Entretien avec le réalisateur Dominique BIHINA

Dominique BIHINA

 

« Je devrais concourir pour l’Ecrans de l’espoirs »

Après Magic Fm, Ariane télévision et Canal international, le jeune réalisateur se lance dans le cinéma. Celui qui se faisait appeler Dj Scotch a présenté son premier long métrage professionnel aux Ecrans noirs. « Nkuk, le totem » a été projeté lundi dernier sans grand monde. Mais Dominique est plus déçu par le fait que son œuvre ne soit pas en  compétition

 

 

Quelles sensations éprouve un réalisateur qui  présente sa toute première production cinématographique professionnelle au festival Ecrans noirs ?

Je dois avouer que c’est un réel plaisir pour moi. Surtout que c’est toujours bien de faire un travail, et de ne pas le garder dans les tiroirs. C’est un plaisir réel qu’il y ait des gens dans la salle qui regarde le film. Vous imaginez des gens dans la salle qui regarde le film sur grand écran. Ca donne une autre impression que le film à la maison. Et qu’à la fin de ce film, les gens applaudissent. Même s’ils ne sont qu’au nombre de quinze, comme c’est le cas pour mon film où une quinzaine de personne était présente. J’ai eu l’impression qu’il y avait plus de cent personnes à applaudir. Ca veut dire que le film était bon. C’est une satisfaction d’avoir participé à ce festival.

 

Que gardez-vous justement de l’attitude du public tout au long du film ?

Il y a des réactions qui vous permettent de comprendre que vous n’êtes pas hors circuit. Vous êtes sur une bonne ligne, vous avez fait un travail de fond et de forme que les gens apprécient. Je vous avoue que la salle était très calme durant toute la projection. C’est la toute première fois que je regarde un film durant lequel les gens ne font pas de bruits de la salle. J’ai même eu l’impression que les gens avaient froid.

 

Malheureusement votre film n’est pas en compétition pour l’Ecran de l’espoir. Pourquoi ?

Je suis franchement frustré. Surtout pour le contenu du film. C’est un film africain qui présente la tradition bantoue. J’y ai ramené l’Afrique au moins 50 ans en arrière ; dans un environnement de pygmées en forêt équatoriale. Ce autour d’une histoire assez originale sur le « nkuk ». Chez les beti, c’est le totem. Les gens n’aiment pas en parler, pourtant ce sont des rites que nos ancêtres nous ont légués. Que à la fin on mette ce film de côté me frustre. Malgré les explications du genre : le film peut encore passer en compétition dans l’une des trois prochaines éditions. Je devrais concourir pour l’Ecrans de l’espoir, puisque c’est mon premier film en professionnel. C’est une véritable frustration. S’il y a difficulté, cela veut dire que vous avez fait du bon travail. Je vais envoyer mon film dans d’autres festivals. Et je prépare déjà mon prochain film pour 2009.

 

Combien ce film vous a coûté en terme de temps et d’argent ?

Je ne peux vraiment pas vous donner une idée sur le montant. Parce que je suis moi-même le producteur du film. J’y ai mis 5 à 6 mois de mon salaire, en plus d’autres sommes que j’avais mises de côté. J’ai eu l’appui des acteurs, ils ne m’ont pas demandé grand-chose. J’ai aussi eu l’appui de mes confrères technico-artistiques qui sont venus m’aider. J’ai dépensé beaucoup d’argent, et je dois encore en dépenser puisque le film vient de sortir. Il y a trois ans que nous avons commencé ce film. Aujourd’hui c’est fait et on ne regrette pas ces dépenses.

 

Interview réalisée par

Edouard TAMBA

In Le Messager du 04-06-08

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