Luc Emane délire à Kondengui

UNIVERS CARCERAL

Luc Emane délire en prison

Le secrétaire d’État à l’administration pénitentiaire a fait une visite surprise à la prison centrale de Yaoundé. Emmanuel Ngafesson s’est arrêté au hall de la prison

Comme tous les dimanches, la prison centrale de Yaoundé a connu une affluence particulière hier, 8 février 2009. Des centaines de personnes venues pour les « communications », expression d’usage en milieu carcéral pour parler de rencontres entre les détenus et ceux venus les rendre visites. Une tente a été aménagée, ainsi que des places assises pour adoucir le calvaire des visiteurs, entre longue attente et intensité du soleil. Dans les inévitables bousculades se trouve un individu sanglé dans une gandoura bleue, coiffé d’une chéchia et portant des lunettes noires. Ce dernier se retrouve dans une querelle avec un passant qui semble avoir quelques soucis de politesse dans son langage. Visiblement éméché, il ne s’imagine pas que son interlocuteur s’appelle… Emmanuel Ngafesson. Le non moins secrétaire d’Etat au ministère de la Justice en charge de l’Administration pénitentiaire. Ordre est donné aux gardiens de prison présents de ses saisir du « malappris ». Les geôliers l’emmènent manu militari à l’intérieur du pénitencier. Il y est déchaussé et assis à même le sol dans le hall de la prison. « On va verser l’eau glacée sur lui, et le fesser », indique un gardien de prison qui observe la scène.
La victime, d’un âge respectable, se fend alors en supplications. Appelant au passage le secrétaire d’Etat, « papa ». Il se résout à « relaxer », sa victime, lui arrachant au passage la promesse de ne plus être pris en État d’ébriété. La visite dite « de routine » d’Emmanuel Ngafesson n’ira pas plus loin que le hall. « Il ne nous rend pas souvent visite. C’est de l’agitation parce qu’il sait qu’il y aura bientôt remaniement. Il veut sauver son poste. Ce n’est pas sérieux. Même son supérieur, Amadou Ali ne viens jamais ici. Comment vous pouvez commander des troupes et vous ne leur rendez jamais visite ? » Dénonce, sous anonymat, un gardien de prison. A côté, l’un des ses collègues observe que le secrétaire d’Etat est souvent venu à la prison incognito. A l’intérieur, des détenus ont d’autres soucis. Particulièrement l’ex Lieutenant Emane Emane Luc, détenu au quartier 1 depuis le 7 janvier 2008. Celui qui porte aussi l’attribut de « voleur de la mallette présidentielle », est sous perfusion dans un lit de l’infirmerie de la prison centrale de Yaoundé. « Il a chuté hier », indique une source. Venus à son chevet, quelques membres de sa famille ont dû sortir du pénitencier aux environs de 14h pour acheter des médicaments. « Il est dans un mauvais état, et il perdu a beaucoup du poids depuis qu’il est là. Il ne fait que maigrir », poursuit notre source.
Mais de quoi souffre Luc Emane Emane ? Les personnels de la prison se posent la même question. Et l’un de préciser qu’« il y est arrivé dans un mauvais état ». C’est justement l’infirmerie qui avait d’abord accueilli cet élément déchu de la direction de la sécurité présidentielle. Depuis lors, il est l’objet de bien de curiosités. « On se demande souvent ce qui lui arrive. Parfois il se met à bavarder tout seul. Il raconte des histoires que personne ne comprend. C’est comme si il fait souvent des dépressions », commente un gardien de prison. Pour lui, il n’y pas de doutes. « On lui a fait quelque chose où il était détenu avant de nous l’envoyer ici à Kondengui », croit-il savoir. « Quand il ne fait pas de dépression, il est très sociable », relève un geôlier. « Il a demander d’acheter des ballons et des maillots pour l’équipe de football des vétérans de la prison. Son cœur veut jouer au football, mais son corps ne peut plus », ironise ce dernier.

Édouard TAMBA

Abah Abah escorté par des gendarmes

Vendredi dernier, l’ex ministre de l’Economie et des Finances s’est finalement rendu à « Guantanamo », nom de baptême des bureaux abritant les sièges des juges d’instructions près le tribunal de grande instance du Mfoundi. Polycarpe Abah Abah répondait ainsi à une convocation du juge Batoum dans le cadre de l’information judiciaire dont il fait l’objet. Ce dernier voulait l’entendre avec d’autres suspects pour une confrontation. La sortie du l’ex ministre n’est pas passée inaperçue. C’est en compagnie de deux gardiens de prison et deux gendarmes, dont un lieutenant, que Polycarpe Abah Abah a été conduit chez le juge Batoum. Ce dernier ayant refusé de se rendre chez le magistrat deux semaines plus tôt. Abah Abah et ses avocats protestaient contre la présence des policiers du Groupement spécial des opérations, cagoulés et équipés d’armes d’assaut dans l’escorte. Un déploiement qui selon eux entretien l’idée selon laquelle Abah Abah aurait l’intention de s’évader. Les avocats en avaient profité pour réclamer, une fois de plus, que l’escorte de leurs clients ne soit plus assurer par la police. La saisine du procureur de la République près de ce tribunal semble avoir porté ses fruits.

E.T.

In Le Messager du 10-02-09

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