Paul BIYA accusé de coup d’Etat

CAMEROUN / ELECAM

Paul BIYA accusé de coup d’Etat par le Sdf

Le Comité national exécutif du Sdf s’est réuni d’urgence le 13 janvier 2009 à Yaoundé. Le parti dénonce les décrets nommant les membres et responsables de Elections Cameroon.

Le Social democratic front (Sdf) se veut clair : “ Il n’y aura pas d’élection au Cameroun dans ces conditions ”. C’est la dernière phrase prononcée à l’issue de la réunion d’urgence du National executive committee (Nec) mardi dernier à Yaoundé. Ladite réunion avait pour objectif de “ dénoncer les décrets de nomination ainsi signés par le président Biya, en violation de la loi sur Elecam notamment la nomination des membres du Rdpc pour gérer cet organe, nomination qui met en péril le fragile processus démocratique et nous ramène à la dictature de l’ère du parti unique ”. Les résolutions adoptées à l’issue de la rencontre du Nec “ invitent tous les Camerounais et amis du Cameroun à constater le coup d’Etat électoral déclaré par M. Biya… ” Ni John Fru Ndi et ses militants entendent par coup d’Etat, la violation de la loi 2006/011, portant création, organisation et fonctionnement d’Elecam.
C’est le cas de l’article 13 sur les incompatibilités entre certaines fonctions et la qualité de membre de Elections Cameroon (Elecam). A ce sujet, le Sdf observe que le président du conseil électoral, “ M. Samuel Fonkam Azu’u est membre du comité central du Rdpc et récents soupçons de fraude en matière d’immigration pèsent sur lui ”. Cécile Bomba Nkolo est, pour sa part, membre du bureau politique du Rdpc, de même que Dorothy Njeuma Limunga. De plus, la première est “ signataire de la déclaration xénophobe de Yaoundé en février 2008 qui appelait au génocide ”, accuse le Sdf ; tandis que l’ex recteur de l’université de Yaoundé I était au même poste à Buea “ lors des sanglants événements survenus au campus de l’Université de Buea ” où des étudiants sont morts, tués par balle.
Le Nec se souvient que Ejacke Mbonda Thomas y occupait les fonctions de gouverneur du Sud-Ouest. Ce dernier est par ailleurs “ inspecteur général au ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd) ”. Il se trouve que Abdoulaye Babale est non seulement “ membre du comité central du Rdpc ” mais aussi “ représentant de ce même parti à la Commission nationale de recensement général des votes ”. Mana Nschwangele Jules “ est maire de Kribi rurale et sous-directeur chargé de mission à la présidence de la République ”, poursuit le Nec. Cette instance affirme aussi que “ Mme Sadou Daoudou née Lady Bawa est fervente militante du Rdpc ”. Quant au révérend Massi Gams Dieudonné, le Sdf se souvient qu’il “ a été suspendu de son poste dans l’église presbytérienne Camerounaise en 2004 ”.
Le directeur général d’Elecam et son adjoint ne font pas l’exception. Le premier, Mohamadou Sani Tanimou, “ est sous-directeur chargé de missions à la présidence de la République et président du Conseil de régulation des télécommunications ”, tandis qu’Eric Essousse est un “ haut responsable au Premier ministère [même s’il avait pris sa retraitre]”, dénonce le Sdf. Ce parti décrie aussi la violation des articles 1, 6 et 8. C’est au regard de ce qui précède, que les résolutions “ invitent le Conseil constitutionnel à ne pas violer les défenses à exécution à lui signifiées par le Sdf et ainsi, s’abstenir de faire prêter serment par les soi-disant membres d’Elecam ”. Il est par ailleurs demandé à Paul Biya de répondre “ à la requête déposée par le Sdf en annulant les deux décrets portant nomination des membres d’Elecam ”. Dans la même lancée, le Commonwealth, l’Union européenne et la Francophonie sont invités à “ suspendre le financement d’Elecam…

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 15-01-2009

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