Les larmes de Yaoundé pour Hoïgen EKWALLA

HOMMAGE

Les larmes de Yaoundé pour Hoïgen EKWALLA

Une soirée organisée pour célébrer l’artiste musicien disparu.

L’artiste chanteur Hoïgen Ekwalla repose éternellement au cimetière de Deido depuis samedi dernier. Avant son inhumation, la ville de Yaoundé a tenu à le célébrer. C’est dans cette optique que s’est déroulée une soirée hommage au cabaret “ La Réserve ”. La soirée s’emballe aux environs de 22h30. Les invités s’attendent à ce que ces derniers reprennent le répertoire de Hoïgen Ekwalla. Comme il est généralement de coutume dans ce type de spectacle. “ Adieu vaillant camarade ”, lance Ze Bella. Cette phrase constituant le refrain de la chanson est reprise en cœur pas le public. L’orchestre maison, “ Les Vibrations ”, est à la manœuvre. D’autres instrumentistes aussi sont de la partie. Notamment le guitariste Ngoye Jecca. Vêtue d’une grande robe noire, Rachel Tchoungui monte sur la scène. Sa tenue de circonstance accompagne un chant d’abord mélancolique. L’ambiance monte d’un cran lorsqu’elle arrête l’orchestre pour une démonstration du talent de ses cordes vocales. Entre les chansons, l’humour est au rendez-vous.
Le public se fend en rire à la suite des histoires que raconte Kouokam Narcisse, dans un style et une gestuelle dont il a seul le secret. L’humoriste va ensuite mettre de côté son répertoire comique pour un propos plus lyrique. “ Lui qui rêvait d’un meilleur monde est allé pour un meilleur monde, et est devenu éternel ”, dit-il à propos de Hoïgen Ekwalla. Et poursuivre : “ Ceux qui savent mourir meurent debout… Ce sont les artistes ”. L’instant est aussi à saisir pour aller au-delà du défunt. “ Afrique lève-toi ! ”, reprend l’humoriste. “ On n’a pas le temps de pleurer quand on est condamné. Relève ton échine jusqu’à la taille normale ”, conclut-il dans une salve d’applaudissements. La musique reprend ses droits. Des doyens de la scène tels que Henri Njoh, Esso Essomba… se succèdent. Daak Janvier offre un récital de guitare solo. Entre temps, certains spectateurs défilent sur la scène pour “ faroter ”. Des billets de banque sont déposés dans une corbeille réservée à cet usage. On apprend que l’argent collecté parviendra à la famille du défunt. D’autres jeunes artistes, à l’instar de Ledoux Marcellin monte sur la scène. Jusqu’à 2h du matin, les chansons de Hoïgen Ekwalla restent attendues. La présidente du Conseil d’administration de la société civile camerounaise de l’art musical (Socam) suit le show aux premières loges.
Je suis venue parce que je suis responsable de la maison des artistes. Et il fallait que je sois là, malgré la fatigue du voyage que j’ai effectué dans l’Extrême-Nord ”, explique Odile Ngaska. Mais qu’apporte la Socam, en dehors de la présence du Pca ? “ La Socam a décidé de tirer la sonnette d’alarme pour que les artistes se retrouvent autour d’une vraie solidarité. Il faut qu’on soit un. Ca ne sert à rien la haine. On ne sait ni le jour ni l’heure à laquelle la mort va nous surprendre. Il faut qu’il y ai une prise de conscience chez les artistes ”, poursuit Odile Ngaska. Roger Milla a affrété à cet effet un bus pour le déplacement de artistes entre Yaoundé et Douala. “ Hoïgen et moi, on se connaît depuis 1973. Nous avons gardé de très bonnes relations, ce qui a permis que je m’implique personnellement ”, confie-t-il. Mais encore, l’ex-Lion Indomptable avoue avoir été marqué par les œuvres du défunt. “ En 1990, c’est la musique de Hoïgen Ekwalla qui nous a accompagnées à la Coupe du monde. Cette musique nous a vraiment motivés. Pendant tout notre séjour en Italie, ses chansons nous ont permis de faire des exploits ”, se souvient l’ambassadeur itinérant.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 18-11-2008

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