Incendie au supermarché Skt à Yaoundé

INCENDIE

Feu en plein cœur de Yaoundé !

Le supermarché Skt et flammes. Le cabinet d’avocats Tang-Ndombo aussi. La boutique « Full » et bien d’autres également attaquées.

Les sapeurs pompiers de Yaoundé ont eu du pain sur la planche, hier 17 juin 2008. Très tôt le matin, un incendie a déclenché au supermarché Satkarmar (Skt). Le bâtiment en question est situé sur l’axe partant de la cathédrale Notre-Dame des Victoires au marché du Mfoundi. Aux environs de 9h, les soldats du feu s’activent dans tous les sens. Les uns sont sur le toit, les autres déploient les tuyaux à l’avant et à l’arrière du bâtiment. Près d’une heure déjà qu’ils s’activent sous les regards de centaines de personnes massées autour du lieu du drame. Ils sont maintenus à bonne distance par le cordon de sécurité des éléments de la police. « L’alerte a été donnée vers 7h40, et ils sont arrivés près de 20 minutes après », affirme un des employés du supermarché Skt. Ce dernier, ses collègues et des volontaires s’activent encore à retirer des marchandises du magasin.


Meubles, appareils électroniques et électroménagers, bouteilles de liqueur, packs de bière, produits cosmétiques… jonchent les alentours du magasin. Des présentoirs portant divers bibelots et produits manufacturés ont été sauvés des flammes. Le contenu des boîtes de yaourt, de lait et autres liquides se mêle à la paperasse pour former une patte boueuse au sol. « Ne laissez pas les gens en babouches là entrer », lance un pompier en montrant les bris de verre. Le délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, arrive aux environs de 9h30. Rejoignant le directeur de la sécurité publique à la Sûreté nationale sur les lieux. Leur départ est suivi de l’arrivée du préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo. Un commandant du corps des sapeurs pompiers vient au rapport. Les autres bureaux et commerces installés dans le bâtiment n’ont pas échappé à la furie des flammes.

Pompiers évanouis
« Je suis très éprouvée. Voilà ce qu’on a pu sauver », lance la responsable du cabinet d’avocats Tang-Ndombo. Quelques dossiers et ouvrages de droit ont été sauvés du feu. Elle attend qu’un camion vienne les emporter, redoutant une éventuelle pluie. « Vous pouvez monter voir. Les bureaux ont brûlé, avec les meubles, les rideaux. Il y avait des encyclopédies que vous ne pouvez plus trouver. C’est un cabinet qui a plus de 30 ans », poursuit-elle. Son voisin de la boutique « Full » est dépassé par les événements. « Je ne peux rien vous dire de concret. On ne peut pas encore estimer », confie François Fezeu. Plusieurs personnes s’activent pour extraire la marchandises ; des matériels et consommables informatiques. « On m’a réveillé le matin pour me dire que le supermarché qui est à côté de mon magasin est en feu. D’après des dires, le problème serait lié au groupe électrogène de Skt », confie F. Fezeu.


Un agent de Aes-Sonel est sur les lieux pour une inspection. « Tout le réseau Aes est normal. Si le problème est d’origine électrique, c’est en aval, à l’intérieur », relève M. Ella, chef de base de technique de Aes-Sonel Ngousso. Les pompiers à cours d’eau font plusieurs tours pour se ravitailler. Des poches de brasiers persistent à l’intérieur. L’intensité de la chaleur et de la fumée envoie deux pompiers dans les pommes. « Il s’agit d’un incendie de catégories mixtes », confie un commandant. Et d’expliquer qu’on y retrouve les classes A (papier), B (produits pétroliers et plastiques), C (gaz) et D (Corps métalliques). Mais, « ce n’est pas du tout facile », déplore t-il. Les normes récentes de sécurité et de secours n’y seraient pas au point. D’où les problèmes d’accès et de circulation dont se plaignent les pompiers.


L’avocat des responsables de Skt pense qu’il est hâtif de faire des déclarations. Même si il se murmure que 90% des marchandises ont cramé. Un militaire témoin de l’événement pense qu’il en aurait été autrement. « C’est vers 6h30 que le feu a été remarqué à l’intérieur. On voulait casser pour éteindre, mais un des vigiles demandait qu’on attende le responsable du magasin », raconte-t-il. C’est pour cette raison, selon lui, que les secours ne sont pas intervenus à temps. Quoi qu’il en soit, les enquêteurs des forces de l’ordre, et ceux de l’assureur, Axa, sont sur coup. Tandis que tristesse et nervosité sont de mise chez les employés. Ils sont au total trente-six dont le gagne-pain vient d’être mis à mal par les flammes.

Par Édouard TAMBA
In Le Messager du 18-06-2008

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