Me Charles TCHOUNGANG :« En 1985, moi-même j’étais rebelle »

Me Charles TCHOUNGANG

« En 1985, moi-même j’étais rebelle »

A quelques heures de l’Assemblée générale élective, l’ex Bâtonnier faisait le bilan de son mandat tout en se disant serein pour la conquête d’un autre mandat. Il n’est pas allé au bout de son ambition

Au moment où vous êtes candidat à votre propre succession quel bilan faites-vous de votre premier mandat ?

Nous avons un bilan tellement sérieux que tout le monde veut entrer au conseil. Nous avons organisé la conférence internationale des barreaux de traditions communes, avec plus de 760  avocats  à Yaoundé, avec 35 bâtonniers venus du monde entier. Nous avons également lancé le site Internet du barreau du Cameroun [www.barreau-cam.org, ndlr], ça n’existait pas avant. Avec le Barreau de Normandie, nous avons lancé une bibliothèque électronique sur laquelle chacun peut aller consulter les ouvrages scientifiques dont il a besoin.

A notre arrivée il était difficile de savoir qui est avocat et qui ne l’est pas. Nous avons lancé la première carte numérique sécurisée qui fait le bonheur de l’ensemble de nos partenaires. Nous avons négocié avec l’Union européenne, une enveloppe de 600 millions de Fcfa. Certains disent que nous l’avons détourné, ce n’est pas moi qui gère. Les avocats camerounais ont eu du travail pendant près de 12 mois grâce à cet argent. Nous avons négocié un don de matériel informatique avec l’Organisation internationale de la Francophonie pour un renforcement de nos capacités… Il existe désormais des maisons d’avocats dans les palais de justices ou les avocats peuvent s’habiller, avoir des toilettes (…) C’est le cas à Yaoundé, Douala-Bonanjo, Douala-Ndokoti, Buea etc.

Vous avez organisez un examen d’accès au Barreau très critiqué. En êtes-vous satisfait ?

Quand je suis arrivé au Barreau, cela faisait 7 ans qu’il n’y a pas eu d’examen d’accès au barreau. Cet examen a été lancé. Ce qui nous a permis de créer 542 emplois directs en une année. Depuis 1972 que le Barreau existe, nous n’avons pas de siège. J’ai investi 31 millions de Fcfa pour acquérir du terrain et construire le siège du Barreau. C’est un immeuble prévu pour 17 étages, deux salles de conférences de 2500 places. Je viens de lancer avec l’ambassade des Usa un programme de formation et d’échange etc. C’est ainsi qu’il y a des chantiers achevés. Et d’autres que j’ai ouverts et je n’ai pas achevés. Je souhaiterais au moins démarrer les travaux de ce bâtiment, et boucler le dossier de l’assurance multirisque que nous venons de conclure avec une grande compagnie française sur la protection sociale et sanitaire des avocats.

Le terrain dont vous parlé serait litigieux. Vous adversaires l’affirment et disent que vos en êtes conscient. Qu’avez-vous comme assurance du contraire ?

C’est l’ancien maire de Mfou [Protais Atangana, ndlr], qui nous a vendu ce terrain. Nous l’avons acquis de manière légale devant le notaire de Mfou. Les précautions élémentaires ont été prises pour s’assurer qu’il n’y avait pas de litiges sur ce terrain. Aujourd’hui ils vous disent qu’il y a un litige. Demain ils vous dirons que c’est parce que Tchoungang a signé l’acte notarié etc. Nous avons signé un chèque au profit du propriétaire, et les procédures administratives idoines sont menées pour que ce terrain devienne définitivement la propriété du Barreau du Cameroun. D’ailleurs nous avons commencé les travaux sur ce terrain. Le terrassement est terminé il y a un mois. Je m’attendais à ce mes confrères en soient heureux. Ce n’est pas parce que nous sommes en campagne électorale qu’il faut nier les acquis de ce barreau et son patrimoine.

A écouter vos adversaires, il apparaît comme un conflit de génération. Ils se plaignent d’être jeunes, plus nombreux et peu représenté au conseil…

En 1985, moi-même j’étais rebelle. Je voulais bousculer les Mes Muna, Moutomè, Yondo… Cela prouve la vitalité du barreau. C’est une revendication légitime. Mais ils doivent tenir compte du fait que le Barreau est un ordre, et que rien ne l’expérience. Il faut prendre du temps pour cela.


Réalisé par

Edouard TAMBA

In Le Messager du 10-11-08

One thought on “Me Charles TCHOUNGANG :« En 1985, moi-même j’étais rebelle »

  1. Delia

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