Statut de l’étudiant: l’Addec corrige la copie de Fame Ndongo

STATUT DE L’ETUDIANT

L’Addec corrige la copie de Fame Ndongo

Selon l’Addec, le statut de l’étudiant arrêté par le ministre de l’enseignement supérieur est un texte inapplicable parce que mort-né

Les responsables de l’Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec) n’usent pas d’euphémismes pour dire non au statut de l’étudiant arrêté par le ministère de l’enseignement supérieur (Minesup). L’arrêté N°08/0249/MINESUP du 11 Septembre 2008 portant « Statut commun des étudiants des Institutions Universitaires Publiques du Cameroun » est un texte « inadmissible » selon un communiqué publié le 24 septembre dernier par l’Addec. « Loin de satisfaire nos attentes, votre arrêté a plutôt eu pour effet de provoquer tour à tour curiosité, étonnement, colère et dédain », dit le communiqué. Selon l’Addec, un texte comme le statut de l’étudiant devrait « contenir un ensemble de dispositions juridiques et administratives régissant le fonctionnement de ce groupe, précisant ses prérogatives et ses avantages, reconnaissant ses droits et ses devoirs au sein de la communauté nationale ».

Cet ensemble de dispositions va au-delà des « ne relève pas [des] compétences et attributions » du Minseup, et «  appelle, de ce fait, l’intervention du chef de l’Etat ou du Chef du Gouvernement… », clame l’Addec. « C’est donc aussi la raison pour laquelle l’intelligence et le bon sens que nous vous supposons, commandent que vous conveniez avec nous de ce que vous n’êtes pas compétent pour prendre et faire appliquer de telles mesures. Non ! Vous n’avez pas qualité, Monsieur le Ministre, pour signer le statut que l’étudiant camerounais attend », rappellent les membres de l’Addec au Minesup, Jacques Fame Ndongo. Ils lui rappellent aussi qu’il avait refusé d’aborder la question du statut de l’étudiant durant la dernière grève d’avril-mai 2005. L’Addec justifie sa curiosité et son étonnement par « ce manque de pudeur, cette prétention, cette tentative d’usurpation de titres – bref ce vice de procédure grave ».

Texte rétrograde

La colère n’est pas en reste car d’après l’Addec, le texte « révolte par le fait qu’il tente plutôt de conforter l’embrigadement de l’université, foisonne de sanctions et de mises en garde, submerge la conscience des étudiants de dispositions liberticides et répressives tout en recommandant implicitement la déférence et l’allégeance inconditionnelle à l’égard des autorités universitaires ». Le texte set selon l’Addec, l’œuvre de « quelques politiciens-fossiles, nostalgiques de la brutalité propre au colonialisme et aux « Nérons noirs » de l’époque du parti unique, [qui] continuent de se tromper d’époque. Ils prétendent ainsi, en plein XXIème siècle, détenir le monopole de la production de la vérité dans nos campus, assimilant ainsi l’Université à une institution théologique ».

« Mais quand comprendrez vous donc enfin, Monsieur le ministre, que l’étudiant n’existe pas que pour obéir et suivre, qu’il a aussi le devoir d’interroger, examiner, vérifier, délibérer et choisir librement, en connaissance de cause ? C’est pour cette raison que nous trouvons votre texte franchement rétrograde », tranche l’Addec. Pour cette association, le Minesup n’est pas allé chercher loin. Ce statut n’est « rien d’autre qu’une compilation de dispositions et d’articles textuellement et malhonnêtement tirés de quelques textes précédemment signé par le Président de la République : notamment la Loi N° 005 du 16 avril 2001 portant Orientation de l’Enseignement Supérieur… vous n’avez retenu au demeurant que les côtés les plus ténébreux. Grossier plagiat donc! », observe l’Addec. Et plus grave, les étudiants des institutions privées agréées par le Minesup ne sont pas pris en compte. C’est par conséquent un document inapplicable parce que « mort-né ».

Edouard TAMBA

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