Gabriel MOUAFO tire sa révérence

NÉCROLOGIE

Gabriel MOUAFO tire sa révérence

L’ex gouverneur de la province du Centre-Sud est décédé le 22 octobre dernier à Douala des suites de maladie. Retour sur le parcours d’un chef de terre ayant gravi tous les échelons de l’administration territoriale

Il faisait probablement partie d’une espèce en voie de disparition : ces hommes qui ont choisi de servir

MOUAFO Gabriel, Rip

l’Etat. Gabriel Mouafo, l’ex haut fonctionnaire de l’Etat du Cameroun a tiré sa révérence le 22 octobre 2008 à Douala. Il était alors âgé de 74 ans. Depuis l’annonce de cette nouvelle, les amis, parents et connaissances affluent à son domicile, sis au quartier Essos à Yaoundé. “ Il est resté modeste et très humble. Tous les enfants du quartier venaient ici sans problème. Certains discutaient avec lui ”, confie son fils, Mouafo Guy. Celui que d’aucuns appellent le “ tout puissant gouverneur du Centre-Sud ” ne faisait apparemment pas de différence entre ses fils de sang, et les autres.
“ Beaucoup d’enfants ont grandi dans cette concession ”, poursuit Guy. Des détails sur lesquels le fonctionnaire ne s’arrêtait pas. Selon son fils, “ il rendait service à tout le monde ”. Sa disposition à aider les autres aurait poussé ses nièces à le surnommer “ Papa gentil ”. Son fils revient sur les conditions du décès de son père. “ Il était malade depuis un moment. Mais la situation s’est aggravée dans les deux dernières semaines. C’est à la clinique Ralph de Bonamoussadi qu’il est décédé ”, raconte-t-il. Mouafo Gabriel séjournait alors chez l’une de ses filles. “ Il était en retraite. Ce qui lui permettait de rendre visite à ses enfants de temps en temps ”, explique Mouafo Guy.

Ascension fulgurante
Il garde de son père, le souvenir d’un homme qui “ nous poussait toujours à comprendre que dans la vie, il faut se battre pour atteindre un certain niveau ”. Comme lui-même s’est battu. Major à l’examen du certificat d’Administration hospitalière en novembre 1964, il est vice major de la promotion Unité africaine de l’Ecole camerounaise d’Administration (Eca), après avoir occupé les fonctions de gestionnaire comptable des hôpitaux de Dschang, Bafoussam, Bafang, Bangangté, entre janvier 1960 et mars 1961. Année où il est nommé chef de district à Bandjoun, son village natal (jusqu’en 1962) ; il est ensuite sous-préfet de l’arrondissement de Bazou de 1965 à 1966 ; préfet du département du Ndé de 1966 à 1969. Le défunt assurera les mêmes fonctions dans la Sanaga maritime jusqu’en 1971. Année à laquelle il est nommé inspecteur fédéral d’administration de la province de l’Est, cumulativement avec ses fonctions de préfet du Lom et Djerem.
En 1972, Mouafo Gabriel est gouverneur de la province du Centre-Sud. Il y passera 9 ans. On lui attribue la création de plusieurs unités administratives, notamment les arrondissements de Ombessa, Ngambe Tikar… Entre temps, le Renouveau a pris les rênes du pouvoir. Le Cameroun passe de 7 à 10 provinces en 1983. Le Centre-Sud éclate en deux provinces. Le “ tout puissant gouverneur ” est promu Inspecteur d’Etat à l’inspection générale de l’Etat et de la Réforme administrative en 1984. Il y restera jusqu’à faire valoir ses droits à la retraite en 1989. Une dizaine de distinctions honorifiques camerounaises et étrangères témoignent d’une certaine reconnaissance. Une reconnaissance qui s’étend aussi à son village. Feu Sa Majesté Kamga II Joseph, chef supérieur de Bandjoun, lui avait décerné un titre de notabilité en 1961. Jusqu’en 2004, Mouafo Gabriel s’adonne à la politique. Prêchant la bonne nouvelle du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans de multiples commissions et sections. Demain 8 novembre, les terres du quartier Mbieng à Bandjoun accueillerons définitivement la dépouille de Mouafo Gabriel , un grand serviteur de l’Etat.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 07-11-08

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