Mésaventures d’un journaliste fatigué

MESAVENTURE

Comment le sommeil m’a emporté loin, très loin…

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Si on m’avait dit qu’une telle galère pouvait m’arriver… Jamais je ne l’aurais imaginé, envisagé; même pas en rêve. Et pourtant, cela m’est arrivé. A moi. Edouard TAMBA. « Homo journalistus vantardus …». Vous vous demandez probablement de quoi je parle. Laissez-moi commencer par le commencement. En juillet dernier, me voici hors de Yaoundé, ma ville de résidence. Je joue les humanitaires à Fifinda, un arrondissement du département de l’Océan, dans la province du Sud Cameroun. J’y suis en compagnie de médecins, arbitres de football, cuisinières… et même des glandeurs. Nous sommes logés à Kribi. D’où la présence de plus de jouisseurs que de vrais volontaires. N’empêche, la Campagne suit son cours. Je m’y donne à coeur joie. Pour la rédaction des articles et le montage du quotidien de la Campagne. Et aussi pour quelques escapades sur les rives de l’Atlantique avec quelques “bouquets” membres de l’expédition. Baignades à Londji. Bibines aux débarcadères, les pieds dans le sable. Chasse aux crabes sur la plage. Balades presque romantiques… Que c’est beau la vie! Tellement beau que je me surprends à me souvenir que ma grande soeur se marie dans … deux jours. Les festivités sont prévues à Douala. Après quelques coups de fils, “j’ai ton billet et je suis déjà à Douala“, me rassure l’une de mes petites soeurs. Je demande ensuite à mon frère cadet de descendre à Douala avec mes fringues pour la bringue. Je tiens à être sérieux dans la tenue.

C’est ainsi qu’au petit matin du samedi 2 août 2008 que je prends congé de Kribi. Momentanément. Près de deux heures plus tard, “me voici à Douala. Me voici donc à Douala“, pour reprendre quelqu’un. Je récupère mon billet. Un billet qui ne m’offre pas la possibilité d’être accompagné. “Ma soeur-ci est même comment?“, me demandé-je intérieurement. Et de poursuivre: “Donc que je ne peux même pas bring une petite au njoka?” En tout cas, je vais me rattraper autrement. 21h. Nous voici à la salle des fêtes du Cercle municipal de Bonanjo. Waouh!!! Il y a des tableaux de Francis Mbella partout. Je ne connais rien à la peinture, mais il y’en a que je trouve vraiment beaux. La fête commence. Rose et Jacques, les mariés, entrent en grandes pompes. On applaudit. On rit. Puis on se rassoit. Puis on se lève à nouveau. On prie. On passe à table. Je manque de m’énerver parce que le zozo commis au protocole saute ma table. Pourtant j’ai vraiment faim. “Il ne faut pas qu’il s’amuse comme ça et la nyama bolè sur la table. C’est que un cadavre va mourir“, pensé-je. Et pour qu’un cadavre ne meurt pas, je décide de brûler le protocole. Je me lève et me positionne dans la file. “Ho monsieur ce n’est pas votre tour. Allez vous asseoir“, lance l’autre. “Are you talking to me? Vient me porter ici“, fais-je. Il baisse alors l’échine, visiblement intimidé. Me laissant ainsi l’occasion de faire un petit “mont Cameroun” dans mon plat.

L’incontournable riz me sert de base. Charcuterie, pâtisseries, poissonneries, « pouleteries », fruiteries… je ne laisse rien. Le regard de la fille commise au service en dit long; genre : “Un gars tiré à quatre épingles qui tchop comme ça?“. Ce qui me pousse à m’expliquer: “Je suis avec une fille-là, je me sers pour nous deux“. “Vous êtes galant hein. Les hommes comme vous sont rares“, me répond-elle. Un sourire ravageur s’affiche alors sur son minois qui en passant est plutôt joli. Le reste aussi. Il me vient alors des idées du genre : “qu’est-ce que vous faites après?“, “Filez-moi votre numéro de téléphone“… La courte durée de mon séjour à Douala m’oblige à me raviser. Je rentre à ma table. Nous mangeons. Nous buvons. Nous dansons. Le Ndjomboss de Erico, nous dansons. Les Trahisons de Lady Ponce, nous dansons. Les Bobaraba de je ne sais qui, nous dansons. La magie de Keng Godefroy, nous dansons. Le In that club de Usher, on est toujours sur la piste. Le Dj va même ressuscité Ace of base et Real 2 Real, on est seulement là. Man no run! 6h nous trouve sur la piste de danse. Le Dj met fin à notre engagement en arrêtant la musique. J’embrasse la famille et j’atterri à Central voyage une dizaine de minutes plus tard. Le premier bus pour Kribi part à 8h. Je somnole déjà dans la salle d’attente. Un coup de fil m’interrompt. “Bonjour Edouard. Il y a un prêtre qui a violé une petite fille blablabla… Voici le numéro de la famille de la victime blablabla“. L’autre a déjà raccroché et je ne sais même pas qui c’était. Le combat que je viens d’engager contre les anges de Morphée semble tourner en leur faveur.

