La razzia de la Rdc au Ecrans noirs 2008

ECRANS NOIRS 2008

Le Congo démocratique en force

Les projecteurs se sont éteints sur la 12e édition des Ecrans noirs samedi, 7 juin dernier. Rendez-vous pris pour le 13 juin 2009.

Et de six pour le réalisateur congolais Balufu Bakupa Kanyinda. Son long métrage, « Juju factory » a remporté l’Ecran d’Or à l’issue des délibérations du jury. Un prix de plus pour cette métaphore de l’histoire du Congo. Cet autre sacre intervient après le « Tyrol award best film », obtenu à l’Innsbruck international film festival en Australie, le « Golden show award best film », remporté au Zanzibar international film festival en 2007, le meilleur film du Kenya international film festival en 2007, le meilleur film du Festival de cinéma africain d’Apt en France en 2007 et le meilleur rôle féminin au Festival cinema africano bari en Italie.
En recevant cette sixième distinction, Balufu Bakupa Kanyinda s’est montré ému devant le public du palais des Congrès de Yaoundé. Surtout que le trophée et le diplôme sont accompagnés d’une somme de cinq millions Fcfa. Il s’agit de l’apport de celui qui patronne la 12e édition des Ecrans noirs, le président de la République du Cameroun, Paul Biya. « C’est le plus important de ma carrière », avoue le lauréat. Son compatriote Dieudonné Kabongo, premier rôle masculin de « Juju Factory », reçoit l’Ecran du meilleur acteur. C’est un autre Congolais de la Rdc qui reçoit l’Ecran d’honneur pour sa carrière. Il s’agit du réalisateur Mweze Ngangura, auteur d’une douzaine de film.
L’Ecran d’espoir revient au Congolais Jo Tunda Munga distingué pour son premier film, « Papy ». Le jury de cette catégorie s’est vu obligé de décerner ce prix à deux réalisateurs. La Camerounaise, Hélène Ebah, réalisatrice de « Les blessures inguérissables » reçoit aussi l’Ecran de l’espoir. Le public, chauvin sur les bords, l’applaudit à tout rompre. Le Camerounais Ghislain Amougou, auteur du meilleur court métrage, « Le Pont », aura droit au même traitement. Son œuvre de deux minutes chrono a séduit autant le public que les membres du jury. Tous ces lauréats se voient remettre ou promettre des chèques d’un montant d’un million de francs. D’autres Camerounais se sont illustrés au cours de cette édition. C’est le cas du duo Pauline Etet et Théophile Ngwe pour le concours du meilleur scénario. Ces derniers, avec quatre autres scénaristes, bénéficieront d’une résidence d’écriture d’un mois à Libreville au Gabon. La prochaine édition des Ecrans noirs quant à elle se déroulera du 13 au 20 juin 2009.
« On est soulagé que cela se soit bien terminé. Dans l’organisation d’un événement comme celui-ci, il y a tellement de paramètres qui rentrent en jeu et qui font qu’on est sur le qui-vive de la première à la dernière journée », confie la directrice du festival, Patricia Moune Mbede. Mais avant, le public est invité à regarder un dernier long métrage. « J’ai serré la main du diable » de Roger Spottiswoode. Une adaptation cinématographique du livre du général canadien Roméo Dallaire. Comme l’an dernier, les écrans noirs s’achèvent sur le génocide rwandais de 1994. Une thérapie de Terre africaine pour que « ce qui est arrivé au Rwanda, en Côte-d’Ivoire, au Congo… ne nous arrive jamais », espère Bassek Ba Kobhio.

Palmarès Ecrans noirs 2008
Ecran d’honneur 2008 (hors compétition) :

Mweze Ngangura – Réalisateur congolais (Rdc)
Ecran d’or 2008 :
Balufu Bakupa Kanyinda (Rdc) pour son film « Juju Factory »
Ecran de l’acteur 2008 :
Dieudonné Kabongo (Rdc) pour son interprétation dans le film « Juju Factory »
Ecran de l’actrice 2008 :
Rabia Ben Addallah ( Tunisie) pour son interprétation dans le film « Feu d’oubli » de Selma Baccar
Ecran du court métrage :
Ghislain Amougou ( Cameroun) pour son film « Le pont »
Ecran de l’espoir :
Ex aequo Hélène Patricia Ebah (Cameroun) pour son film « Les blessures inguérissables » et Jo Tunda Munga ( Rdc) pour son film « Papy »
Ecran du scénario :
Pauline Darline Etet et Théophile Ngwe (Cameroun) pour la scénario « La révolte muette »
Les 4 autres scénarios qui participeront à la résidence d’écriture à Libreville :
« Les gens du fleuve » de Camille Mouyeke (Congo Brazzaville)
« Manga » de Serge Alain Noa (Cameroun)
« L’homme qu’il me faut » de Estelline Fomat (Cameroun)
« Course contre la montre » de Guy Landry Bana (Rdc).

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 10-06-2008

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