Le cinéma du tapis rouge et de la bière

ECRANS NOIRS 2008

Le tapis rouge et la bière d’abord !

Exit donc la 12e édition des Ecrans noirs 2008. Le festival du cinéma africain s’est achevé samedi dernier à Yaoundé. En grandes pompes. Comme à l’ouverture une semaine plus tôt, le public a pris d’assaut les hauteurs de Nkol-Nyada au sommet duquel s’élève le palais des Congrès. Sous les flashes et cameras. Ariane télévision faisait encore son show en direct. Comme à l’ouverture, les gens étaient tirés à quatre épingles. La salle de projection était pleine à craquer. Tel un œuf.

Il y avait apparemment beaucoup plus de monde. Peut-être grâce (ou à cause) de l’oraison funèbre de la Cameroun music corporation (Cmc), prononcée non loin de là. La Cmc est out, vive la Socam ? Revenons aux Ecrans noirs pour noter qu’il n’y a pas seulement eu foule aux cérémonies d’ouverture et de clôture. L’enthousiasme était aussi de mise au Boulevard du 20 mai. Lieu choisi pour abriter « le village du festival ». ici, on pouvait acheter des livres, des films, des tableaux, surfer sur Internet, suivre des colloques…

Ces activités diurnes ont souvent été reléguées au second plan. Au profit de cette bière qu’on dit aimer le cinéma, et de la bouffe. Il n’y était pas interdit de danser, une fois éméché. Les visiteurs aimaient s’y rendrent une fois la nuit tombée. « Je vais aux Ecrans noirs », annoncçaient-ils alors pompeusement. Comme s’ils étaient des passionnés de ce cinéma. Pourtant du 1er au 6 juin, il était possible de les compter au bout des doigts dans les salles. Les lieux de projection ne manquaient pas : plus d’une demi-douzaine de salles : Cinéma Abbia, British council, Centre culturel français, Institut Goethe, Cinétown de Mvog-Ada, Cinétown de Melen et Université de Soa.

Le public était tellement maigre à l’Abbia que les hôtesses commises aux portes d’entrées laissaient entrer tout le monde. Avec ou sans billet. C’était donc ça le côté populaire de la 12e édition des Ecrans noirs. Malgré l’évolution en quantité en en qualité des productions camerounaises. Malgré environ 1500 billets d’accès gratuit distribués. Malgré la multiplication des sites de projection pour rapprocher les films du public. Ce public a une fois de plus préféré les réjouissances alcooliques/alimentaires du Boulevard du 20 mai et le m’as-tu vu au palais des Congrès. A chacun ses Ecrans noirs !

 

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 10-06-2008

One thought on “Le cinéma du tapis rouge et de la bière

Leave a Reply