Patricia MOUNE MBEDE fait le bilan des Ecrans noirs 2008

Patricia MOUNE MBEDE

« On va revaloriser le montant des primes »

La directrice du festival Ecrans noirs revient sur le déroulement de la 12e édition.

La satisfaction que vous affichez est-elle un signe que vous pensez avoir mieux fait que l’an dernier ?
Certainement beaucoup mieux que l’année dernière. Pratiquement le même niveau qu’en 2006 à l’occasion de la 10e édition qui était une grande édition. Cette année a l’avantage de la compétition qui fait que quand on sollicitera les films, on va crouler sous les offres de participation à la compétition. Parce que les gens ont bien vu que ce n’était pas du pipeau, avec des prix largement à la hauteur du festival. Donner 5 millions à un premier prix, je pense qu’il y a très peu de festivals qui réussissent à le faire en Afrique, mis à part le Fespaco.

 

Il y a eu cette année beaucoup plus de productions camerounaises que par le passé. Mais on observe aussi que plusieurs productions camerounaises remarquables n’ont pas été diffusées durant le festival. Pourquoi ?
Il y avait un délai de dépôt (30 avril 2008, Ndlr). On a même prorogé jusqu’au 10 mai pour les longs métrages, parce qu’on avait beaucoup plus de courts métrages. Certains ont plutôt déposé des Vcd sans leurs adresses. C’était compliqué de les joindre, parce qu’on ne diffuse pas les Vcd. Il y a des formats qui n’étaient pas adaptés. Pour certains, même si l’histoire était belle ; la qualité n’était pas adaptée. Ce qui fait qu’on a eu une soixantaine de dépôts, mais on ne pouvait pas tous les sélectionner.

Ce festival a été entaché de problème de programmation et de respect des films annoncés…
On a un gros problème. C’est le cas de la salle du cinéma Abbia. Beaucoup de réalisateurs avaient leurs films programmés à l’Abbia, dont certains en compétition. On était obligé de repasser le film ailleurs parce que la qualité n’était pas très bonne. Il se pose un réel problème de salle de cinéma au Cameroun. La solution, c’est que l’Etat, ou un privé construise une salle aux normes ou alors de choisir la solution du pré-fabriqué avec du matériel numérique performant.

Durant le festival, on n’a pas vu beaucoup de monde dans les salles. Avez-vous une explication ?
Justement. Il faut bien constater que la salle qui n’arrivait pas à avoir de l’affluence c’était le cinéma Abbia. On revient au même problème. Au niveau du village du festival, il y avait au moins 600 personnes tous les soirs. Mais cela est dû à un contexte précis. Avant, l’Abbia était plein parce que c’était une salle où les gens avaient leurs habitudes. Maintenant, les gens ont de moins en moins l’habitude d’y aller. Et festival ou pas, ils ne changent pas leurs habitudes. Le Centre culturel français et le Goethe institute n’ont pas eu le même problème. Il faut aussi observer que l’Abbia a une grande salle. Si elle n’a que cent spectateurs, elle paraîtra vide. Alors que cent personnes, ce n’est pas rien. Dans tous les festivals, il y a des séances qui ne sont pas pleines. Vous ne pouvez pas faire un festival et avoir la salle pleine à 100% tous les jours.

Vous avez innové cette année avec des concours récompensés à hauteur de 1 à 5 millions. Les cinéastes peuvent-ils avoir l’assurance qu’il en sera désormais ainsi ?
Je pense que le festival Ecrans noirs va mettre un point d’honneur à ce que ce soit toujours comme ça. Il y va de sa crédibilité. On ne peut pas se mettre à ce stade là et reculer. On va augmenter la mise. Peut-être pas l’année prochaine, peut-être dans deux ou trois ans, en fonction des partenaires.

 Entretien avec Edouard TAMBA
In Le Messager du 10-06-2008

2 thoughts on “Patricia MOUNE MBEDE fait le bilan des Ecrans noirs 2008

  1. NZAMEWI Guillaume

    Salut, je tire un grand coup de chapeau aux organisateurs de ce festival, c’était super mais le seul fait que je déplore c’est que moi en tant que réalisateur je suis venu de moi mémé déposer le film a la direction des écrans noirs, il était prévu que je devrais être informé de l’etat d’avancement des chose, mais à ma grande surprise c’est a canal2international que je vois que mon film est projeté à l’ Abbia, mais quel honte…
    Sans demander mon accord, sans m’informer que mon film est en sélection et compétition quelle image pour les écrans noirs.J’ai dû payer de mes frais pour voyager sur Yaoundé, le logement et la nutrition toujours de moi mais où sommes nous là, alors que mon film est projeté dans une salle de cinéma de renom ??????
    Soyons honnete dans la vie et que cela ne se prononce plus merci.

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