Le procès des gardiens de prisons piétine

PROCES DES GARDIENS DE PRISON

On attend les débats…

Un renvoi de plus. Depuis le dernier mouvement d’humeur à la prison centrale de Yaoundé entre décembre 2006 et janvier 2007, les soixante onze (71) gardiens de prison mis en cause ne sont pas fixés. Le procès ouvert au Tribunal de première instance (Tpi) du Yaoundé – Ekounou en janvier 2007 en est encore aux préliminaires. « L’audience est renvoyée au 19 août 2008 pour ouverture des débats », se sont entendus dire les prévenus hier devant la barre. Contrairement à la dizaine de renvoi précédent, le dernier renvoi a été sollicité par la défense. Ce n’est pas la première fois que le tribunal renvoi la cause pour les mêmes raisons. « Il faut leur demander de venir quand même à l’audience (…), rien ne nous empêche de commencer maintenant », lançait l’ex président de ce tribunal lors de l’audience du 18 mars 2008. Ce après avoir constaté l’absence d’une vingtaine d’accusés. « Dites à vos avocats de s’apprêter pour la prochaine audience », ajoutait-il.

Mais à l’audience suivante, le 17 juin 2008, l’affaire sera à nouveau renvoyée. Quand au renvoi prononcé hier, il s’agit des desiderata de la défense. « Vu le grand nombre de prévenus dans la cause, il est pratiquement impossible que le tribunal puisse, avec les autres dossiers, commencer les débats dans ce dossier », observe Me Mangoua, l’un des conseils des accusés. Selon lui, « si chaque prévenu doit prendre la parole pendant au moins 30 minutes pour répondre, ce ne sera pas évident que même en deux jours on ait terminé ». Il poursuit en expliquant que c’est pour cette raison qu’ils ont « proposé, et je crois que ce sera avec succès, au tribunal d’en faire une audience de cession. C’est-à-dire qu’on puisse programmer une semaine ou deux » exclusivement consacrée à cette affaire.

Rappel des faits

L’affaire remonte aux incidents survenus à la Prison centrale de Yaoundé entre le 27 décembre 2006 et le 2 janvier 2007. A la suite des mouvements de revendication des geôliers, des prisonniers se sont soulevés et le pénitencier a été vandalisé. La répression brutale des forces de l’ordre a été accompagnée de sanctions administratives à l’encontre des désignés coupables par le ministère de la Justice. 71 gardiens de prisons ont été traînés devant la justice. Dix chefs d’accusation pèsent sur eux : « démission collective ayant pour principal objet d’empêcher le fonctionnement d’un service », « refus d’accomplir les devoirs de votre fonction », «  incitation à résister à l’application de la réglementation »,  « attroupement et refus de se retirer à la première sommation des forces de l’ordre » etc.

Des actes qui, selon le ministère public, auraient causé directement ou indirectement des cas de maladie chez trois détenus, et la mort chez deux autres ; à savoir Essama P. Hervé, et Wamba K. Alexandre. Les geôliers sont aussi accusés d’avoir mis le feu « directement ou indirectement à des cellules et bureaux de la prison » dont l’infirmerie. Et d’avoir par la même occasion, partiellement détruit le magasin de matériel de la prison. Tous plaident « non coupable ».

Edouard TAMBA

In Le Messager du 13-08-08

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