Un bus se pointe à 8h tapantes. “Passagers à bord“. Un agent fait entrez les voyageurs selon les numéros de leurs tickets. Lorsqu’il lance “N°18“, je me pointe. Ainsi qu’une dame. Il me laisse d’abord passer. Ce que la dame apprécie mal. Je crois que ma tenue vestimentaire l’a influencé. Un gars sur son 31 tôt le matin comme ça… L’intérieur du bus est d’un confort inhabituel. Je me rends aux émissaires de Morphée. A mon réveil, nous sommes au péage d’Edéa. Je me rendors, jusqu’au coup de fil d’un « bouquet ». Depuis Kribi où elle m’attend, l’impatience l’envahit. “On arrive dans moins de 30 minutes“, là rassuré-je. En rangeant le téléphone, j’observe quelque chose de bizarre. Nous sommes à un péage, et les vendeurs à la criée proposent bâtons de manioc, bananes mûres, arachides etc. “On est où là?“, m’exclamé-je intérieurement. On est à Mbankomo, à quelques kilomètres de… Yaoundé! Merde! “Comment est-ce possible? Moi?” Je garde mon calme. Mon voisin (comme le reste des passagers) est concentré sur un film ghanéen très mal doublé en français. “Je vais faire comment? Et toutes mes affaires à Kribi?“, les questions s’enchaînent. Je garde mon calme. Je décide (comme si j’avais le choix) de rentrer à Kribi. Pour cela, je descends du bus à la gare routière de Mvan. J’obtiens une place dans un bus presque plein. Et je m’y rendors. Mes tranches de sommeil sont plus courtes cette fois. Juste après Edéa, j’appelle pour avoir la position des autres volontaires. “On s’apprête pour aller au stade de Fifinda pour la finale. C’est mieux que tu descendes au stade“, me renseigne-t-on. Le stade en question est à une quarantaine de kilomètres de Kribi.

Je ne sais pas quand exactement.

Rira bien qui dormira le dernier

Rira bien qui dormira le dernier

Mais entre deux ou trois tours de sommeil, on a traversé Fifinda. “Encore? C’est quelle qualité de sommeil?” Je garde mon calme. Je descendrais à l’hôtel. Morphée remet ça. Jusqu’à l’agence. Je suis réveillé par les manoeuvres du bus pour garer. “Le sommeil-là est simple? Comment vais-je rentrer à Fifinda?” Je garde mon calme. Une mototaxi me dépose à l’hôtel. L’endroit est désert. Presque. Quelques dames qui fignolaient sur leurs maquillages ont été oubliées par la délégation. Elles sont surprises par ma présence et mon accoutrement sous ce soleil balnéaire. Je leur explique que je reviens du mariage de ma soeur que je suis à l’hôtel parce que je tenais d’abord à me changer. Ces dernières passent des coups de fils très nerveux. “Vous ne savez pas qu’on est bloquées ici? Venez nous chercher!“, crient-elles. Ce qui fini par payer. Un véhicule vient nous chercher. Je joue les galants en installant les dames à l’arrière. Puis je prends place à la cabine. Eveillé. Déterminé. Que Morphée me tente encore. Elle a dû comprendre que j’étais déjà fâché. J’ai donc eu l’oeil ouvert durant les quarante kilomètres du parcours. Mais une fois à l’hôtel après le match, zéro plage, zéro balade presque romantique. J’ai dormis jusqu’à 10h du lendemain. A mon réveil, je commence à jouer les penseurs. Comme disait Edouard TAMBA, journaliste contemporain, “A boire, manger et danser sans retenue, on finit par dormir sans retenue“.

Edouard TAMBA

13 thoughts on “Mésaventures d’un journaliste fatigué

  1. Lenaelle

    Gars Edouard, le sommeil du trajet retour quand tu viens du tuyau là, je ne connais pas plus traitre! Quand tu crois que tu maitrises c’est alors là que l’acteur meurt!
    Je me souviens d’une fois où je me suis réveillée en sursaut, dans une rame de rer…au terminus! Dernier stop avant le hangar. On était deux, aussi déchiré l’un que l’autre, et tous les autres ont sans doute jugé qu’on était trop beaux endormis 🙂

  2. Etum

    Lena,
    lol toi meme une classe nga comme ca tu ne peux pas te faire accompagner?

    Edouard,
    La procahaine fois il faut embarquer une petite au moins tu ne vas pas nang dans le bus lol

  3. Lenaelle

    Etum,
    c’était l’époque où le tuyau c’était la dette et le rer mon meilleur ami! Today on va dire que c’est autre chose 🙂

  4. TAMBA

    Lena,
    Ahhhhhhh les traitres, un truc pas gentil aurait pu vous arriver. Bon, je suis au moins rassuré que ce genre de galère arrive aux autres. Prend seulement tes dispositions pour le 25 octobre.

    Si tu vois Etum, dis lui que même comme c’est la dette, moi-là, si je viens, en rentrant je risque monter dans l’avion qui go en Australie… 🙂

    Hein Etum,
    N’est-ce pas que ma réssé ma filé le billet d’une place. A Douala ce ne sont pas nga qui manquent.

  5. Ti Aya

    Edouard,
    Ton way en latin là me rappelle la chanson de Edgar Yonkeu.
    Sinon ce qui est bien dans tes aventures, que ce soit à Ngoro ou à Fifinda, c’est que comme le chat tu retombes toujours sur tes pattes.
    En tout cas, merci. Je vais pouvoir briller en société en racontant ces aventures (éventuellement en changeant des détails sans grande importance comme le nom de l’acteur ;-)).

    Etum,
    En rédaction au lycée, on nous disait qu’il fallait d’abord amener le sujet, puis le poser, avant de conclure. On se phone un de ces soirs.

    Juste pour info, ma mini-moi adorée fêtait son tout premier anniv ce dimanche 14/09, suivi de moi-même le lendemain. Raison pour laquelle j’étais en mode sous-marin de vendredi jouka hier.

  6. Kans

    Edouard, je ne comprends pas.
    A Kribi c’est presque romantique et à Douala tu pars à la chasse encore? yaaah!

    Lefam so prési. C’est le démon de midi, oups! Je voulais dire minuit 🙂
    Démon, sort de ce corps…
    TAMBA

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