Braquage de Limbé, les militaires s’en prennent aux médias

BRAQUAGE A LIMBE

Les militaires paniquent à Yaoundé

Le coup de force perpétré le 28 septembre dernier à Limbé a étalé au grand jour quelque insuffisance de nos forces armées. Des observateurs civils et militaires continuent de se poser des questions en privé et dans les médias. Les talk-show du week-end s’y sont donné à gorges chaudes. Ce qui apparemment égratigné quelques militaires. Les employés de la radio urbaine Magic Fm ont vu débarquer autour de 13h, une dizaine de militaires et gendarmes à leur siège sis à Essos. Certains affirment qu’ils étaient conduits par le commandant de la Sécurité militaire (Semil) en personne. Les bidasses en avaient après les invités de l’émission « Température ». Mais ils arrivent après le départ des panélistes. Ensuite, ils mettent le cap sur une autre radio urbaine ; Radio Tiémeni Siantou (Rts) au quartier Mvog-Mbi.

Rebelote ! Les panélistes du programme « Zappress » sont déjà partis. Selon des responsables joints au téléphone, « ils ont demandé les panélistes. Ils ont aussi demandé qu’une copie de l’émission leur soit remise Cd ». Mais ils en, repartiront bredouille. Tout porte à croire qu’ils en avaient après un panéliste en particulier. Le colonel à la retraite René Bikok. L’ex officier de la marine a occupé des fonctions d’attaché militaire au Haut-commissariat du Cameroun au Nigeria avant et pendant les premières années du conflit frontalier de Bakassi. Ce dernier s’est effectivement exprimé sur le braquage de Limbé. Ainsi que les autres panélistes, à savoir Junior Binyam, Simon Meyanga et Eric Mathias Owona Nguini. « L’un des gendarmes qui étaient ici nous a dit que c’est le colonel qu’ils cherchaient. Apparemment ils l’ont interpellé », annonce plus tard une source à Magic Fm.

Ce qui se révèlera inexact. « Je suis là. On m’a effectivement dit qu’il y a des gendarmes qui sont passé à Magic Fm pour me chercher. J’ai dit ce que j’avais à dire, et je l’assume. Je ne suis pas encore arrivé à la maison, peut-être qu’il m’attende là-bas », rassure René Bikok, aujourd’hui spécialiste de la prévention et de la gestion des conflit en Afrique. Son propos sur Rts aurait-il gêné certains ? Il a pourtant pensé que l’on ne devrait pas faire de reproches aux militaires. Observant qu’il se pose un problème d’effectifs dans l’armée Camerounaise. Pour le colonel Bikok, la prévention de ce type d’incident passe par la circulation optimale du renseignement entre les différents corps de défense et de sécurité, et le recrutement de des personnes convaincues de patriotisme. Mais, les auditeurs par voie de Sms n’ont pas manqué de s’en prendre au ministre de la Défense. Certains demandaient sa démission, tandis que d’autres croyaient savoir que les auteurs du coup son proche de lui.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 06-10-08

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