Portrait de Me Eta-Bessong Junior

Me ETA-BESSONG Junior

Avocat malgré moi

Le nouveau bâtonnier est un avocat expérimenté, habitué du conseil de l’ordre, et homme au parcours étonnant

copie-de-me-eta-bessong-junior-ph-tambaVingt-quatre (24) ans d’avocature. Six (6) mandats d’affilée comme conseiller élu au Barreau du Cameroun. Me Eta-Bessong Junior est le doyen de la longévité au Conseil de l’Ordre. Suffisant pour estimer que le moment de conquérir le bâtonnat est arrivé. C’est un homme particulièrement calme qui observe le déroulement du vote des conseillers ce dimanche matin. Assis aux premières loges. Les mains jointes sous le menton, entre stress et sérénité. Le désistement de Me Tchoungang et la Rainbow Team lui offre un boulevard. Une équipe à laquelle il a pourtant appartenu. « J’ai quitté le Rainbow il y a deux ans », dit-il. Ses convictions n’y correspondaient plus. « Je ne crois pas à tous ce qu’ils ont écrit-là », commente-t-il le rapport financier du bureau sortant.

Mais il se garde de porter des jugements hâtifs. Préférant parler de lui. On découvre alors que rien à priori ne le destinait à une carrière d’avocat. « Je rêvais de devenir médecin », affirme Me Eta-Bessong Junior, nouveau bâtonnier de l’ordre des avocats du Cameroun. Le fait d’avoir abandonné la chimie en a décidé autrement pour lui. Puis les conseils de son frère aîné, Ekontang Elad, alors étudiant en droit en Grande-Bretagne, ont fini de le convaincre. « J’ai commencé à lire les livres de droit à la maison, et je suis entré à l’Université de Yaoundé en 1976 », se souvient-il.

Il en ressort avec une licence en droit privé. Un arrêté signé du président Ahidjo lui permet alors d’entrer en stage en 1981, au cabinet Ekontang-Elad Chambers à Buea. Trois ans plus tard, un décret présidentiel lui ouvre les portes de la profession d’avocat. Me Eta-Bessong s’installe à l’étude de son frère. La cohabitation dure 14 ans. Il déménage en 1999. Direction le cabinet Eta-Bessong Law chambers, toujours à Buea. Le juriste évite de citer les affaires qui ont jalonnées son passage à la barre des tribunaux. « Toutes mes affaires sont grandes », élude-t-il. Me Eta-Bessong évoque tout de même l’affaire ministère public contre Grand Kumba et Grand Ayuk. Il a aussi défendu le Social democratic front (Sdf) durant les contentieux électoraux. « J’ai gratuitement défendu les jeunes qu’on avait arrêté en février dernier », ajoute-t-il.

Se sentait-il proche d’eux ? Son enfance n’a en tout cas pas été facile. Le nouveau Bâtonnier a dû arrêter ses études après l’obtention de son General certificate of education (Gce), Ordinary level. « J’ai décidé de travailler. J’ai enseigné pendant 4 mois. Puis j’ai réussi le concours de l’administration de l’ex Cameroun occidental », se souvient-il. Ce qui l’amène à exercer à la sous-préfecture de Fundong et la préfecture de Wum de 1971 à 1976. C’est durant cette période qu’il obtient son Gce Advance level. Mais continue de travailler parce que son père est décédé. Il faut donc vivre, et soutenir la famille de 9 enfants dont il est le 4e.

Si cette époque de galères est passée, les événements douloureux rodent. Son épouse, Mme Eta-Bessong a perdue la vie dans l’hécatombe du 27 octobre 2007 sur la route de Njombé. Elle lui a laissé 6 enfants dont 5 filles. L’une d’elle, Nouvelliza Eta-Bessong Epouse Njiminuh, s’illustre sur les pas de son père. « Ma fille travaille dans mon cabinet comme stagiaire. Elle était major du dernier examen d’entrée en stage », s’en réjouit-il. Les milieux du football lui ont apporté d’autres sensations. Le Bâtonnier a été successivement président des clubs Prisons Fc de Buea, Tiko united et Botafogo Fc de Buea.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 11-11-08

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