La Conac traque la corruption dans les médias

CORRUPTION

La Conac enquête dans les médias

La corruption a fait son lit au Cameroun. Tel un cancer, elle vampirise tous les secteurs de la société. La presse dont l’un des rôles est de dénoncer ce type de phénomène, n’est pas épargnée. Le mal revêt plusieurs aspects selon les situations et les intentions. On parle parfois de « gombo », « per diem »… avant ou après la collecte de l’information par le journaliste. C’est de la « corruption », assène le secrétaire permanent du Conseil national de la Communication, Pr. Laurent Charles Boyomo Assala, à l’occasion de l’ouverture des « Journées de réflexion sur la corruption dans le secteur des médias ». Les travaux, ouverts hier, 4 septembre 2008 à Yaoundé, sont initiés par la Commission nationale anti-corruption (Conac).

« La corruption a toujours existé dans la presse », reconnaît Dr Albert Mbida, responsable de la cellule de lutte contre la corruption au ministère de la communication (Mincom). Du temps où il était adjoint au directeur des programmes à la radio nationale, entre 1974 et 1976, « je voyais les journalistes et animateurs racketter les musiciens pour passer leurs disques », se souvient-il. Une trentaine d’année après, il constate avec regret que l’affaire a pris des proportion inquiétante. « J’ai des difficultés à lutter contre cette affaire », avoue-t-il. Le silence des victimes serait l’une des principales entorses à la lutte contre le phénomène.

Est-ce pour cette raison que le ministre de la Communication a sollicité la Conac en mai dernier ? Le président de la Conac, Paul Tessa, tient à préciser justement que « ces assises se tiennent à la demande de Monsieur le ministre de la Communication ». Une centaine de journalistes, tout médias confondus, a fait le déplacement du Palais des congrès. « Je ne doute pas un seul instant de votre prédisposition à vous livrer à un diagnostic sincère et sans complaisance sur les causes, les manifestations et les effets néfastes de la corruption dans le secteur des médias, pour dégager, au cours de vos atelier, les propositions de solutions en vue d’assainir les comportement et de projeter la meilleure image possible des médias camerounais », leurs lance Paul Tessa. Le président de la Conac résume ainsi la feuille de route des trois équipes regroupés en ateliers.

Les premiers abordent « la corruption dans les structures professionnelles et les structures de production audiovisuelle ». Les seconds vont s’arrêter « dans les entreprises de communication audiovisuelle privées et de service public » ; le temps de voir comment la corruption au niveau de la création, l’organisation et la gestion de ces entreprises. Le troisième atelier va quant à lui diagnostiquer le phénomène « dans la presse écrite du service public, la presse écrite à capitaux privés et la presse cybernétique ». Le rapport général de ces travaux sera rendu public le 5 septembre 2008. Pour le président de la Conac, « les médias ont tout à gagner dans cet exercice : à la fois pour bâtir leur réputation, pour rassurer l’opinion et pour assumer efficacement leur rôle de quatrième pouvoir ».

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 05-09-08

2 thoughts on “La Conac traque la corruption dans les médias

  1. marie ange tessa

    Je pense que c’est une bonne initiative, d’autant plus que la presse a un rôle très important dans la lutte contre la corruption, dans la mesure où elle est le premier moyen d’information du peuple. En passant par la presse, on relai efficacement le message au peuple.

  2. Jean-Louis NOAH

    la lutte contre la corruption, pour un Camer des big ambitions! il faut s’attaquer aux transports, à l’éducation, bien sûr à la presse qui relaie en effet l’information… on ne veux plus les mange-mil!!

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