L’affaire crédit foncier bloquée au tribunal

GABEGIE AU CREDIT FONCIER

Le tribunal bloque le sort des accusés

Le tribunal de grande instance du Mfoundi n’a pas rendu le verdict attendu hier sur les culpabilités. L’affaire crédit foncier est remise en délibéré pour le 11 juillet prochain pour des raisons inconnues

L’audience était annoncée et très attendue. Une audience au cours de laquelle le Tribunal de grande instance du Mfoundi devait prononcer un jugement dans le cadre de l’affaire Crédit foncier du Cameroun (Cfc). Il s’agit plus précisément du verdict sur les culpabilités, attendues au terme des plaidoiries de la défense bouclées en juin dernier. Aux environs de 11h30, les accusés continuent d’arriver au compte-goutte. « On vient d’arriver. On est venu en taxi », indique un gardien de prison à un gendarme. Les trois prévenus que sa collègue et lui viennent d’escorter traînent le pas à l’extérieur de la grande salle d’audience. L’un deux fume nerveusement une cigarette, tandis qu’un autre se fait souhaiter « bonne chance » par une proche. Les membres du tribunal devisent sur le balcon leur donnant accès à la salle. Ce en compagnie des deux magistrats représentant le ministère public.

C’est aux environs de 12h10 que retentit le carillon dans la salle d’audience. « Le tribunal », annonce le greffier. Et de rappeler que c’est l’affaire Ministère public et crédit foncier du Cameroun contre Joseph Booto à Ngon, Joseph Edou… Trente et un (31) accusés au total. Les présents répondent et prennent progressivement place dans le box à eux réservés. La présidente du tribunal indique le fait que certains de ces accusés ne se sont pas prononcés à l’issue des plaidoiries présentées par leurs avocats appelés par le présidente souhaite ne rien ajouter au passage de leur conseil juridique. Mais il se trouve que certains accusés sont absents. « Il arrive madame la présidente », s’explique un avocat pour le cas de son client.

C’est alors que la présidente prononce la suspension de l’audience. L’affaire est mise « en délibéré pour le 11 juillet 2008 à 10h », déclare-t-elle. Une sourde rumeur parcours la salle. Quelques jurons de désapprobation fusent. L’assistance est visiblement prise de cours. De même que certains accusés et avocats. Les membres de la cour se retirent. Ceux du parquet en font autant. Les accusés sont envahis par leurs proches. Qu’est-ce qui a motivé cette décision. « Tous les accusés ne se sont pas exprimés après les plaidoiries de leurs avocats. Et certains sont absents, pourtant il faut qu’on leur donne la parole. C’est une question de procédure », croit savoir un avocat. Me Mben Sylvestre, conseil de l’ex président du conseil d’administration du Cfc, a une autre idée. « Si on a prorogé c’est que la décision n’est pas prête », pense-t-il.

« Sous l’égide du code de procédure pénale, la décision doit être lue de la première à la dernière ligne. Pour cela, il faut qu’elle soit entièrement rédigée », ajoute-t-il. Son point de vue semble appuyé par une observation. Il n’y a pas eu de concertation entre les membres de la collégialité dans la salle. Preuve que la décision était prise avant l’ouverture de l’audience ? Difficile d’y répondre par l’affirmative. Toujours est-il que les états d’âme de certains avocats et accusés n’y changeront rien. Le tribunal vient de prolonger le suspens dans cette affaire qui dure déjà une trentaine de mois.

Edouard TAMBA

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