disant dans son discours ” je veux espérer qu’elle verra le jour”, il témoigne effectivement de cette incertitude, de cette démisssion de l’Etat face aux problèmes des jeunes. Tant les gouvernants sont préoccupés par le goût du sang, à travers leurs attitutes cannibalesques, antropophagiques et juvénophobes. La jeunesse camerounaise elle même doit prendre conscience qu’ ” on ne trope pas longtemps le peuple”.

  6. oniN

    Mais, j’avais déjà fait le discours là non?
    Il fait de la narration, en fait, il relate ce qui s’est passé durant le temps écoulé….

  7. laurenzo

    assez de promesses politiciennes,comme l’a dit armand notre président parle au conditionel.nous les jeunes,nous avons besoin d’etre rassuré.depuis combien d’années que nous avons toujours la meme signature présidentielle,je veux dire.Et d’abors il n’est pas du tout aucourant de ce qui se passe ici quand un jeune voudrait postuler pour un poste quelconque dont il est trés bien qualifié,il s’en suis des demandes de par nos propres péres qui par ailleurs sont trop agés pour ses postes qu’ils occupent tyraniquement et ca malgrés encore les promesses faites par le prési.Il faudrais quand meme saluer sa qualité de voile pour nos yeux suite a des arrestations assez arbitraires pour ma part;mais comme on dit chez nous:n’est pas camerounais qui veut mais qui peut

  8. Lenaelle

    Mince…
    J’ai arrêté au milieu, fatiguée.
    Quoi que j’ai l’impression que la pléthore de chiffres & nombres semble nouvelle!
    Il m’essoufle ce mec, mais faudrait peut être que je m’efforce de tout lire pour ensuite pouvoir bien critiquer 🙂

  9. Fabson

    2011,n’est pas loin
    vous tous qui bavardé, vous allez prouver votre patriotisme en 2011,c’est n’est pas l’affaire de faire du bruit quand vous avez faim,c’est l’affaire de continuer à dire ces verités concernant notre pays meme quand vous aurez finir de boire les bières du RDPC

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