Emeutes à Abong-Mbang : au coeur du sinistre

Au cœur du sinistre

A la préfecture, les brasiers fument encore

A la préfecture, les brasiers fument encore

Abong-Mbang est sinistrée et sous bonne garde. Un peu partout, les traces des tristes événements survenus entre le 14 et le 17 septembre dernier. Le visiteur peut remarquer des éclats de pierres sur la route, dès l’entrée de la ville. Tout comme les débris de bois ayant servi à monter les barricades. En marchant le long de cet axe principal, on découvre un centre commercial qui commence à reprendre vie. La station-service sert du carburant depuis le 18 septembre. Les motos-taxis font leurs va-et-vient. D’autres, garées de part et d’autre de la route proposent leurs services aux piétons. « On vous déposent ? » Hèlent-ils en faisant vrombir leurs moteurs.

Policiers du Groupement mobile d’intervention (Gmi) et élèves-gendarmes défilent en petits groupes. On aperçoit aussi quelques éléments du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpign) et du Bataillon d’intervention rapide (Bir). Les camions les ayants transporté sont garés devant le commissariat de sécurité publique et la maison du parti Rdpc. La désolation apparaît au niveau de la place de la préfecture. La bâtisse vieille de 1950 qui abrite les services de la préfecture est méconnaissable. Le toit et la charpente sont partis en fumée. La paperasse issue de ces bureaux est déversée dans la cour. Une partie brûle encore. Les gendarmes veillent sur les décombres et dévient le chemin des passants trop curieux.

Le spectacle est similaire au domicile du préfet, Essama Sylvestre. Les flammes n’ont pas épargné grand chose. Le bâtiment vieux de 1927 et son contenu mobilier ont cramé. On peut reconnaître à côté ce que le feu a bien voulu laisser d’un congélateur et une parabole d’antenne de télévision. Ce 19 septembre, le four de la cuisine continue d’entretenir un brasier. Les dégâts sont encore plus grands dans les esprits. La ville a perdu deux de ses lycéens. Leurs familles sont endeuillées. Alors qu’une dizaine d’autre sont au chevet de leurs blessés.

En réalité, tout est parti d’un mouvement d’humeur pour protester contre le délestage d’énergie électrique. La manif était pacifique au départ. Puis vint la provocation. Ensuite la tension. Enfin le pire. Une semaine plus tard, Le Messager tente de reconstituer les faits. Sans omettre de relayer ce cri de douleur que lancent des familles meurtries et une population exaspérée.

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 25-09-07

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