Concert d’accusations à la mairie de Yokadouma

Collectivités décentralisées/Gestion

Concerts d’accusations contre Leon N’Kantio

Le conseil municipal de la mairie de Yokadouma se réuni ce 29 janvier 2009. Les enseignants vacataires y accusent six mois d’arriérés de salaires, le maire est accusé par certains conseillés d’abus de pouvoir tandis qu’un prestataire de service le dénonce à la Conac pour détournement de deniers publics

Des observateurs de la ville de Yokadouma sont catégoriques. « C’est le conseil municipal de tous les dangers », affirment-ils à propos de la session qui se tient ce jour dans la salle des actes de la mairie. « Cela fait plus de 12 mois qu’un conseil municipal ne s’est pas tenu », déplore un habitant de la ville. Le comportement du maire récemment élu, Léon N’Kantio, serait à l’origine de la tension annoncée. « Il gère la commune comme sa commune. Il n’y a que lui pour décider de ce qui va être fait », accuse une source. Selon cette dernière, l’explosion pourrait venir des enseignants vacataires. « Les vacataires communaux ont arrêté de travailler depuis janvier dans les lycées, et depuis deux jours au lycée de Yokadouma, parce qu’ils n’ont pas de salaire depuis 6 mois », révèle notre source.
Joint au téléphone, le maire donne sa version. « Le secteur bois a des problèmes. Mon budget est complètement assis sur le bois », explique-t-il pour justifier les salaires impayés. « 80% des enseignants vacataires émargent à la commune, mais le bois ne s’achète plus. Il faut une certification, c’est un problème international. Même l’Etat aura des problèmes », poursuit-il. Mais les accusateurs reviennent à la charge en ce qui concerne les finances. « Quelques éléments tendent à faire croire à des malversations. Nous avons des documents où le maire est allé décharger l’argent à la place du receveur municipal », poursuit l’informateur. La thèse du détournement de deniers publics est reprise par un prestataire de service, Augustin Nkoma.

Détournements

Ce dernier n’a pas hésité à saisir la Comission nationale anti corruption (Conac), la présidence de la République, le Conseil supérieur de la magistrature et l’ambassade de France au Cameroun. Augustin Nkoma y affirme avoir « obtenu 2 contrats pour construction de salle de classe en faveur de la commune de Yokadouma d’une valeur de 32 000 000 Ttc ». Mais, « ces travaux selon certaines dispositions des contrats ont partiellement été livrés contre des mandats de paiement à hauteur de 10.925.662 Cfa ». Pour les autres factures, « celles-ci n’ont pu être soldées suite aux instructions que l’autorité de tutelle avait données à toutes les mairies ». Mais le renouvellement de l’exécutif communal n’a pas arrangé la situation. « On a audité les dettes de la commune. S’il est venu déclarer sa créance et qu’il a réalisé les travaux, il sera payé », rassure le maire. Au cas où le prestataire aurait perçu une partie du montant et que les travaux ne sont pas réalisés, qu’”il sache qu’il est redevable à la mairie de Yokadouma », prévient Léon N’Kantio.
Dans la foulée, le même prestataire l’accuse de détournement de deniers publics, avec la complicité du préfet de la Boumba et Ngoko. « Il ressort de ces documents que le préfet Missing Mimbang autorise régulièrement le maire à procéder à des dépenses énormes et incongrues comme la dépense de 1 000 000 Fcfa à titre de contribution de la mairie pour le maintien de l’ordre par la police et la gendarmerie à l’occasion d’un jour de procès », dénonce augustin Nkoma. Plus grave selon lui, le maire a donné plus que la somme requise par le préfet. « C’est ainsi que par le message n°27 du 7 juillet 2008, le préfet demande maire de lui accorder 2 000 000Fcfa à l’occasion d’une rencontre (…) regroupant diverses autorités frontalières de cette région. Le maire trouvant que son complice avait probablement sous-estimé le besoin lui accorda 3 000 000Frs… », assène le dénonciateur. Le maire surfe sur la forme, contestant la qualité de celui qui le dénonce. « Il est prestataire de service, pas conseiller municipal, encore moins originaire de Yokadouma. C’est un ami de mes détracteurs politiques », observe-t-il.

Edouard TAMBA

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